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Le fondateur appelait cela son dernier ouvrage, parce que dans sa pensée la reconstruction des bâtiments ne faisait qu'un avec la réorganisation du collège, dont elle était le prélude.
Vu son grand âge et sa volonté si fermement arrêtée de voir Robert Certain exercer les fonctions de principal, il y a lieu de penser qu'il ne se donna pas d'autre occupation que la surveillance des travaux pendant quatre ans qu'ils durèrent. Toutefois, avec le caractère dominant qu'il avait, il est impossible que sa seule présence n'ait pas eu d'effet sur le gouvernement de Sainte-Barbe, et cet effet ne put- être que
i. État des lieux en 1709, mnC Archives de PEmpire, S. 6351 , liasse 42.
salutaire. Il duf tenir à ce que la bonne œuyre qu'il préparait ne fût pas gâtée à Tavance par des impressions défavorables ; ii dut plus d'une fois faire entendre des conseils ou même des ordres en ce sens.
Ne nous perdons pas en conjectures lorsqu'il y a quelque chose de positif à dire pour la louange de Toncle et du neveu. Pendant tout le temps que dura leur association, une seule plainte fut portée contre eux, et elle était sans gravité. Il s'agissait d'une chaire confiée par eux à un jeune homme qui n'était pas encore pourvu de son diplôme de maître es arts. Us en furent quittes pour une amende, décernée avec d'autant plus de ménagement que ce fut un recteur barbiste qui prononça la conclusion *.
Ce recteur, nommé Nicolas Audouart, est l'une des illustrations du village d'Argenteuil, près Paris. Après avoir régenté quatre ans à Caivi, il fit pendant douze autres années la^ rhétorique à Sainte-Barbe; plus tard il <3xerça la médecine avec distinction. Sa magistrature se place dans l'automne de 1 556. Appelé auparavant au gouvernement de la nation de France, il s'inscrivît sur le registre des procureurs avec cette épigraphe, qu'il entendait sans doute appliquer à son talent :
Il en a fs^it lui-même la traduction en latin :
Luxurians dulces jam vitis parturit uvas^.
Nicolas Audouart n'est pas le seul du personnel en-
\. Duboulay, Hist. Univ., t. VI, p. 488.
2. Ms. de h bibl. Mazarine, H. 2682 A, fol. 52 ; Archives de l'Université, reg. 23, fol. 435.
seignaDt formé sous Robert Dugast dont le nom nous soit parvenu. Nous connaissons encore Nicolas fier* nard et Jean Yassogne, tous deux Champenois, du diocèse de Reims; Raymond de Voultoire, natif d'Âurillac, régent de seconde ^ ; maître Du Ripauld, qui présida en 1 553 à l'acte de maîtrise d'un licencié amiénois, nommé Jean Caron; Gilles Mabault^ de Coutances, régent de philosophie dès Tannée 1549"; John Rutherford, Écossais, trèsrcstimé de Gelida, qui songeait à l'attirer au collège de Guyenne au moment de sa mort. La dernière lettre écrite par Gelida fut pour avertir Rutharford qu'il devait différer son départ pour Bordeaux, attendu que les jurats ne voulaient pas qu'on rouvrit encore le collège de Guyenne , fermé par leur ordre à cause de la peste S
Un jeune compatriote de Rutherford, Alexandre Thornton, d'élève qu'il était, devint aussi maître dans notre collège en 1 553 \ On voit que les Écossais étaient restés fidèles à Sainte-Barbe; mais la clientèle espagnole fut perdue en ce temps-là, parce que l'hostilité entre la France et l'Espagne s'envenima au point que Henri 11 chassa de Paris ou même fit emprisonner les étudiants, sujets de Charles-Qqint '• Pour les Portugais, le persécuteur des Gouvéa n'avait plus à compter
i, Ms. de la bibl. Mazarine, H. 2682 A, fol. S8, 61 et 67.
2. Registre du recteur (ms. 1341, Suppl. 1. de la Bibl. imp.)» au rectorat de JNicolas Poignant, 1553; Archives de l'Université, reg. 21, fol. 104.
3. Businus, Joannis Gelida, Falentini^ epistolx aliquot et carmina,