Archives de l'Université, reg. 16, fol
3. « Robertum Dugast olim primariiim virum Coquerelici. » Archives de l'Université, reg. 16, fol. 420, ad ann, 1538.-
Servant d'ailleurs dé hianièl*ë à né pas attiref Inattention sur lui, il remit uii doigt^ puis lin autre datls les affaires dé soti collège, et à la fin l'administration rerttra tout entière dans ses maius.
Le dernier des principaux qui lui fut substitué favorisa sidgilllèremeut cette usurpation. C'était Jean Dôrat, que tout le monde cbtlnait au moins /le nom . Il entra à Coqueret à la fin de 1 547 , amenant avec lui ses élèves chéris, Àntoitaede Baîfet Werre Ronsard, tous les trois pourvus de cette dose d'enthousiàsdië classique qui engendra à Coqueret même la fameuse pléiade dès poètes français *. Plein de l'avenir qu'il rêvait pour les lettres, et toiit occupé d'un plaii de réformé dans tes études , qui consistait à enseigner le latin par le grec , Dorât n'eut auéun souci d'aligner dés chiffres ou de solder des mémoires. 11 abandotina volontiers cette besogné à son propriétaire, qui s'V entendait mieux que lui; et, une fois engagé dans la voie des concessions, il en fit tant, que son autorité se réduisit à celle d'un préfet des études.
Personne n'aurait rien dit, si la drconspefctioti eût été aussi grande d'un côté que la condescendatice l'était de l'autre ; mais qui cherché à s'amender sur lé tard h*y réussit pas facilement. À l'approche de ses quatre-vingts ans, Dugast ne se montra guère différent de ce qu'oh l'avait vu autrefois. Il eut de nouveaux démêlés avec les régents de Coqueret. Attaqué par l'Un d'eux, à qui il avait interdit le réfectoire, il fatigua éncoire tinè fois
1. Goujet, Bibliothèque Françoise, t. XIII, p. S89 ; Claude Bi«> net, Vie de Ronsard (dans les Archives curieuses de l'Histoire de
France, t. X, p. 36l).
l'UiiiTfersité par ses habiletés de plâldèU^» Où Coupa coUrt àti procès cju'll voulait éterniser. Le 1 2 avril 1 552 les ttieiàlbreà du tribiiiial académique, le rettëur à leur tête, firent une descéhteà son collège. Ne trouvant que le procureur de la ttiaisbti , pàttîe que Dorât et DUgaî^t avaient eu là précaution de s'absenter , ils firent assembler dans la cour les maîtres et les élèves, et ils lurent devant eux Une isetitettce d'excommunication Universitaire à l'adresse de l'opiniâtre contumace \
De dette nouvelle défaite , qui l'exclût définitivement de toute participation aUx affîaires de Coquferet, Robert Dugast sut faire sortir UU accoUimodetneUt qUi le mit en pied à Sainte-Barbe. Il fut reconnu principal de ce dernier collège en 1553 *. Cottiment s'y prit*il pour en venir là ? On l'ignore. Nulle part h'éxiste la Irafce des négociations entamées à ce stijet. On peut croire (jUe feeux qu'affligeait l'état periUaUeUt de scandale créé par la retraite de Gouvéà, réfléchirent qu'avec la ténacité de l'homme à qui on avait affaire, il n'était pas permis d'en espérer la fin , et qu'il valait mieux se prêter à une (combinaison d'où ne résulteraient, dans la pire hypothèse, que des conflits passagers.^ Peut'-étre aussi Robert Dugast adoucit-il lés résistances en décoUvraUt un projet à l'exétîution duquel il semble avoir résolu dès lors de consacrer ce qui lui restait de vie.
Ce docteur sentait sa fin approcher ^ non sans quèl-
1. Dnhou\aLy fHist. Univ., t. VI, p» 448 \ Archives de l'Université, reg. 22,foI. ii eH2.
2. Il est ainsi dénommé dans les titres de propriété de cette année. Archives de l'Empiré, S. ISOÔ et 63552.
que souci de la réputation qu'il laisserait en ce monde et de la récompense qu'il recevrait dans l'autre . Les côtés élevés qu'il y avait dans son esprit, malgré tant de petitesses, lui faisaient voir les torts dont son humeur l'avait rendu coupable. Il ressentait le besoin de racheter cela, de prouver surtout qu'on l'avait mal jugé en le prenant pour un adorateur du veau d'or, et que, s'il avait accru sa fortune par l'enseignement, c'était pour le profit de l'enseignement et non par un vil asservissement au mammon d'iniquité. À celte fin il méditait un grand acte de munificence dont tout le bénéfice devait échoir à cette même maison qu'il avait si souvent affligée de ses tracasseries : il renoncerait à la fois à la propriété de Sainte- Barbe et à celle de plusieurs autres biens fonds qu'il avait ^ en réunissant le tout il formerait un collège en état de se suffire à luimême, et ce collège ainsi constitué, il le donnerait au public par une fondation perpétuelle et irrévocable. Aussitôt qu'il fut installé, il se mit en devoir d'accomplir les engagements de sa conscience. Il s'occupa d'abord des changements matériels que requérait le futur état des choses. Le vieil hôtel de Chalon, qui menaçait ruine, fut livré aux maçons. On le répara de fond en comble après avoir reconstruit les autres maisons qui y avaient été ajoutées , de manière à produire une enceinte de bâtiments uniformes. Suivant l'expression de Léger Duchesne, qu'assurément il ne faut pas prendre au pied de la lettre, ce qui était de pierre auparavant fut converti en marbre ^ Les premiers travaux furent conduits sur l'ancienne propriété de Jean Hubert,