‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 328 sur 394 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Portrait de saint Vincent de Paul ; ses qualités naturelles.

Arrivé au terme de cette vie extraordinaire, une des plus saintement fécondes qui aient jamais existé, il nous reste à contempler une dernière fois et dans Fensemble de ses traits vénérés le personnage si bon , si simple , si modeste, si humble, et qui, malgré son humilité, ou plutôt à cause d'elle, a mis une main si puissante sur les choses de son temps. Regardons d'abord les lignes extérieures de sa physionomie , et prenons-y une première idée de ce qu'était son âme.

Quand on considère le vrai portrait de saint Vincent de Paul , ce qui frappe tout d'abord , c'est le feu de son regard; ses yeux, cachés sous de jDuissantes arcades sourcilières , brillaient d'un éclat singulier; ils semblaient pénétrer jusqu'au fond de votre âme, ce qui ne les empêchait pas d'être d'une douceur extrême. Son front était large et clair, et dénotait une grande sérénité. Il n'avait d'un peu vulgaire que le nez; mais la bouche était fine, signe suprême de distinction. Toute la physionomie était empreinte d'un air de gravité, d'autorité, de sérieux, qui aurait inspiré trop de respect et n'aurait pas attiré , si la bonté n'eût donné à tout l'ensemble un attrait irrésistible. Que de fois, dans sa jeunesse sacerdotale, chez les Gondi , il avait prié Dieu de lui ôter « cet air revêche » qui eût éloigné tout le

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