‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 100 sur 155 · Sulp. Sev., Ëp. ad Bass · texte numérisé non relu

Sulp. Sev., Ëp. ad Bass

dissimuler leur douleur 1 Si c'était TafecUon qui arrachait les gémissements, c'était la foi qui arrêtait les pleurs. C'était chose sainte de tressaillir d'allégresse en songeant à sa gloire, comme c'était chose pieuse d'être désolé en pensant à sa mort On pouvait pardonner à ceux qui pleuraient , on devait féliciter ceux qui se réjouissaient ; car il était pieux de se réjouir au sujet de Martin , et pieux aussi de pleurer Martin; à soi-même, chacun s'accordait d'être dans la douleur, à lui, on lui devait d'être dans la joie.

Le corps du bienheureux est donc accompagné jusqu'au lieu de sa sépulture par cette foule mélodieuse qui chante les hymnes célestes.

Que l'on compare, si l'on veut, à ce spectacle, la pompe séculière , je ne dis pas des funérailles, mais du triomphe. Que trouvera-t-on de semblable aux obsèques de Martin? Que les triomphateurs fassent marcher devant leurs chars des captifs , les mains liées derrière le dos ; le corps de Martin a pour escorte ceux qui, sous sa conduite, ont vaincu le monde. Que la démence des peuples honore les autres par des applaudissements tumultueux ; Martin est applaudi par les psaumes divins , Martin est honoré par les hymnes célestes. Après leurs triomphes, les vainqueurs des nations sont souvent précipités dans les tartares cruels ; Martin lui est reçu joyeux dans le sein d'Abraham, Martin, cet homme pauvre et modeste, entre riche dans le ciel. C'est de là que , pour nous protéger , je l'espère, il nous regarde, moi qui écris ces lignes, et vous qui les lisez. Ainsi parle le biographe.

Suivant la remarque d'un écrivain du dernier siècle *, cinq classes de personnes formaient le cortège funèbre. C'étaient d'abord les moines, ces hommes, dont le visage p&le indiquait

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