Emond, Histoire du collège Louis-le-Grand, ch
2. Recueil de toutes les .déiibératioDsimpoirtantes prises par le Bureau d'administratieD du collège de Lcmis-^e-Graiid, 1781^
et Denis Lempereur, echevin de Paris, prirent pour leur part radminisiration de ce département. Le preoaoier grand maître fut le recteur Fourneau^ et le premier principal, M. Garcjin Dumesnil.
Cette organisation fut inaugurée le 20 octobre 1 764. Dès le 1 " septembre , les boursiers de tous les petits collèges avaient pris domicile à Louis-le-Grand. Le départ de ceux de Sain le- Barbe fut une chose dont on s'aperçut à peine dans la maison. Ils n'étaient plus que deux : le seul effet de leur retraite fut de rendre vide une chambre dont on trouva bien vite l'emploi. On laissa. aux ci-devant principal, procureur et chapelain les appartements qu'ils occupaient, en leur conservant, à titre de rente viagère, leurs anciens traitements sur le pied où ils les avaient établis. Deux d'entre eux finirent leurs jours dans cette douce retraite, Jacques Delamaison le 18 novembre 1771, et Jean-Baptiste-Louis Delaroche moins de deux mois après, dans les premiers jours de janvier 1772*. Par suite d'un accord qui avait été conclu en cas de prédécès du principal, M. Vicaire abandonna alors son logement, et reçut en échange un accroissement de pension de trois cents livres \
Suivons les destinées de notre fondation jusqu'au moment où elle fut éteinte.
Par son activité, par la sage économie qui présidait .à ses opérations, le Bureau d'administration de Louisie^^Girand porta à huit le nombre des bourses de Sainle-
1 . Comptes du collège, n® 5, Archives dp TEmpire, H. 2775. 3i, ]Rcec«eil des délibérations du Bureau de Louis-le-Grand , p. 648.
Barbe. Celle de la création Seurat ressortit son effet dès 1765; on en institua deux autres en 1774 avec le bénéfice produit par le décès de l'ancien principal et du chapelain ; enfin la bourse des Menassier fut mise en vigueur en 1783. Afin de conserver au parlement le droit de supériorité dont Robert Dugast l'avait investi , on fit approuver les nouvelles créations par des arrêts *.
Les huit bourses furent fixées à 400 livres , taux uniforme de toutes les autres bourses et de la pension que payaient le$ élèves non boursiers. L'administration s'appliqua à faire disparaître tout ce qui survivait encore de privilèges et de distinctions dans le régime scolastique. Il n'y eut plus de caméristes; la vie commune fut imposée à tous les élèves , sans acception de rang, de fortune, ni d'origine. La seule marque pour les boursiers fut de porter une médaille sur laquelle était gravé le nom de leur fondateur. On entendait par là , non pas les noter au milieu de leurs condisciples, mais leur rappeler incessamment les obligations que leur imposait la reconnaissance. On fit imprimer dans le même but des listes qui contenaient les noms de tous les bienfaiteurs de chaque collège. La liste imprimée pour ceux de Sainte-Barbe était précédée de cet avertissement :
« On recommande aux boursiers comme une partie importante de leur devoir d'offrir tous les jours leurs prières à Dieu pour les fondateurs et bienfaiteurs qui, parleurs pieuses libéralités , leur ont procuré le bien
1 . Recueil des délibérations du Bureau de Louis-le-Grand , p. 047 et suiv.; Archives de TEmpire, M. i90.
inestimable d'une éducation honnête et chrétienne. Leur reconnaissance ne doit même pas se borner au temps de leurs études; elle doit s'étendre aussi loin que les avantages de la bonne éducation, c'est-à-dire toute leur vie*. »
Les anciens Supérieurs conservèrent le droit de nommer aux bourses; on leur accorda en outre celui de se faire représenter au Bureau par un mandataire chargé de leur procuration. Afin d'éviter les retards auxquels aurait pu donner lieu leur désaccord quant aux sujets à nommer, ils s'entendirent en 1 78f pour faire les nominations, non plus à la pluralité des voix, mais chacun à son tour '.
Les titres à la bourse Menassier n'ayant pas été assez nettement définis par la délibération qui la rétablit, il y eut en 1 789 un différend entre la famille Menassier et la ville de Semur, que fut chargé de terminer M. Guéneau d'Aumont, l'un des députés de la province de Bourgogne aux États généraux. M. Guéneau d'Aumont, absorbé par les travaux de l'Assemblée nationale , remit ses instructions et ses pouvoirs à Jean*François Champagne, diacre et professeur de seconde à Louis-le-Grand *. C'est le même qui resta si noblement à son poste au milieu de la déroute générale, et qui, s'emparant de la direction du collège, le fit passer sain et sauf à travers la tourmente révolutionnaire. M. Ciiampagne était petit-neveu de Simon Menassier par sa mère, et fils d'un bourgeois
i . Arcliives de l'Empire, M. 189.
2. Acte du 9 mai, dans le Recueil des délibérations du Bureau d'administration du collège de Louis-le-Grand, p. 65i .