CHAPITRE CINQUIÈME
ment aux prières du saint évêque : « Si votre affection paternelle, lui disait-il, compatit à ma douleur, veuillez vous souvenir que lui aussi est votre fils spirituel, que c'est par vous qu'il a été enfanté autrefois à la grâce de Dieu : il vous appartient donc à ce litre de prier, pour que cette affection qui se glorifiait de nous avoir tous deux pour fils n'ait pas la douleur de n'avoir eu que des fils prodigues qui auront dissipé leur héritage ; que vos saintes prières lui obtiennent miséricorde; de votre petit doigt faites tomber sur cette âme une goutte qui soit pour elle le rafraîchissement'.» 11 sollicitait avec non moins d'instances les prières d'Amandus : « Que vos prières, disait -il, conspirent avec les nôtres, afin que le Dieu clément et miséricordieux, qui fait tout au ciel et sur la terre, dans la mer et dans les abîmes , rafraîchisse fâme de mon frère, en laissant tomber sur elle quelques gouttes des eaux de sa "miséricorde, obtenues par vos prières; car son amour pénètre jusqu'au lieu de l'expiation, et peut y tempérer, par la douce et lumineuse rosée de son indulgence, les ténèbres ardentes qui nous y brûlent-. »
naire, qui rappelle le premier des Aquitains , et dont il nomme aussi la mère , Livia , femme de race sénatoriale , serait précisément un fils du frère de saint Paulin, duquel descendrait probablement Leontius (Junior), treizième évêque de Bordeaux. Ces inductions sont dues à l'ingénieux auteur des articles sur Hebromagus, publiés dans V Aquitaine, année 1865, et dont nous avons parlé ci-dessus.
1 Epist. XXXV, ad Delphinum,
- Grandi labore conspires, ut miserator et misericors Deus re-
Ce sont là de précieux textes, où le dogme catholique du purgatoire et refficacitc de la prière pour les morts sont enseignés avec toute la clarté possible. Comment nos frères séparés, qui rompent ici d'ailleurs si manifestement avec la tradition chrétienne, ne sentent-ils pas tout ce qu'il y a de consolant dans cette communion des âmes qui prient et des âmes qui souffrent; quels liens ces dogmes répudiés par eux établissent entre ceux qui s'aimaient ici-bas et que la mort même n'a pas séparés; et aussi quelles harmonies ils font éclater entre la justice de Dieu et sa miséricorde !
Paulin demande en outre à Amandus de prier pour lui-même : « Priez pour que je ne meure pas dans mon péché, pour que le Seigneur me fasse connaître ma fln, pour que je sache ce qui me manque et me hâte de l'accomplir, pour que je ne roule plus dans l'inutilité de mes jours, tissant avec des œuvres vides une toile d'araignée, pour que des jours pleins soient trouvés en moi ^ »
Ce langage est bien conforme aux sentiments de pénitence d'un récent converti, et peut-être qu'une critique sagace y verrait un indice de plus pour fixer, comme nous l'avons fait, la date de ces
frigeret animam ejus stillicidiis misericordiae suae per orationes vestras. Quia sicut ignis accensus ab eo ardebit usque ad inferos deorsum , ila procul dubio eliam ros indulgentiae ejus inferna peiielrabil, ut rosoido pietatis ejus lumine in tenebris ardentibus œstuantes refrigeremur. (Epist. xxxvi, aclAmandum.) 1 Ut non revolvamur in medio dierum inanium , texentes operibus vacuis araneee telam. [Ibid.)