‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 33 sur 394 · LIVRE I. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE

tain nombre d'enfants pour les former à la piété et les préparer à remplir plus tard les fonctions ecclésiastiques. Il en avait déjà réuni douze, qu'il logeait dans sa propre maison et dont quelques-uns ont été de saints prêtres. Bien d'autres pensées germaient encore dans son esprit, lorsqu'il reçut tout à coup une lettre de M. de Bérulle, son directeur et son guide, qui lui indiquait du doigt un autre poste. A la vue de tant de bien fait en une seule année, M. de Bérulle avait-il pensé que décidément c'était dommage de maintenir un tel homme sur un si petit théâtre? Ne valait-il pas mieux qu'au lieu de sauver quelques centaines de paysans, Vincent de Paul vînt placer sa vie sainte au milieu de quelque illustre famille, celle de Gondi, par exemple, une des plus considérées du royaume, d'où sortaient périodiquement des cardinaux, des évêques, des ministres, lesquels, pénétrés de l'esprit de Dieu par un si saint homme, pourraient faire dans l'Eglise et dans l'Etat un si grand bien? M. de Bérulle le crut et n'hésita pas. Vincent de Paul hésita moins encore. Sur un mot de son saint directeur, il mit son petit mobilier sur une charrette , l'accompagna à pied , et vint descendre chez M. de Bérulle. Mais l'obéissance n'exclut pas le déchirement du cœur. « Je m'éloignai tristement de ma petite église de Glichy, écrivait-il à un de ses amis ; mes yeux étaient baignés de larmes, et je bénis ces hommes et ces femmes qui venaient vers moi et que j'avais tant aimés. Mes pauvres y étaient aussi, et ceux-là me fendaient le cœur. J'arrivai à Paris avec mon petit mobilier, et je me rendis chez M. de Bérulle. )> En une année il avait gagné tous les cœurs.

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