‹ Histoire de Sainte-BarbeChapitre 2 sur 117 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le Téritable fondateur de Sainte-Barbe.

L'Université de Paris exista longtemps sans collèges, et lorsque Ton commença à fonder des établissements de ce genre, ils ne furent que de petites maisons de charité où quelques écoliers pauvres d'une même ville, d'un même diocèse, d'une même province, trouvaient le gite et la nourriture, jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu leurs grades. Ceux qui étaient admis à jouir de ce bienfait s'appelaient boursiers. Réunis

tous ensemble, ils formaient une fraction impercep- X 4

tible du peuple universitaire. Le sort, du plus grand nombre des écoliers était de vivre hors des collèges, les uns livrés à eux-mêmes, les autres associés par chambrées sous des chefs de leur choix, d'autres enfin tenus en pension par les maîtres qui les instruisaient. En ce temps-là il n'y avait d'enseignement public que pour la philosophie. Les cours si renommés et si fi^équentés de la rue du Fouarre portaient uniquement sur cette science. Jusqu'à ce qu'on fût en état d'y être admis, on allait apprendre chez les professeurs. Mais à la fin du quatorzième siècle l'exercice des classes fut institué dans quelques collèges avec un succès qui amena presque tous lesautres à les imiter. Des professeurs de latin donnèrent à heure fixe des leçons où purent assister les écoliers du dehors. Bientôt on reçut à demeure dans les collèges, sous le même toit et à la même table que les boursiers, ceux de ces écoliers qui pouvaient payer pension ; puis le défaut de place dans les collèges fit établir, sous le nom de pédagogies^ des maisons que l'on peut comparer à nos pensionnats, suivant les cours de l'Université; enfin on cite trois pédagogies qui, à cause du grand nombre de Içurs élèves, purent avoir des classes à elles, et qui méritèrent d'être appelées collèges, quoiqu'elles n'eussent ni dotation, ni boursiers. Sainte-Barbe à son origine fut l'un de ces établissements exceptionnels ^

Tous les historiens de Paris ont répété, après Fèlibien*, que Sainte-Barbe doit sa fondation à un pro-

1. Robert Goulet, Compendium de multiplid parisiensis Univers sitatis magnificentia^ 4 51 7,

2. Histoire de la ville de Paris (publiée en 1735)^ t. Il, p. 1047.

fesseur de droit canon, nommé Jean Hubert, lequel prit à cens de l'abbaye de Sainte-Geneviève une maison avec un terrain situés dans la rue de Reiras^ .en face du collège de ce nom. On cite comme preuve de cela un contrat passé par-devant le prévôt de Paris à la date du 10 mai 1430. Mais ce contrat, dont l'original nous a été conservé S ne dit pas que Jean Hubert ait fait son acquisition pour fonder une pédagogie, et le contraire est démontré par d'autres docuni^nts d'où il résulte qu'après lui la maison qu'il occupait devint la propriété d'un marchs^pd drapier et chaussetier établi au carrefour Saint-Séverin*. D'ailleurs le nom de Sainte-Barbe ne se rencontre ni du vivant de Jean Hubert ni pendant les premières années qui suivirent sa mort. C'est en 1463 seulement qu'on le, voit paraître à propos du cens payé à l'abbaye de Sainte- Geneviève a pour la maison qu'on souloit dire l'hostel de Chalon et qui de présent est nommée le collège de Saincle- Barbe'; » de sorte que l'existence de Sain te - Barbe a commencé non pas dans la maison de Jean Hubert, mais dans l'hôtel de Chalon, et longtemps après 1430.

A quelle date au juste ?

Le registre des cens de Sainte-Geneviève nous le dirait s'il était complet; mais il se trouve que ce document présente entre 1 449 et 1 463 la plus regrettable lacune. Heureusement d'autres témoins sont là pour

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