M. Gousseau : Notice sur Ligugé
âi/lrement que par la violence. Les droits d*une église sur son ëvéque ne pouvaient être contestés que par suite de Textrême attachement et de la vénération profonde, que saint HfortÎQ avait su inspirer à nos ancêtres. »
Le bourg de Gandes existe encore aujourd'hui : il est situé
$ur les confins de la Touraine et de l'Anjou, au confluent de la
Vienueetdela Loire, circonstanceàlaquelleildoitsonnom: les
at^ciens Gaulois appelait Condatum le point où se réunissaient
d^xix rivières. Nous reviendrons bientôt à ce bourg désormais
célèbre, où nous ramèneront les miracles de celui qui le
sanctifia par son dernier soupir. Rejoignons maintenant nos
pères qui reconduisent en triomphe leur pasteur dans le sein
de sa Métropole. .
Le désir d'honorer ses funérailles « y a rassemblé une multitude incroyable. Toute la cité se précipite à la rencontre du corps saint. Il n'est resté personne dans la campagne et dans les bourgs environnants : beaucoup de gens sont venus même des villes voisines. Oh ! combien est grande la douleur de tous ! Quels sont surtout les gémissements des moines désolés , ce jour-là, dit-on , réunis au nombre d'environ deux mille, gloire spéciale de Martin, dont l'exemple leur a enseigné la servitude du Seigneur, et a produit tant de rejetons. Le pasteur éteint conduit donc devant lui ses troupeaux orphelins, sainte multitude aux pâles visages, bataillons couverts de longs manteaux, vieillards qui ont fait leurtemps de travail, ou jeunes recrues qui se sont depuis peu liés par les serments du Christ. Vient ensuite le chœur des vierges, s'abstenant de pleurer par pudeur; car elle comprennent qu'au sujet de celui que déjà le Seigneur réchauffe dans son sein , leur devoir est plutôt de se réjouir. Qu'elle était sainte la joie qui leur faisait