‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 56 sur 145 · Comptes du collège, ArchÎTes de l'Empire, H · texte numérisé non relu

Comptes du collège, ArchÎTes de l'Empire, H

ilO HISTOIRE

comme la poix, où la force ne sert à rien quand ;il faut s en dépêtrer. Au moyen d'un dteroioiement on espérait qu'il se présenterait des occasioifê (avoraUes, et que cependant la Faculté de droit, intéressée à la combinaison, travaillerait à la hxre 'réussir. Depuis longtemps la Faculté a^it été instruite par son doyen du mauvais état des affaires de "âainte^Barbe. Elle composa un factum pour démontrer la nécessité d'éteindre un collège dont, à lien croire, tous les bâtiments tombaient en ruine, :Êiute d'argent pour les réparer, dont les charges annuelles dépassaient de beaucoup le revenu. Delaroche, répondant au nom de l'administration, fit en sorte d'opposer le tableau le plus riant à celui dont. un adversaire mal informé avait à plaisir assombri les couleurs^ Il entra dans le détail, produisit les mémoires des réparations récentes faites à presque tous les corps de logis, montra l'excédaift des recettes sur les isentes :qu'on avait à servir, rentes servies très-irrégulièrement, il est ^rai, surtout depuis qu'il avait le ndaniement des finances, mais dont il espérait que les jtitukiires se tairaient, après tout oe qu'il avait fait pour acheter leur^ilence. MM. les professeurs de droit étudièrent avec soin l'état présenté; ils allèrent aux informations auprès des personnes qu'avait nommées Delaroche. Ils trouvèrent un créancier récalcitrant, qui^deviût sans beaucoup de peine un agresseur. C'était le Baream des pauvres^.

L'interminable procès, mé de l'usurpation d'un cinquième de la propriété par Robert Certain, avait

j. Mémoire pour la justification des officiers ^^^inte-Sarbe, pièce manuscrite du Recueil .Moreau (Étude»- Uniinsrsité),. aux Imprimés de>ia Bibliothèque ifopéiâaie.

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abouti en 1641 à un accord, grâce auquel Sainte- Barbe devait jouir de ce cinquième en payant à radoiinistration de l'assistance publique une rente annuelle de 200 livres, rachetable au prix de 4800 livres, ©eux années d'arrérages étaient dues par le collège, lorsqu'eutlieu la -recherche dont nous venons de parler. Le rôle auquel se prétale 'Bureau des pauvres fut d'exiger le 'payement immédiat de sa créance, et de faire saisir, s'il n'était pas satisfait. Il ne s'agissait que de 400 malheureuses livres, et cependant ni Berthould, ni Vachot, ni Delaroche, ni tous les trois ensemble ne parvinrent à réunir eette somme dans le bref délai qui leur fut accordé. La^saisie eut lieu, le Châtelet fut requis de donner à l'afTaire ses suites légales; une vente par autorité de justice se dessina en perspective, au lieu de la s^uaiou à l'École ée droit, ^u'ojQ avàit'Ëiit ajourner*.

Alors survint le troisièmie larron de la fable.

Les jésuites de la rue Sarnt-^Jacques, étouffant dans Texigolié de leur enceinte, travaillaient depuis cinquante aim, lavec plus de labeur que ne leur en avait eoûté la conquéte.des .empires, anse procurer pied par pied l'espace dent ils avaient besoin. Déjà ils s'étaient accrus, au nord, de l'ancien collège de Marmoutiers, au mid, d'une dépendance importante du collège des Cholets, €t à l'occident ils venaient d'acheter tout de nouveau le collège du Mans. Gerte dernière acquisition avait été négociée, avec. le principal et les Doursîers du collège sous le couvert de l'èvêque du Mans, et l'Université, tout en versant des larmes amères, se résignait

i. Félibien, Histoire de Paris, -t. II, p. 1047.

à la subir, par impossibilité de résister au roi, qui avait dit : « Je veux. » La détresse de Sainte-Barbe fit luire aux yeux des révérends pères l'espoir de compléter leur quadrilatère en prenant de notre collège tout un morceau délacbé^sur Talignement de la rue Cbarlière jusqu'à la rue des Cbiens. Ils députèrent à ce sujet un porteur de paroles, qui vint offrir à Jean Bertbould et à ses collègues de les sauver du désbonneur. Louis -le-Grand (ce nom, par une flallerie des jésuites, avait remplacé depuis peu celui de Clermonl) Louis-le-Grand payerait non -seulement les arrérages dus aux pauvres et le prix du rachat de la rente, mais encore une somme capable de mettre Sainte- Barbe au-dessus de ses affaires; mais il fallait que Sainte- Barbe consentît à partager son territoire avec lui.

Delaroche court chez le recteur comme un homme éperdu. « Le Bureau des pauvres nous accable, dit-iî; telle est notre disgrâce qu'il nous faut recevoir les offres de service des jésuites. Ils nous proposent d'éteindre notre dette, pourvu que nous partagions le collège avec eux. Nous n'avons point encore traité. Voyez si le marché vous convient; puisqu'il nous faut vendîé , nous préférons de vous avoir pour acheteurs ^ »

Le recteur demanda du temps pour réfléchir. Dans les conseils particuliers, où l'affaire fut mise en délibération, on fut d'avis qu'il ne fallait pas lui donner la tournure d'une concurrence indécente et de plus

i. Factum de Simon Menassier, principal de Sainte-Barbe,, contre TUniversité (1723), p. 7 et 26; Arcliives de ^Université, Reg. 36, fol. 65.

