‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 2)Chapitre 69 sur 108 · UO HISTOIRE · texte numérisé non relu

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frères tinrent plus tard le rejoindre. Il fit là toutes ses classes. T^e dernier bulletin envoyé à sa famille nous dispensera de dire quelle fut sa conduite durant ce premier temps d'épreuve. Pour toute observation, il n'y a que celle courte phrase, écrite de la main de M. de Lanneau : <c Faut-il que nous touchions au moment de perdre la vertu et l'exemple du Collège*! »

M. Labrouste, après avoir fait son droit, acheta une charge d'avoué à Paris. Il se comporta entre ses confrères de manière à mériter leur considération; Andrièux, dont il était devenu l'ami ,en suivant ses cours, lui donna sa fille aînée en mariage.

Il était de ceux qui conservaient dans leur cœur le culte de Victor de Lanneau et l'amour de Sainte- Barbe. Il assista à la' représentation de JUantius en 1816, au banquet qui suivit cette représentation, et à tous les autres banquets. Il fut de TAssociation amicale, de la Société des actionnaires et du Conseil de celle-ci. Depuis 1835, il y remplit, conjointement avec M. Bixio, les fonctions de secrétaire, et par son assiduité, par son entente des affaires, par la persévérance pleine de douceur Iqu'jl mettait à les conclure, il devint aux yeux de tous un homme précieux pour l'entreprise. Lorsque celle-ci eut besoin d'un chef unique, aucun de ceux à qui il fut proposé de l'être ne voulant accepter , il arriva à quelqu'un de dire par plaisanterie que, puisque M. Labrouste était le plus souvent à Sainte-Barbe quand on allait le demander à son étude, pour la commodité de ses clients, il ferait

1. Juillet 181 4, dans le Recueil de lettres de P.-A. -Victor de Lanneau, p. 27.

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bien de demeurer tout à fait à Sainte-Barbe. Ce niot fît ëclore sa candidature.

Il s'en défendit d'abord énergiquement. Ses vues étaient ailleurs. Il s'acquittait de la supjîléance d'une des justices de paix de Paris ayee l'espoir d'être prochainement nommé à ce siège; plus tard il aurait cherché à être juge dans un tribunal de première instance. Tels étaient ses projets ou plutôt ses rêves d'avenir. Tout cela s'évanouit à la mort de son juge de paix, dont la succession fut donnée à un autre que lui. Alors il fut amené à composition du côté de Sainte- Barbe. S'avouant qu'il n'était pas sans goût pour l'éducation de la jeunesse, et que d'ailleurs il y avait péril, si la personne cherchée pour prendre en main le gouvernail ne se trouvait pas sur-le-champ, il se laissa métamorphoser par ses amis en directeur du Collège.

Son acceptation fut à deux conditions : d'abord que toutes les dettes de la maison non encore acquittées, même celles qui n'obligeaient pas la Société, seraient éteintes dans le plus bref délai ; ensuite qu'il aurait pleine puissance pour le choix de tous les maîtres, ses collaborateurs, depuis le plus humble, jusqu'au plus élevé en grade.

Son installation eut lieu le 8 avril 1838. C'était un dimanche. Les membres de la Commission de surveillance l'amenèrent dans la chapelle au moment de la messe, et le firent monter dans la stalle du Directeur. Après l'office, le comte Christian Dumas prit la parole ^ pour expliquer aux élèves l'acte important qui s'accomplissait sous leurs yeux. M. Labrouste prononça à son tour une allocution, laquelle achevée, il descendit dans son cabinet pour délivrer les bulletins de sortie.

Le nouY^au Directeur avait la plus haute idée de l'œuvre dont il venait de prendre la conduite. Dans l'association propriétaire d'un collège, il voyait le germe d'une ^communauté impérissable, sans analogue et sans rivale, dont la force était loin d'avoir donné sa mesure; et la raison lui disait que pour lui, l'agent de; cette force, le dépositaire des intérêts de cette communauté, c'était un devoir de pousser au complet développement de. l'une et de l'autre; que le moment d'oser était venu; qu'avec des moyens qui n'étaient plus ceux d'autrefois, il fallait faire autrement que les, devanciers; enfin que ce n'était rien d'avoir empé-* ché Sainte-Barbe de périr , si dans peu Sainte-Barbe ne se montrait aux yeux du public rajeunie et trans- -fôrmée.

Telle est la politique qu'il résolut d'inspirer à I9 Couunission de surveillance ; et, pour l'y amener dès le début, il mit d'abord à l'ordre du jour la reconstruction du Collège.

Les édifices, dont Marmohtcl déplorait l'état de délabrement en 1 790 \ n'avaient subi depuis ce temps que des recrépîssages et pas .une réparation capitale. Les maisons sur la rue des Sept-Voies, ajoutées par. M. de Lanneau au périmètre de l'ancienne Sainte- Barbe, valaient encore moins. Tout cela avait un air de malpropreté et de misère que ne rachetait pas la commodité des distributions, car celles-ci étaient telles qu'on pouvait les regarder comme un obstacle à la. discipline. Rebâtir le tout de fond en comble était donc « devenu d'une urgente nécessité.

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