‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 2)Chapitre 15 sur 108 · titre · texte numérisé non relu

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les Instituts provisoires projetés par la Commune de Paris , lesquels ne fonctionnèrent jamais. N'ayant pas pu se faire admettre aux Écoles centrales , M. Hamoche offrit ses services à M, de Lanneau. C'était un professeur instruit, exact, et qui savait se faire écouter ; mais il s'occupait de littérature française autant et pliisque de grec. Il publia en 1802 un Dictionnaire des rimes. D'ailleurs sa méthode d'enseignement était celle de l'anpienne Université , une exposition sèche et incomplète, une interprétation terre-à-terre des auteurs, d'où était absente l'analyse qui met à jour toutes les nuances et, par suite, le véritable génie du langage. Aucun des émériles qui furent appelés à restaurer la culture du grec dans les écoles ne sut aller plus loin. Il en résulta que pendant longtemps cette langue ne fut apprise que par une sorte de routine. C'est au point que les élèves ne croyaient pas qu'il y eût de règles certaines pour trouver le sens d'une version. Ils procédaient par tâtonnements, et s'il leur arrivait de trouver juste ce que l'auteur avait voulu dire, ils regardaient cela comme un coup de fortune. Telle était néanmoins l'envie d'apprendre chez quelques-uns, qu'ils trouvaient de l'attrait à ces exercices de hasard. C'est seulement en 1813 qu'un jeune helléniste d'inclination et de profession, M. Wendel-Heyl, apporta dans notre collège les principes de la connaissance du grec telle qu'elle s'était formée par les travaux particuliers de quelques érudits au commencement de ce siècle , et telle qu'elle commençait à se propager par les leçons de Boissonade à la Faculté des lettres.

M. Hamoche fut professeur à Bonaparte dès la création de ce lycée. Il y obtint la chaire de rhétorique

en 1810, grâce aux dëmarches actives que M. de Lanneau fit pour lui auprès du grand-maître de l'Université.

Le directeur de Sainte-Barbe n^avait pas moins la philosophie à cœur que le grec. Il est curieux de voir ses essais successifs, pour remettre en honneur cette partie de l'instruction.

Les lois républicaines ne- voulaient pas entendre parler d'une autre philosophie que de là philosophie pratique. D'après le plan tracé par elles, les règles de la morale devaient ressortir de l'enseignement de l'histoire et de la législation, de même que les règles de la logique se rattacher à l'analyse des grands penseurs. Afin de combler les lacunes de ce programmé par trop incomplet, M. de Lanneau^ de concert avec MM. Champagne et Laromiguière, combina pour les élèves du Prytanée un enseignement gradué de logique (on disait alors art de penser) et de morale qui conviendrait à tous les âges. Cette innovation fut mise en pratique au commencement de l'an VII. Elle a été expliquée par M. Champagne lui-même, dans un discours qui est un curieux monument des idées de l'époque*. •

Ces cours ne durèrent que deux ans. Déjà, lorsque M. de Lanneau quitta le Prytanée, ils étaient condamnés, et en Tan IX, on leur substitua une classe unique de philosophie, placée à la fin des études. On désigna au professeur les livres dans lesquels il devait

1 . Distribution des prix faite aux élèves du Prytanée français par le cit. Quinette, ministre de l'intérieur, le 7 fructidor an VII de la République française. In-8*. Paris, Bertrand Quinquet, impr. du Prytanée français.

se renfermer,^c*est-à-dîre la logique "de Condillac et le De Officîis de Cicéron. L'enseignement consista en questions dictées sur des sujets propres à exercer le jugement des élèves, et Ton faisait traiter Taflirmative par les uns et la négative par les autres ^ C'était un retour aussi complet que possible aux errements de l'ancienne Université, et, il faut le dire, une satisfaction donnée à l'opinion publique du moment , car l'esprit de réaclioi} n'avait plus de frein. La presse, à peu d'exceptions près, battait en brèche renseignement révolutionnaire ; elle en accablait les derniers défenseurs par la vertu .de deux mots , devenus tout à coup synonymes de tout ce qu'il y avait d'absurde et de faux : idéologue et métaphysicien. Ces récriminations eurent tant de puissance , que même ce cours si restreint qui venait d'être institué au Prytanée, ne fut point maintenu.

La pauvre logique, presque aussitôt bannie que rappelée, émigra dans les Écoles centrales; voici comment :

Une question épineuse : <k Un particulier peut-il faire une constitution? » proposée au cours de législation de l'École des Quatre-Nations (Plessis), fut suivie de la réponse : « Non, sans violer la souveraineté du peuple'. » Cela fit du bruit. On s'en autorisa pour induire les professeurs à rayer de leur programme la législation, et à mettre à la place une autre matière. Ils proposèrent la morale. On leur fit comprendre que l'économie politique aurait plus d'avantage'. Puis, au bout de

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