LIVRE IV. — CHAPITRE IV
mères , vous nous abandonnez ! que nos propres mères nous aient abandonnées, bast ! elles sont mauvaises; mais que vous le fassiez, vous qui êtes bonnes, est autant à dire que Dieu nous a abandonnées et qu'il n'est pas un Dieu !
Enfin que direz -vous à l'heure de la mort, quand Dieu vous demandera pourquoi vous avez abandonné ces petites créatures ?
Tout cela, Mesdames, semble requérir que vous vous efforciez...
Prem ière objection .
1° La nécessité du temps, qui appauvrit un chacun, de sorte qu'on ne peut que vivoter simplement. Je réponds. Mesdames, que vous n'en serez pas incommodées : Qui miseretur pauperis, niinquam indigebit.
2° Vous êtes cent ; quand chacune s'efforcerait à cent livres, c'est plus qu'il ne faut ; si toutes le faisaient, et les autres de quelque chose, cela suffirait avec ce qu'on a déjà.
3° Je n'ai point d'arg-ent , hélas ! Que de mignardises a-t-on au logis qui ne servent à rien ! Oh ! Mesdames, que nous sommes éloignés de la piété des enfants d'Israël , dont les femmes donnaient leurs joyaux pour faire un veau d'or !
4° Et puis ce sera à l'infini , et chacun exposera ses enfants ; à cela on répond que non.
Deuxième objection.
Cette pauvreté accablera la Compagnie ci-après aussi bien qu'à présent.
ïl y a deux affaires d'importance sur le bureau qui nous délivreront de ce malheur.