Biliecoq, pièce citée ci-dessiis, p, 3^, note
conds, il le laissa s'engager dans de (biles dépenses, que celui-ci lui représenta comme des afFaîres extrêmement avantageuses; car, à Tentendre, tout était toujours bon marché. De cette façon il acquit, à bon marché effectivement, la propriété louée à GentiHy, qu'il eut pour 9000 livres*; maïs un moins bon marché fut de faire reconstruire la maison attenante au jardin, laquelle coûta près de 90 000 livres. Cette dépense tomba d'autant plus mal que depuis 1765 Je gouvernement de Louis XV cessa dé^payer la subvention annuelle qui avait été fournie jusque-là*. Néanmoins le confiant prélat ne prit l'alarme que lorsqu'il lui revint de tous côtés que M. Seconds marchait à grands pas à une banqueroute. Celui-ci, mis au pied du mur, confessa une partie de la vérité et déguisa le reste, mais il en laissa voir assez pour que M. de Beaûmont jugeât nécessaire de recourir à un remède héroïque. Le gouvernement de Sainte- Barbe fut changé.
L'archevêque ne croyait encore qu'à l'incapacité de M. Seconds. Il ne voulut pas frapper trop durement un infortuné qui affichait le plus sincère désespoir. Il lui laissa, à litre de commissaire de l'archevêché, l'inspection des études et toutes les prérogatives honorifiques dont le supérieur général avait joui jusque-là aux yeux du public et des élèves ; mais l'autorité effective fut remise aux mains de M. Baduel, prêtre du
diocèse de Saint-Flour, supérieur local des Théologiens
. i . Contrat d^acquisition du 16 mai 1763, Archives de l'Empire, S. 6846 ; GazeUe des Tribunaux, t. XV (1783), n^ 21 .
2. Mémoire sur la Communauté pour l'archevêque de Paris, ms. U, III, 9 de la Bibliothèque de l'Université,
et des Philosophes réunis, lequel eut désormais à gouverner la maison au spirituel et au temporel sous la dépendance exclusive du pasteur du diocèse, comme faisaient tous les directeurs deséminaires.Jleutsousses ordres un procureur et un préfet des humanités. Ce dernier devait tenir lieu de supérieur local pour les classes de belles-lettres. Le personnel des maîtres fut fixé à dix-huit, dont deux pour la théologie, quatre pour la philosophie et douze pour les humanités. La maison continua de faire pour tous les maîtres et fonctionnaires les frais nécessaires de logement, de nourriture, d'éclairage et de blanchissage ; mais le feu ne fut plus donné qu'aux chefs de l'établissement, aux deux maîtres de théologie et au plus ancien de philosophie. M. Baduel eut 900 livres d'honoraires, le préfet des humanités et le procureur chacun 400, les maîtres de rhétorique 200; ceux de théologie, de seconde et de troisième 150; tous les autres 100^
D'autres mesures d'économie, que l'archevêque ne jugea pas à propos d'inscrire dans son ordonnance, furent prises en même temps que celles-là. Une seule et même personne, l'abbé Daire, cumula, pour commencer, les deux fonctions de procureur et de préfet. L'abondance, qui avait été jusqu'alors la boisson des élèves, fut remplacée par l'eau d'Arcueil, et ceux dont les parents tinrent à ce qu'ils bussent du vin en achetèrent de leur argent. Un cellerier, posté dans une loge près du réfectoire, le débitait à l'heure des repas par roquilles de trois sous ou par demi-roquilles de
J. Ordonnance de rarcbevéque du 24 septembre 1773, Ms. U, ni, 9 de la Bibliothèque de rUniversité.
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6 liards. Enfin le prix de U pension fut élevé de 34)0 livres à 350 ^
La nouvelle conslitulion fut faite le 24 ^septembre 1773, pour être exécutée à partir du mois d'octobre suivant. MM. Baduel et Daire, s'étant mis aussitôt: à Texamen de la comptabilité^ reconnurent que M. Seconds, pour dérober ses fautes, avait eu recours k des ex{>édients voisins de la fraude. Sur le rapport qu% en firent a l'arclievéque, celui-ci dit qu'il ne voulaif plus voir un homme qui avait trompé sa confiacM^e. Le malheureux docteur dut envoyer à Varchevêché sa démission de commissaire. Elle fut acceptée le 14 mars i 774, et ainsi Sainte-Barbe échappa au scandale dont le Plessis fut affligé cinq ans plus tard par h faillite déclarée et par la fuite soudaine de l'abbé Seconds *.
Avant d'entamer l'histoire de la Communauté sous le régime qui la convertit en un petit séminaire, foisons connaître les hommes de marque qu'elle produisit depuis 1730. Aux noms de Tliomas et de Corvisart, qui ont été déjà cifcés , il faut joindre l^s suivants :
Dnmouchel, député du clergé de Paris à l'Assembler constituante, qui fut ci*éé en 1791 évéque constitutionnel du Gard'; Binet, traducteur d'Horace, le der-
i. Comptes de la Communauté, H. 3258; témoignage recueilli de la bouche de M. Vial de Machurin, ancien élève de la Communauté.
2. Mémoires n»» 3 et 4 du Recueil ms. U, III, 9 de la Bibliothèque de l'Université ; Registre des prieurs de Sorbonne, Archives de l'Empire, M. 277, fol. 4 67.