VICE. SACRA. IVDICANTI. OB
MERITVM. NOBILITATIS. ELOQVII
1VST1TI.E. ATQVE. CENSVRAE. QVl
BVS. PBIVATIM. AC PVBLICE
CLARVS. EST. PETITV. POP. R.
TESTIMONIO. SENATVS. IVDICIO
D. D. N. N. TRIVMPHATORIS. AVG.
C^SARVMQ. FLORENTIVM
STATVAM. SECVNDAM. AVRO
SVPERFVSAM. LOCARI. SVMPTV. PLACVIT
PVBLICO.
(Baronius, anno S'J'i.) Mais ce qui infirme la conclusion de Baronius, c'est que le
mille Anicia dont saint Jérôme a écrit qu'on ne trouvait là personne, ou presjue personne, qui n'eût été consul'; dont le poêle Claudien disait : « Quelque descendant de cette race que vous cherchiez, soyez sûr qu'il est né d'un consul; là, c'est par les faisceaux consulaires que se comptent les aïeux *. » Sidûine Apollinaire parle d'un Pontius Leontius qu'il nomme « le premier des Aquitains ^ », et il décrit avec élégance, dans un de ses plus curieux poèmes, un domaine qu'il habitait, à quelques lieues de Bordeaux, au confluent de la Garonne et de la Dordogne, et qu'il appelle Burgus; demeure opulente, où étaient rassemblées toutes Its délices et toutes les élégances de la vie romaine : des thermes, des bibliothèques, des salons d'été et d'hiver, ornés de tableaux mythologiques et bibliques, que Sidoine décrit, ainsi que les hautes tours qui étaient à la l'ois, dans ce temps d'invasions et de guerres, l'ornement et la défense de
nom de famille de Paulin, Pontius, ne se trouve pas dans ces inscriptions. Borghesi (Œuvres complètes, t. VIII, p. 218) doute qu'on puisse rattacher les Pontii aux Anicii. M. de Rossi en doute également. On peut dire qu'à l'heure qu'il est ce point n'est nullement prouvé.
' Illustris Anicii sanguis, in quo aul nuUus, aut rarns est qui non nieruerit consulalum (S. Jérôme, Epist. ad Dcmcl.)
2 Quemcumque requiiis Hac de stirpe virum, certum est de consule na^.i. Per fasces numerantur avi, semperque renala Nobilitate virent, et prolem fata sequuntur.
(Claudien, De Consul. Ohjhrii et Probi.)
3 Leontius meus facile primus Aquitanorum. (Epist. xii, lib. VHI.)
CHaPITHE IMiEVIIER 7
cette villa, ou plutôt de ce caslel'. C'est manifestement un descendant de ce Pontius Paullnus, ancien préfet des Gaules, duquel naquit à Bordeaux en 353 ou 3o4, le critique hésite entre ces deux dates % l'illustre et saint évoque de Noie, la gloire
' Est locus irrigua qua rupe, Garumna, rotate, Et tu, qui simili festinus in asquora lapsu Exis, curvata Durani muscosa suburra, Jam pigrescentes sensim confundilis amnes... Quem generis princeps P^ulinus Pontius olim, Cum tolius patriœ dominabitur, ambiet allis Turribus.
(Sicl. ApoU. Carmen xxii.)
Burgus est aujourd'hui la ville de Bourg, au confluent de la Garonne et de la Dordogne.
2 Burdigala, oppido Galliarum, oriendus fuit. (Uranius, ad Pacatum.) Voilà pourquoi, malgré son origine romaine, et le mot affecté de Baronius, Pontius Paulinus Romanus, l'Aquitaine et la Gaule, dit Sacchini, le revendiquent justement : Eoque veluti cive suo non injuria Galli semper gloriali sunt, hodieque gloriantur. (Cap. i, n° 5.)
3 En quelle année précise faut- il placer sa naissance? Aucun texte ne le dit, mais les ingénieuses déductions de la critique suppléent ici au silence des textes.
C'est une lettre de Paulin lui-même, adressée à saint Augustin, qui a mis la critique sur la voie. Saint Paulin fait connaître qu'il était alors dans sa quarante et unième année. En eflet, « mon âge, selon la chair, dit-il, est celui de ce boiteux guéri par les Apôtres à la porte du Temple, » ainsi qu'il est raconté au chapitre quatrième des Ac(es , et duquel il est dit qu'il avait un peu plus de quarante ans *. Si donc on pouvait fixer la date précise de cette lettre, on aurait par là même la date précise de sa naissance. C'est à quoi la sagacité des critiques est parvenue. On a
* -Klas niilii socundiim carnem ea jam est qun fuit illc ab Apostolis in porta Speciosn, Verlii polostaU^ sanatus. ( Epist. iv, ad .S. Aug.)
des Gaules et de l'Église, Pontius Meropius Paulinus^
L'opulence de la famille de Paulin en égalait la noblesse. On sait quelles étaient ces anciennes familles romaines , ces descendants des conquérants
remarqué d'une part que saint Augustin n'était pas encore évêque quand cette lettre lui fut adressée, mais qu'Alype l'était, puisque Paulin, prêtre alors, appelle Augustin son frère et Alype son père. Or, Alype ayant été fait évêque en 39i, la lettre ne peut donc pas être antérieure à cette année. D'autre part, saint Augustin, dans sa réponse, dit cfu'il venait d'être élevé à l'épiscopat. Or, saint Augustin ayant été fait évêque en 395, la lettre est donc au plus tard de cette année. Donc, la lettre de Paulin est nécessairement de Tune des deux années 394 ou 395 , et par conséquent Paulin, qui était dans sa quarante et unième année, est né en 353 ou 354. Mais le doute entre ces deux années subsiste, et rien ne permet de l'éclaircir *. On sait en outre, par un passage du prêtre Uranius, qui nous a laissé le récit de sa mort, le nom des consuls alors en charge, et, par conséquent, l'année précise où il mourut; c'est l'an 431. Il a donc vécu soixante-seize ou soixante-dix-sept ans.
1 « Son nom complet, dit le docteur Busé [Saint Paulin et son siècle, ch. i), était Meropius (ou Eutropius) Pontius Anicius Paulinus. C'est ainsi que l'appellent les manuscrits, les inscriptions et les écrivains contemporains. » Mais le plus récent éditeur de Paulin , Lebrun , qui a compulsé un peu plus que le docteur Busé les manuscrits, dit simplement : Paulinus qui et aniiquis Pontius, etinmss. ac cditis codicibus Meropius. [Vita Paulini, cap. I.) — Le P. Sacchini ; Tota appellalio Meropius Pontius Anicius Paulinus eral. {Apud JBolL, cap. i.) — Remondini : Ponzio Meropio Anicio Paolino. {Nolana ccclesiastica Historia , t. 11, lib. 1, cap. 111.) Eutropius est évidemment une altération de Meropius.
* Telle est noire opinion, un peu moins affirmative que celle du P. Chifflet, auquel surtout sont dues ces ingénieuses observations , et qui conclut; lui, d'une manière absolue, pour l'an 3o4. {Paulinus ilhislraius, pars sccunda, cap. i.)