‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 2)Chapitre 14 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Classe de grec. — Cours de philosophie de Maugras. — Conféreuce de Laromiguière. — Cours de littérature. — Nouveau caractère de l*enseignement des mathématiques. • — Professeurs distingués des classes d'humanités et de grammaire. — Essai d'enseignement professionnel. ^- École primaire gratuite.

Parlons à présent des choses remarquables créées à Sain te -Barbe dans la partie des études. C'est' là ce qui releva le plus le titre d'École secondaire attribué à rétablissement par la loi de 1 802.

. L'enseignement du grec y fut institué en Tatï IX. Voici dans quelles circonstances :

L'ancienne Université, dans les derniers temps, avait tellement négligé Je grec, qu'il fut impossible d'en^

DE SAINTE-BARBE. Si

placer d'abord Tétude parmi les exercices des Écoles centrales. Les hellénistes en état de faire les cours ne seraient pas parvenus à réunir un auditoire suffisainoient préparé. D'une part, les professeurs élémentaires étaient rares; de l'autre, le peu qu'il y en avait n'étaient pas employés. Ni les parents ne voulaient donner à leurs enfants un surcroit de travail que le vulgaire jugeait tout à fait inutile, ni les enfants euxmétues ne se sentaient de penchant pour une langue qui s'écrit avec des caractères différents de ceux de notre alphabet.

Aux yeux du régénérateur de Sainte-Barbe, la littérature grecque était à la fois la plus pure source du bon goût et la clef de toutes nos connaissances. Il ne comprenait pas que Ton put prétendre à former des sujets distingués pour les sciences ou pour les arts, sans leur ouvrir les trésors de la langue dans laquelle ont été exprimées pour la première fois toutes les belles conceptions. Sous la République, lorsque la République existait encore de fait, il eut à alléguer une autre raison plus spécieuse, mais plus au goût dès hommes qui avaient la puissance : c'est que les Français ne pouvaient pas se dispenser de connaître (c la langue classique des peuples républicains. » Ay^nt présenté la chose en ces termes tandis qu'il était au Pry tanée, il détermina M. Champagne et le Conseil d'administration de l'établissement à créer une chaire de grec'.

La chaire de grec du Prytanée fut établie fà l'usage non pas de tous les élèves, mais de ceux setilement

i . Archives de PEmpire, Registre de radministration du Prytanée, M. 161, séance du 23 brumaire an Vil.

qui s'adonnaient avec succès à Tétude du latin. Plusieurs de nos barbistes comptèrent parmi ces élèves privilégiés, et Tun d'eux (un Génois, nommé Botti) dut au grec le second prix du cours des langues ancieniies, qu'il obtint en l'an VIII à l'école du Panthéon. C'était l'année de l'apparition du grec dans les Écoles centrales. La chaire particulière de Sainte- Barbe fut créée à peu de temps.de là. M. de Lanneau rétablit sur le même pied que celle du Prytanée, lorsque cessa la communauté d'études entre sa maison et cet établissement, de sorte que les succès si remarqués de l'an IX, dont il a été question précédemment *, furent Tétrenne de l'enseignement du grec transplanté ou replanté sur le sol où l'avaient fait fructifier jadis à deux reprises les Gouvéa et les Jansénistes. Les années qui suivirent répondant à ces brillants débuts, le collège devint particulièrement renommé à cause de ses grécisants. De là , cette recommandation consignée dans son règlement de 1806* : a Le Collège de Sainte-Barbe a e#tant de part au renouvellement de l'étude du grec, à l'ouverture des écoles de la capitale, qu'il ne pourrait la négliger sans renoncer à ce qui fait l'un des plus solides fondements de sa réputation. »

Le premier professeur de grec à Sainte-Barbe fut M. Hamoche, ancien professeur du Collège Louîs-le^ Grand, où il resta employé jusqu'en l'an ir comme sousdirecteui^des Boursiers de l'Égalité. Il avait été désigné, avec Garât et Mahérault, pour enseigner l'histoire dans

i . Ci-dessus, p. 29.

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