‹ Histoire de Sainte-BarbeChapitre 83 sur 117 · RabelaiS) 1. IV, ch. xxxvii · texte numérisé non relu

RabelaiS) 1. IV, ch. xxxvii

dire, reposait sur une excellente discipliné , qui elle-même avait pour base Tunitë de gouvernement. '

André de Gouvéa fut un véritable monarque dans son royaume, et un monarque selon Tidéal du moyen âge, c'est-à-dire qui gouvernait avec Tassistance de ses pairs. Il tenait pour tels tous ses professeurs, n'avait rien de caché pour eus ni ne voulait qu'ils eussent moins d'ouverture à son égard. Afin qu'ils ne s'inféodassent pas leurs élèves respectifs , il investit chacun d'eux du même droit d'inspection et de correction sur toutes les parties du collège, et cette égalité, il la maintint par son attention à les traiter tous avec les mêmes égards, à ne reconnaître entre eux ni premier ni dernier, à représenter dans ses discours le professorat comme un sacerdoce, dont le caractère n'était changé en rien, quel que fût l'objet ou le degré de l'enseignement. D'un autre côté , il anéantit l'importance des pédagogues ou précepteurs des élèves en chambre. 11 leur défendit d'enseigner dans d'autres livres que ceux des classes, de donner des devoirs particuliers, même de se servir des verges. Ils n'étaient que des surveillants, astreints à se référer de tout soit aux maîtres, soit au principal. '

Telle est la constitution qui fit du collège de Guyenne « l'un des plus florissants et le meilleur de France *. » ^ Au plus beau moment de cette prospérité, André de Gouvéa fut détourné de son œuvre par les instances d'un solliciteur qu'il lui fut impossible d'éconduire.

i . Montaigne, Essais, 1. I, ch, xxv.

L'Université de Coïmbre, transférée à Lisbonne depuis 1377, avait été depuis peu rétablie au lieu de sa Fondation. Le roi Jean III voulut que de ce déplace- Tiient datât pour son royaume une ère nouvelle, et que le Portugal se montrât enfin capable de marcher de pair pour renseignement avec les autres États de l'Europe, Il s'employa à cela comme à Tun des soins les plus essentiels de son gouvernement. On dit qu'il se faisait rendre compte des travaux des collèges , et qu'il connaissait par leurs noms, étant doué d'une rare méiùoire, tous les écoliers qui y étudiaient*. Toutefois, ni cette sollicitude, lii le dévouement avec lequel le servaient tant de professeurs formés par sa munificence dans les universités étrangères, n'avaient pu lui donner encore une Sainte-Barbe ou un collège de Guyçnne. C'est pourquoi il fit porter des paroles et écrivit, lui-même à Bordeaux pour obtenir d'André de Gouvéa qu'il vînt à Coimbre, à l'effet d'y monter mie maison qui fût la digne fille de l'école bordelaise* Le roi n'entendait pas arracher son sujet à une cité dont il était devenu l'ornement : après la première impulsion donnée, Gduvéa serait libre de retourner dans sa patrie adoptive.

Le maire et les jurats de Bordeaux ayant accordé à leur principal un congé de deux ans, celui-ci confia à Gelida le soin de le remplacer pendant son absence, et se mit en route pour le Portugal. Il emmenait avec lui Grouchy et Guérente, Tey ve et un autre Portugais appelé Antonio Mende, Àrnoul Fabricius de Bazas, Élie Vinet et Georges Buchanan, qui était revenu

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