LIVRE VI. — CHAPITRE III
dans lequel il se regardait en toutes circonstances , et quand il se trouvait en quelque doute , comment il devait faire une chose pour être parfaitement agréable à Dieu, il considérait aussitôt de quelle façon Notre- Seig'neur s'était comporté en pareille rencontre, ou bien ce qu'il en avait dit, et, sans hésiter, il suivait son exemple et sa parole , et, marchant à la faveur de cette divine lumière, il foulait aux pieds le propre jugement, le respect humain , et la crainte que sa conduite ne fût blâmée par ceux qui sont imbus de l'esprit du monde. « Car enfin, disait-il, la prudence humaine se trompe et s'égare souvent du droit chemin ; mais les paroles de la sagesse éternelle sont infaillibles, et ses conduites « sont droites et assurées ^. »
L'amour que saint Vincent avait pour Notre-Seigneur faisait qu'il ne le perdait presque jamais de vue, marchant toujours en sa présence, et se conformant à lui en toutes ses actions, paroles et pensées. 11 ne parlait presque jamais qu'il n'alléguât en même temps ou quelque maxime ou quelque action du Fils de Dieu, tant il était rempli de son esprit, et iîdèle à suivre ses exemples.
L'amour de Jésus-Christ, l'imitation de ce divin modèle, l'union avec Celui qui est la voie , la vérité et la vie, c'est tout saint Vincent de Paul, c'est le principe de son admirable sainteté et la seule explication des grandes œuvres dont il a été l'instrument. Il pouvait dire, avec saint Paul : Je ne vis plus, c'est Jésus- Christ qui vit en moi -. Et, en retour, Jésus-Christ l'a associé à la fécondité de sa charité.
1 Abelly.
2 Galat. II, 20.