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dangereuse, vu la toute-tpuissance de ceux contre qui on aurait à lutter. Il valait mieux que TUniversité se donnât l'apparence de subvenir généreusement à la détresse de sa fille désolée. Ce serait à M. Delaroche de trouver plus tard un prétexte plausible pour consommer la vente.

En conséquence, le 13 mai 1682, dans une séance à laquelle assistait* Doujat lui-même, le tribunal académique décida d'une seule voix que l'Université, se substituant à la créance dii Bureau des pauvres sur Sainte-Barbe, allait satisfaire immédiatement le dît Bureau de ce qui lui était du, arrérages, intérêts et capital. Et sur-le-cliamp le receveur de l'assistance publique fut averti de se trouver chez un notait e pour toucher la somme en question, qui se montait à 5354 livres*.

Lorsqu'on se prête à un mauvais tour, on n'aime pas le voir manquer. Les administrateurs de charité eurent un dépit extrême de ce dénoûment imprévu. Ils ordonnèrent à leur receveur de refuser la somme, parce que c'était de Targent emprunté, et que M. le procureur général désapprouverait que le collège se libérât par ce moyen. On a déjà indiqué que la surveillance supérieure de l'assistance publique appartenait au procureur général du parlement. Celait alors le troisième Achille de Harlay. Delaroche se transporte aussitôt chez lui en compagnie de ses deux collègues; ils le prient de s'expliquer sur la difficulté qui leur

i. Aixhivc» «b ^Université, Reg. 3(3, fol. 7i ; ConU-at du 16 mai, entre l'Univei^é et Sainte-Bai be , Archives de l'Empire, S. 6351.

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est faîte en^ sou uom^ «. MM . du Bureau veulent se moquer, répond le magistrat; je n'ai jamais trouvé mauvais^qu'on imyât ses dettes ; » et il continue par une de ces reprehensions^ auxquelles son austérité affectée donnait tant de verdeur, quand dles tombaient sur des subordonnés*.

Voilà Sainle-Barbe en repos^ dii eôtét de lagustice. Mais le roi n'a pas. renoncé' à son: projet de réunion f et combien d^ouvriersclandestins^ intéressés maintenant à en pousser Taccomplissement : les gensdè Fassistance vaincus, les jésuites dupés , lesi commis du ministère piqués d*honneur à finir une affaiie qui traînait depuis tant de temps! Nous ne parlons pas de la Faculté de droit. Son zèle- était devenui de glace depuis; le vole du 13 mai; elle était dans le secret de la vaite futiue du collège à TUniversité; elle la désirait, 'plutôt que d'avoir à se rencontrer avec lès jésuites sur la même proie. Cela, joint aux dispositions présentes de Louis XIV, procura le salut.

Le. monarque se préparait à faire tomber sur le col^ lége Louis-le-Grand un véritable déluge de faveurs;; H ne fut pas fâchéd^avoir à faire quelques petites «choses pour r Université^ afin de pouvoir se dire à lui*méiiir qu'il tenait là balance; égale entre les deux grands corps enseignsmtsi En même temps^ qu'il rétablit le collège du Mans dans^ une maison dfe-là rue: d'Enfer; il accueillit avec toutes les marques de lahienveîUanee un placet présenté par le recteur ^ par les^d^;nitatres

i. G*estiakisi qne Saint^imon appelle le6^^ortie& aaxqnaUesrse livrait 1S0U vent le proeareui^'^éQérvl.

± Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 1047.

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de Saînte^Bàrbe pour le nmintien de la (bndatîon telle que Robert Dagast l'ayait faîte*^. Il ordonna que Faffeire fût rapportée à Tune des séances du Conseil où il assisterait; et parla tout finit selon le vœu des suppliants, car Sa\ Majesté, présente au' Conseil, daigna les recevoir dans leur opposition* aux arrêts précédemment rendus-(6 juin 1682)*.

Restait às^acquitterdupactexîonclu avec l'Université.

Ce fut une- campagne ténébreuse, où Delaroclie ne s'engagea pas à l'étourdie; Il sentit qu'il allait faire de vilaines choses, dont il pourrait souflrlr plus tard, s'il ne commençait pas par assurer son sort. C'est' pourquoi son premier soin* fut de postuler de Jean Bertbould ce que celui-ci avait-jadîs obtenu de son oncle : la coadjutorerie au principalàt, avec l'assurance de succéder. Il trouva par' son intrigue le moyen de se passer d'une délibération des Supérieurs, qui pourtant aurait été nécessaire-. L'affaire, soumise de prime abord au parlement^ fut brassée* entre Jean Berthould et Delarocbe, qui n'agit pour* le reste que lorsqu'il vit sa poursuite en bon train'i

II abordât la négociation de là vente au commencement de 1€93. lies prélîmin aires consistèrent à obtenir dfes condamnations^ 1* au Ghâtelet pour un mémoire de maçon- non payé; 2* à.la voirie de Paris

1 . Mémoires de l'abbé Legendre, 1. IV ; Supplique au roi contre Hairrét du Conseil duiO mars 1684, en un placard imprimé avec la signaluffe dtt,reeteiirtLe(niiiçai»., Atdiivesi de l'Empire, S.

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