‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 81 sur 145 · Arrêté du Directoire de Paris du il nov. i79â · texte numérisé non relu

Arrêté du Directoire de Paris du il nov. i79â

DE SAIHTE-BARBE. 243

L^Université fut condamnée à périr, mais non pas Louis-le-Grand. Le caractère d'institution de bienfaisance qu'avait cet établissement le sauva après Je renversement de la monarchie ; Je patriotisme de ses élèves, qui partirent pour la frontière au nombre de plus de cent , en septembre 1 792 , lui attira la faveur particulière de Ja Convention. Il reçut le nom de collège de l'Égalité ; deux décrets successifs déclarèrent qu'il avait bien mérité de la patrie , et que les jeunes gens partis pour la défense de la République continueraient à être payés de leur bourse sous les drapeaux* . Dans le nombre de ces premiers volontaires on compta trois boursiers de Sainte-Barbe : Anidré François, François-GuiUaume Potier-Lebel et Jean Menassier, qui mourut au champ d'honneur*. Depuis lors les enfants de l'Égalité se distinguèrent dans tous les appels aux armes. En 1794, ils étaient deux cents sur les champs de bataille '.

Une loi du 5 mai \ 793 appela les administraticms municipales et départementales à remplir les bourses vacantes à la place des anciens coHateurs ecclésiastiques ou dignitaires dont les litres avaient, été abolis. ' Les sujets recommandés en pren^ière ligne furent les enfants des citoyens morts en combattant.

La gestion des affaires des petits collèges réunis à l'Égalité resta divisée en plusieurs départements jus-

1 . Nous n'avons pas pu retrouver le premier de ces décrets, qui est cité sans sa date dans un mémoire manuscrit de M. Champagne. Le second est du 22 mars \ 793.

2. État des boursiers existant dans les collèges qui composent le collège de l'Égalité (1793), Aicbives de FEmptre, M. VU.

3'. Rapport du 8 nivôse an m sur le collée de fÉgaMté.

qu'à la fin dé Tannée scolaire 1792-1793. Voici quelques-uns des derniers articles ordonnancés pour le compte particulier de Sainte-Barbe :

Le 5 janvier 1793, 100 livres allouées au citoyen François , boursier, pour passer sa thèse de bachelier en médecine au moment où il allait partir pour la frontière, ladite somme imputable aux frais d'impression de la thèse ^

Le 21 mars 1793, acquittement à la fabrique de Sainte-Geneviève, du service anniversaire de Robert Dugast^ qui se faisait auparavant en Téglise de Saint- Hilaire ; mais cette paroisse ayant été supprimée en 1791, on en avait transporté les services à Saint- Etienne du Mont, devenu la paroisse de l'arrondissement sous le vocable de Sainte-Geneviève*.

Le 24 août 1 793 , payement de la pension du citoyen Vicaire. Ce vieux professeur donna quittance à Fontaine-les-Clercs , près Saint-Quentin, lieu de sa naissance , où la Révolution l'avait fait fuir'. Depuis lors il dut être rétribué des deniers de la République, en vertu d'un décret rendu par la Convention, le 5 mai 1793, pour compléter la loi du 8 mars précédent, qui ordonnait la vente au profit de la nation' de tous les biens formant la dotation des collèges, bourses et autres établissements* d'instruction publique. M. Vicaire mourut le 7 février 1796, âgé de quatre-vingt-deux ans, léguant aux pauvres le fruit de ses modestes économies. Cela forme aujourd'hui une

i. Archives de l'Empire, H. 2808*; M. i6i.

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