Duboulay, Hist. Univ., t V, p
Les peines corporelles étaient la gratide ressource pour obtenir Tassiduité et Tôbéissance. Tout régent montdit en chaire àrnâé de la férule. Il châtiait^ luimême les actes de dissipation ou de paresse. Un délit plus grave entraînait l'exposition au réfectoire ou lé fouet. Or ces cas graves n'étaient pas des cas rares. Si Ton avait parlé français au lieu de parler latin, si Ton avait menti, juré, injurié, frappé, ou si Ton n'aVait pas dénoncé un de ces délits dont on eût été témoin, ^a? natibUs! comme s'écriait Érasme*. De là cet air de geôle qu'avaient les classes et qui révoltait les hommes réfléchis ; de là ces « cris d'enfants suppliciés et de maîtres enivrés en leur colère'. » Montaigne ne fut pas le premier à s'en plaindre ; mais la verge, dans l'idée des vieux universitaires, n'aurait su être trop employée. Un pédagogiste célèbre du temps dé François P se lamentait des progrès de l'indulgence, et déclarait- la jeunesse perdue si on renonçait à mater son arrogance à force dé coups'. C'est l'honneur de l'Allemagne d'avoir insinué dans nos collèges la mansuétude qu'elle érigea en doctrine dans les siens, lorsque parfeut ailleurs là maxime était de meurtrir la chair pour mieux graver les choses dans l'esprit et dans le cœur *.
La propreté, qui est parvenue chez nous à un tel raffinement, était une vertu naissante au quinziètne
1 . CpUoquia, dialogue intitulé : Euntes in ludum litterarium, â. Montaigne, Essais, 1. I , chap. xxv.