‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 84 sur 145 · Moniteur du 2 germinal anVIII · texte numérisé non relu

Moniteur du 2 germinal anVIII

mode de prendre la substance et les sujets d'un magnifique établissement où les études étaient déjà parvenues à un degré remarquable d'amélioration. Si louable qu'ait été la pensée de multiplier les lieux destinés à l'instruction de la studieuse jeunesse, il n'aurait pas fallu perdre de vue le but spécial du Prytanée, qui devait recevoir dans son sein, non pas toute la jeunesse française , mais seulement des enfants de familles nécessiteuses, choisis en vertu de dispositions testamentaires. Les bourses de l'ancieti régime étàietit l'héritage des départements et des communes. Bien que par la suite le gouvernement ait fait au public une large compensation par le nombre des éducations dont il prit les frais à sa charge, il est regrettable que, lorsqu'on cherchait à rétablir partout le bon ordre, on ait anéanti d'un trait de plume la volonté et la mémoire d'hommes bienfaisants qui avaient trouvé grâce devant la Révolution elle-même.

L*an 1800 vit donc s'éteindre définitivement l'antique Sainte-Barbe, la création du moyen âge, l'œuvre des frères Lenormant, consolidée en 1 556 par le bienfait de Robert Dugast, réduite plus tard aux seules dispositions de ce bienfait, transportée en dernier lieu au collège Louis-le-Grand. Elle disparut dans le re* maniement du Prytanée, avec la consolation toutefois de laisser iine héritière, car déjà un troisième fondateur, ayant emporté du Prytanée même le dépôt des souvenirs et des traditions du collège, était allé le rétablir sous une autre forme dans le lieu où jadis il avait jeté tant d'éclat. La Sainte-Barbe actuelle, mise au monde par M. de Lanneau, comptait déjà dix-huit moisd' existence lorsque l'autre rendit le dernier soupir.

24a HISTOIRE DE SAINTE-BARBE.

Des hommes de bonne volonté, qui essayèrent de relever pareillement les collèges de Navarre, de La Marche et de Justice, ne réussirent pas dans leur entreprise ; de sorte que, de tous ces vieux nonas qui avaient fait la gloire de l'enseignement dans F Université de Paris, un seul fut sauvé.

Quant aux propriétés formant la dotation des collèges , celles qui avaient été rendues au Prytauée furent réparties d'abord entre les quatre sections de rétablissement, à Paris, à Compiègne^ à Fontainebleau et à Saint-Cyr ; puis elles furent réunies de nouveau au profit de la seule école de Saint-Cyr, et enfin vendues. La partie de Sainte-fiarbe qui appartint jadis à l'Université, avait été aliénée dès 1793 comme bien national; l'autre partie, toujours tenue à bail par M. Fessard, entra dans le lot du Prytanée de Paris. C'est elle qui, sous-louée en 1 798 par M. de Lanneau, devint le berceau de la nouvelle Sainte-Barbe. En 1 805 l'Empereur l'excepta de la vente qu'il avait ordonnée pour convertir en rentes la dotation de Saint-Cyr. M, de Lanneau conçut alors l'espoir d'obtenir la jouissance gratuite de cette maison, en vertu d'une loi qui promettait des concessions de locaux aux Ecoles secondaires qui se seraient distinguées par leur bonne tenue. D'autres nécessités jugées plus impérieuses se firent sentir, et le dernier débris de la fortune de Robert Dugast fut converti^ comme le reste, en propriété particulière.

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