‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 271 sur 394 · LIVRE V. — CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE l

« moi le cou si tu veux, car je suis chrétien, et je ne « serai jamais autre. » Il m'a plusieurs fois protesté qu'il est résolu de se laisser assommer de coups et de mourir plutôt que de renoncer à Jésus- Christ, Toute sa vie est admirable en un âge si jeune et si tendre; je puis dire en vérité que c'est un petit temple où repose le Saint- Esprit ^ »

Terminons par l'histoire admirable de ces deux amis, l'un Français et l'autre Anglais : « Tous deux enlevés de leur pays par les corsaires de Barbarie , et ensuite vendus comme des esclaves à deux différents maîtres , qui demeuraient en ladite ville assez près l'un de l'autre ; la commodité du voisinage , l'égalité de l'âge, la ressemblance de fortune et de condition, firent qu'ils contractèrent ensemble une étroite amitié , en sorte qu'ils se chérissaient comme frères.

« L'Anglais, qui était luthérien, fut gagné à Dieu par le Français, qui était bon catholique, et, ayant été instruit par M. Le Vacher, il abjura son hérésie et embrassa de tout son cœur la religion catholique, en laquelle il fut tellement confirmé par les entretiens de son cher compagnon , que quelques marchands anglais hérétiques étant venus à Tunis pour racheter des esclaves de leur pays et de leur religion, et l'ayant voulu mettre de ce nombre , il leur déclara hautement qu'il était catholique par la grâce de Dieu, et qu'il aimait mieux demeurer toute sa vie esclave, en professant la religion catholique, que de renoncer au bonheur de cette profession pour recouvrer sa liberté.

« Etant donc ainsi demeurés tous deux dans l'esclavage, ils continuaient de se voir souvent, et leurs entretiens plus ordinaires étaient de s'encourager l'un l'autre à conserver toujours inviolable en leurs coeurs la foi de Jésus-Christ, et de la professer extérieurement

^ Abelly, t. I, p. 396.

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