‹ Histoire de Sainte-BarbeChapitre 77 sur 117 · Duboulay, Hist, Unh, paris. ^ t. VI, p · texte numérisé non relu

Duboulay, Hist, Unh, paris. ^ t. VI, p

qu'il prit en main le gouvernail académique, un orage formé en haut lieu vint crever $ur la docte corporation. Dans une saisie de mauvais livres exécutée récemment chez les libraires de Paris; on avait eu l'insoleuce de comprendre un poème dévot, le Miroir de Vdme pécheresse^ composé par la savante Marguerite, sœur de François I". Toute la coqr était indignée contre les pédants de l'Université, qui avaient autorisé cela. Le roi en colère demanda des explications dans des termes tels que la réponse devait être une amende honorable.

Maître Kopp savait mieux que personne que raffaire s'était faite sur les indications de la faculté de théologie. Néanmoins, lorsqu'il donna communication de la lettre du roi, il feignit l'ignorance, épuisa tous les termes de Tétonnement sur ce qu'un si grand attentat avait pu être commis, et en dernier lieu adjura les coupables de se nommer. Celles des facultés qui n'avaient fait que prescrire en termes généraux la povirsuite des livres dangereux n'eurent pas de peine à établir leur innocence. Mais les théologiens, que firent-ils? Us se déchargèrent bravement sur le censeur investi de leur mandat, de sorte qu'il ne resta pour porter le poids du méfait qu'un pauvre homme très-embarrassé, qui n'osa pas récriminer contre ses collègues, et qui fut réduit à balbutier une justification telle quelle, d'où il résultait que la. saisie, qui était bien saisie à l'égard de Pantagruel et autres romans de même sorte, n'avait pas ce caractère à l'égard du Miroir de Vârne pécheresse^.

\ . Cahini epistolx^ n<* i , t. IX des œuvres complètes.

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Qu'on juge de la joie qui fut menée et à Sainte- Barbe, dans la chambre de M. le recteur, et à Fortet, dans la chambre de Calvin, à la suite de ce signalé triomphe : la Faculté de théologie contrainte de décliner ses jugements ; un livre écrit dans un esprit suspect arraché à la censure; une princesse qui protégeait les novateurs défendue publiquement par le roi! L'heure paraissait venue de tenter un coup hardi, et on le tenta.

C'était Tusage que, le jour de la Toussaint, le rec • teur de l'Université prêchât aux Mathurins devant tout le corps enseignant. Calvin se chargea d'écrire le sermon de Nicolas Kopp, lequel, suivant l'expression de Théodore de Bèze, sonnait tout autre note que celle qu'on avait accoutumé d'entendre^

Tout alla si bien pendant et après la cérémonie, qu'on put croire à un nouveau succès; mais au bout de plusieurs semaines, le prédicateur reçut une assignation à comparaître devant le parlement; des cordeliers l'étaient allés dénoncer au procureur général, selon le bruit qui courut alors. Lui, cependant, de protester contre la violation des privilèges universitaires; car, s'il avait erré sur la doctrine, il en devait rendre compte au tribunal académique et non pas à la cour suprême. Il assemble les facultés pour qu'elles se prononcent. Les artiens et médecins sont pour lui; les décrétistes votent dans le sens contraire avec les théologiens : partage égal, pas de conclusion possible. Il entraîne la faculté des arts dans le lieu particulier de ses séances ; le temps se passe en cris, en inlerniptions,

i. Histoire des Éj^lises du royaume, t. I. p. ilt.

en discussions stériles sur T objet à mettre en délibération, et l'on n'est pas encore parvenu à s'entendre, que des huissiers du parlement s'avancent pour appréhender au corps le président de l'assemblée. 11 l'apprend, quitte son siège, dépose précipitamment la mante rectorale, et, au lieu de monter à Sainte-Barbe, se dirige vers ia porte Saint-Martin. C'est par là qu'il sortit, et il marcha sans s'arrêter jusqu'à ce qu'il fût arrivé à Baie, d'où il ne revint plus*.

Quant* à Calvin, on exécuta chez lui une descente de police. 11 était déjà en fuite, mais on saisit ses papiers, où il y avait quantité de lettres qui servirent plus tard à faire brûler des gens.

Le refuge qu'il alla chercher fut la maison de Louis du Tillet, chanoine d'Angouléme : ce Louis du Tillet était le frère puiné, et séparé par une grande distance d'âge, du célèbre Jean du Tillet, greffier du parlement de Paris, le premier qui ait composé des mémoires d'érudition sur l'histoire de France*. Or Jean, du Tillet fut barbiste ; nous l'avons trouvé parmi les élèves de Gui de Fonlenay^ Chargé par sa famille, qui habitait Angouléme, de diriger les études de son jeune frère à Paris, il est de toute probabilité qu'il le mit au collège où lui-même avait fait ses classes, et, comme ce n'est qu'au collège que put se former l'étroite amitié de Calvin et de Louis du Tillet, nous

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