Comptes du collège du l"*" avril 1624 au 30 septembre
3. Archives de TEmpire, M. 189; Notes historiques sur Sainte- Barbe, Archives de TUniversité, carton 22,
et prendre dès lors sa retraite, comme il la prit un peu plus tard; car, avec l'ennemi qu'il s'était fait dans la personne de Vachot, il ne pouvait plus guère espérer de repos tant qu'il resterait à Sainte-Barbe. Il ne sentit pas cela, ou crut sa présence nécessaire pour mater le chapelain. Malgré Farrét qui avait réintégré celui-ci, il continua à lui retenir sa bourse, se prévalant d'une décision des Supérieurs, par qui il avait fait statuer que le collège garderait l'argent de cette bourse comme loyer de l'excédant de logement que s'était attribué Vachot. Il eut le tort, en agissant ainsi, de prendre pour lui-même un logement plus grand que celui que la fondation attribuait au procureur.
Alors Vachot eut beau jeu de se plaindre. Pendant quatre ans il assassina le parlement de requêtes injurieuses pour le Conseil de surveillance et pour Gaultier, tant qu'à la fin Mathieu Mole, qui était alors procureur général, jugea nécessaire d'intervenir. L'illustre magistrat n'eut pas de peine à reconnaître la fausseté des imputations dirigées contre son vieux maître par l'implacable Vachot, mais il reconnut aussi qu*on avait procédé à l'égard de celui-ci plutôt par animosité que par justice. Il en parla lui-mêmQ à François Gaultier, lui représenta que la querelle au sujet des logements ne pouvait pas se soutenir, si les clauses de la fondation n'étaient pas observées avec la même rigueur des deux côtés ; que le plein exercice ayant cessé et ne pouvant pas être encore rétabli, il était juste dé donner au chapelain, de même qu'aux autres officiers, la possibilité de loger chez lui des élèves en pension; que la retenue de sa bourse était une
violalion des décisions de la Cour suprême, viola* tion que le devoir de sa charge, à lui procureur général j le forçait de poursuivre ; qu'il fallait que Gaultier consentit à payer de ses deniers l'arriéré de cette bourse; qu'en se soumettant de bonne grâce à cette condamnation , il donnerait le moyen de la consigner dans im arrêt d'appointement, comme clause d'un accord pris à l'amiable entre les parties; que toutes les autres demandes de Vachot seraient écartées, et qu'on tiendrait la main à ce que ce violent personnage se comportât désormais comme il devait le faire.
Gaultier ayant consenti à tout, l'arrêt de pacification fut rendu le 30 mai 1633. 11 est signé Mole, Bertbould , Gaultier , Vachot , Vascosan pour Vachot , Guyot pour Berthould et Gaultier*.
Après cela notre docteur garda encore un an l'administration des finances du collège. Il la résigna en 1634 entre les mains d'un de ses collègues de la Sorbonne, appelé Jean Blondel, qui amena aussi des pensionnaires avec lui, de sorte jque par cette nouvelle acquisition Sainte-Barbe eut une population respectable d'écoliers. Pour Gaultier, il alla se confiner à l'abbaye de Saint- Victor, avec une pension de quatre cents livres que lui servit Henri Berthould. Il mourut dans cette retraite le 22 décembre 4636, n'ayant pas pu satisfaire son désir de laisser quelque chose de lui à la postérité. Il n'eut pas la force d'accomplir à ses derniers moments ce que les tracas l'avaient jusque-là empêché d'entreprendre. Il fut inhumé dans la grande
i . Archives de l'Empire, X. 14381 ; M. 1 89 ; S. 6351 bis.
église de l'Abbaye. Voici Tépitapbe qui fut gravée sur son tombeau :
FrancUcus Gaultier, doctor Parisiensis theologus, çir antiquœ fidei et pietatis^ hic futur um judicium exspectat et miser icordiam^.