‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 113 sur 145 · Nouvelles ecclésiastiques, 1 juin · texte numérisé non relu

Nouvelles ecclésiastiques, 1 juin

DE SAINTE-BARBE. 3i9

ses élèves, leur prodigua les récompenses et les plaisirs : c'est au point que les éludes furent en danger et qu'elles auraient péri tout à fait, s'il n^avait pas fait venir M. Tandeau au Plessis pour lui abandonner cette partie à laquelle il n'entendait rien. Le ferme esprit de M. Tandeau s'imposa à Gaillande, de sorte que celui qui avait toujours soumis tout à sa domination trouva son maître*. Mais M. Tandeau fut appelé à de plus hautes fonctions; après son départie nombre des élèves du Plessis diminua. Cela, joint à de folles dépenses, mit l'abbé Gaillande dans de mauvaises affaires. Il se trouvait, en 1739, avec 30 000 livres de dettes. Il offrit sa démission, qui fu^t acceptée, et se retira à la^orbonne, ne gardant que la supériorité de Sainte-Barbe *.

Il ne conduisit pas mieux les affaires de la Communauté que celles du Plessis. Loin d'effectuer les améliorations malérielles qui avaient été promises au début, il rendit le régime de la maison encore plus maigre qu'il n'était auparavant. II est vrai qu'on ne recevait presque plus d'aumônes des particuliers, et que les services des supérieurs locaux et des maîtres avaient cessé d'être gratuits; mais le gouvernement avait accordé un fixe de 10 000 livres sur le revenu des abbayes de Saint-Taurin et de Saint-Faron; en outre, le ministère refusait rarement les demandes de subvention qui lui étaient adressées. Où allait cet argent? Le plus souvent en dépenses superflues. Par

i. Nouvelles ecclésiastiques, année <771,p. 117. 2. Registre des prieurs de Sorbonne, p. 270 et suiv., Archives de l'Empire, M. 276.

les froids les plus rigoureux la ration de bois pour chaque salle était mesurée à six bûches par jour; mais on en brûlait à planté pour la Saint-Jean , et à toutes les fêtes il y avait des feux d'artifice; les provisions de bouche étaient détestables, mais il y avait de superbe^ tentures les jours de cérémonie. Trente mille livrer, que donna une fois le cardinal de Fleury, furent employées à acheter une maison de campagne pour ceux qu'on laissait manquer de tant de choses à la ville. Gaillande avait visé ^ être mis en parallèle avec 31. Durieux ; il n'y trouva pas son avantage , car les sulpicîens regrettèrent le janséniste'.

Néanmoins nous avons le témoignage que les études devinrent très-brillantes, et les succès, joints à l'extrême bon marché de la pension , firent passer condamnation sur des critiques qui perdirent beaucoup de leur force, parce que l'adversaire janséniste s'en rendit l'écho. Des nobles sans fortune, des gens riches qui trouvaient bon que la jeunesse fit connaissance avec les privations , ne rougirent pas de mettre leurs enfants dans la compagnie des élèves à prix réduit, qui formaient le noyau de la Communauté *. Celle-ci s'accrut au point que, vers 1740, il fallut louer des chambres au collège de Reims pour en loger une partie^. Sainte-Barbe prit le caractère d'un Montaigu

i. Nouvelles ecclésiastiques, 28 nov. 1740; Mémoire sur la Communauté, écrit en 1784 par un ecclésiastique qui avait été écolier^ maître de salle et préfet d'études dans celte maison dcans le temps de MM. Gaillande et Machet, ms. de la Bibliothèque 'de FUniversiré, U, III, 9 ; Jd regem, pièce de vers latins composée par un barbiste en 1783, noie i.

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