Registres capitulaires, 21 et 23 février i
DE SAINTE-BARBE. i23
curé de Talleville-en-Caux , alors prêtre habitué de Saint-Jacques la Boucherie et maître d'un pensionnat qui vint prendre domicile à Sainte-Barbe, en même temps que son chef.
Notre principal, fatigué de la vie errante, aurait bien voulu voir mourir aussi le procureur pour entreprendre la réforme qu'il méditait depuis longtemps. Mais lé procureur, qui était toujours cet Alain Mousset que Robert D,ugast avait mis en place, trompait chaque année l'attente de ses collègues par son obstination à vivre, et lassait la patience du principal par une comptabilité de plus en plus irrégulière. Enfin, en 1621, se montrant toujours valide, quoique nonagénaire, et prêt à entrer dans la soixante-sixième année de sa gestion, il souleva contre lui François Gaultier. Celui-ci le fit mettre à la retraite par arrêté des Supérieurs, et obtint pour lui-même le maniement des deniers du collège. Alain Mousset fut traité d'ailleurs avec toutes sortes d'égards. On ne le tourmenta pas au sujet d'une somme de plus de trois mille livres dont il était reliquataire, et on lui assura pour le reste de ses jours une pension de deux mille livres avec la jouissance du logement qu'il occupait. Ce coup d'autorité fut consommé avec l'approbation du parlement, qui par arrêt du 1 9 juillet 1 621 réunit dans les mêmes mains la procure et le principalat*.
• Cela fait, Gaultier se tourna contre le chapelain. Celui-ci, depuis son entrée, jouissait du bénéfice de la
1 . Notes historiques sur Sainte-Barbe, Archives de rXlDiversité, carton :ââ ; Comptes du collège^ Archives de TËmpire, H. 9808* Titres et papiers du collège, ihid,, M. i89.
division des logements opérée sous le précédent principal. Il occupait plusieurs pièces. Mis en demeure de se contenter de la chambre unique à laquelle la fondation lui donnait droit, et de payer loyer pour les autres, il répondit qu'il n'en ferait rien. Ni les remontrances de Gaultier, ni les injonctions des Supérieurs ne purent le vaincre. Sa bourse fut déclarée suspendue.
Alain Mousset ne tarda pas à mourir, sans avoir acquitté ses dettes envers le collège. On voulut compter avec sa succession, représentée par Simon Vascosan, procureur au parlement. 11 se trouva qu'une partie des écritures du défunt manquaient à l'appel. Le soupçon de les avoir fait disparaître se porta sur l'héritier; celui-ci voulut donner le change en rejetant l'accusation sur Gaultier. Il vint faire à Sainte- Barbe une scène de scandale, à laquelle se mêla Vachot. Vachot, ayant pris à partie le domestique du principal, s'oublia jusqu'à le frapper. Sur ce, décret de prise de corps, arrestation de l'irascible chapelain par les archers de la police*, condamnation en Châtelet, suivie à peu d'intervalle d'un arrêté des- Supérieurs, qui le destitua comme indigne et comme téfraclaire à trois des articles de la fondation. Mais le parlement, saisi de l'affaire, n'approuva pas la sévé-
i . Une dépense est spécifiée sur les comptes du collège pour « la signification faicte tant à Vascosan qu'à Constantin Vachot après information faicte contre M" Constantin pour avoir battu mon serviteur (c'est Gaultier qui parle) et autres excès contenus en icelle, et le décréter de prise de corps, qui s'en est ensuivy. » Et il y a de plus en marge : « Alloué en la présence dudit Vachot. » Compte pour 1624-i6€6, H. 2808*.
rite des Supérieurs. Il rélablit^Vachot dans la possession de sa bourse, sans toutefois se prononcer sur le fond du débat, de sorte que la lutte recommença de plus belle*.
Cet état d'hostilité, si gênant qu'il fût pour Gaultier, ne Tempécha pas d'accomplir la plus grande partie de ses desseins. Il remit en valeur toutes les propriétés du collège, et trouva bientôt de quoi non seulement réparer Sainte-Barbe, mais faire rebâtir de fond en comble deux corps de logis sur la rue des Chiens*. Cela fait, il ne voulut pas prolonger davantage l'irrégularité que créait la réunion entre ses mains du principalat et de la procure. Quoiqu'il eût un titre valable pour cumuler les deux fonctions pendant toute sa vie, il jugea plus digne de lui d'en abdiquer une, et c'est de la plus élevée qu'il fit le sacrifice. Il désigna aux Supérieurs, pour le remplacer comme principal, un homme par qui il espérait voir rétablir le collège. Celait un maître es arts nommé Henri Berthould, qui tenait un pensionnat dans l'intérieur du collège de Navarre. -Institué par arrêt du parlement le 5 avril 1629, Berthould fit, quatre jours après, son entrée solennelle à Sainte-Barbe, et y amena avec lui ses élèves, qui élaipnt nombreux*.
Pour faire preuve d'une sagesse accomplie, Gaultier aurait dû se démettre de ses deux fonctions à la fois,
i. Inventaire des titres du collège, Archives de l'Empire, S. 6351 bis.