‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 74 sur 145 · GontcaA du ^ juin 1766, Archive» de l'Empire, S. 62Ô · texte numérisé non relu

GontcaA du ^ juin 1766, Archive» de l'Empire, S. 62Ô

3. Il y a de lui plui^eurs pièces imprimées : !<> M^ux ad supne-* mum senatum cum fieret soîemnis prœmiorum Académies Paris, di^ stributioy dieit mensis aug* anno Di 1T49, in-4; 2« Régi pacifico^ cum gratulatoriam de pace oratiànem Universitatis nownne et jmsu

quence latine que venait de fonder rimprimeiir Coignard. Le sujet proposé fut cette question, qui ne cessera jamais d'être à Tordre du jour : Gallicis liiteris^ ut stent inGolumes et florentesy necessariuni est idem^ unde ortœ educatmque sunt , cum grœcis latinisque commercium . Le concours eut lieu entre les maîtres es arts des Universités de Paris, de Caen et de Reims*.

Antoine Vicaire , qui avait enseigné jusque-là au collège Mazarin, dut à son prix d'être appelé à Navarre.* Sur ce théâtre plus élevé, il ne fit qu'augmenter Festime qu'on avait pour son caractère et pour son talent. Lorsqu'on lui mit la robe violette aux Mathurins, le 10 octobre 1757, il fut salué par les plus vifs applaudissements *. Ayant d'abord établi son tribunal au collège deBoncour, il ne jugea pas à propos de le transporter dans l'appartement qui lui fut donné à Sainte-Barbe Tannée suivante.

U aclievait sa magistrature au- milieu de la paix la plus profonde , lorsque la nouvelle transpira dans le public que les Jésuites venaient d'être déclarés en faillite par le consulat de Marseille. Des spéculations hasardeuses du P. Lavalette, visiteur général de la compagnie dans les Antilles, donnèrent lieu à cet éclat, après le refus de trois millions de traites par le P. Sacy,

haheret V, C. Carolus Lebeau, in ejusdem Vniversitatis collegio Grasslnœo rhetorices professer^ die jovis 27 mensis fehruarii^ anno Domini 1749, in-4; 3* Illustrissimo viro D. D. Guillelmo de Lamoignon, GallisB cancellarioy carmen^ in-4, ayec l'approbation de Crébillon \ Mandement d'Antoine Vicaire, procureur de la nation de Picardie, pour une messe d'action de grâce oh serçatum regern christianissimuniy placard in- fol.

1. Archives de l'Université, Reg. 456, fol. 66, 2« Archives de TUniversité, Reg. 45 d, fol. 45.

procureur des missions à Paris, qui jusque-là avait fait honneur à la signature de cet audacieux correspondant. Les passions religieuses et autres se déchaînèrent de nouveau. Louis XV, très-contrarié de voir compromis le silence, qui était la fin suprême de son gou* vernement, laissa agir la magistrature, dans les bras de laquelle les Jésuites, toujours sûrs de leur faît^ eurent Timprudence de se réfugier, comme ces aveugles qui se jettent au plus fort du feu pour échapper à l'incendie. C'est en effet parmi les gens de robe que s'étaient conservés avec le plus de vivacité le souvenir de tant d'actes d'arbitraire dont les Jésuites avaient. été les instigateurs, et le ressentiment dé*là charrue passée sur les ruines de Port-Royal, et l'horreur de plus de quatre-vingt mille lettres de prison ou d'exil lancées pendant vingt-cinq ans à l'occasion de la bulle Unigenitus.

Ce fut la moindre chose pour les révérends Pères de se voir condamnés à restitution, intérêts et dépens sur le fait des engagements non remplis par un des leurs. Leurs autres dettes vinrent aussi à règlement.

Après avoir soumis à un examen minutieux les constitutions et tous les titres historiques de la Société, le parlement de Paris donna le signal aux autres parlements du royaume en déclarant que les Jésuites n'avaient jamais eu d'existence légale, qu'ils avaient

abusé de toutes les façons de la tolérance accordée à

il '

leur institut, que l'ordre public exigeait qu'ils fermassent incontinent leurs noviciats et collèges, et qu'ils cessassent d'enseigner (6 août 1761). Frappés à mort non' pas tant par cet arrêt que par l'explosion de la haine et du mépris qui s'amassaient contre eux

depuis un siècle, ces fiers dominateurs essayèrent en vain de prolonger leur existence. Le mot fameux prononcé à Bome « sintut sunt^ aut non sint » ré* dtHsit à l'impuissance ceux de leurs amis qui auraient voulu les sauver par une réforme de leurs statuts. Le 31 mars 1762 ils fermèrent Louis-le-GrancI, et s'ils ne l'avaient pas fermé, ils l'auraient vu s'éteindre en leurs mains. Ce collège, naguère si fréquenté, était déjà réduit à cent soixante-cinq élèves, dont quinze externes*. De nouveaux arrêts firent le reste. Les biens des Jésuites furent mis en séquestre, leur régime, leur habit, leur nom abolis. Ils avaient cessé d*êlre lorsque parut l'édit de novembre 1764, qui prononça la dissolution de leur société.

Nous ne sommes pas si éloignés de l'histoire de Sainte-Barbe qu'on pourrait le croire.

Dès que la compagnie d'Ignace de Loyola eut été dépossédée de l'enseignement , , il se présenta des questions d'une haute importance. Il fallut répondre aux philosophes et aux ultramontains, qui demandaient ensemble par quel ressort serait remplacée l'émulation qu'avait produite la rivalité entre les Jésuites et l'Université; il fallut répondre aux créanciers qui voulaient' savoir s'ils auraient prise sur les collèges comme sur les autres biens-fonds de la Société.

Pour empêcher les études de tomber en langueur, le parlement arrêta l'établissement d'une école-modèle, qui serait pour l'État une pépinière de maîtres dévoués et instruits. Cette école devait être formée par la réunion de tous les petits collèges. Le revenu des fon-

Page 1