Bucbanan, De vita sua
DE SAINÏE-BARBE. , 241
mains de Vascosan , qui proposa à Grouchy de réimprimer à part la Logique. Le volume se fit sous le litre de « Logique d'Arislote, traduite par plusieurs savants. » Il y avait en tête une préface envoyée par Guérenle, dans laquelle toute justice était rendue au talent de Périon ; mais comme les auteurs ne sont pas disposés à convenir qu'ils se sont trompés , même quand on les loue de ce qu'ils ont fait de bien , Périon se fâcha, cria partout qu'on l'avait « barbarisé, » et, pour se venger , ouvrit contre Grouchy un feu de pamphlets, qui eut du retentissement en Portugak, et se prolongea même après le retour de Grouchy en France*.
En dernier lieu, Jacques de Teyve et la plupart de ses professeurs, attaqués dans leurs doctrines par des adversaires occultes, furent en butte à des dénonciations qui faillirent les brouiller avec le saint-office. Ils ne comprirent où tendait ce déchaînement que par un ordre signé du roi , avec lequel le provincial des jésuites se présenta un matin pour prendre possession du collège des Arts. Notre Simon Rodriguès, ayant pris un empire al)solu sur l'esprit de Jean III, arracha de sa • faiblesse cette mesure, qui fut le premier pas pour assujettir rUuiversité de Coïmbre à la Société de Jésus*.
1 . Joachimi Perionii benedictini Cormœriaceni oratio qua Nlcolai Groscii calumnias atque injurias ostendit et refellit^ Paris, Thomas Richard, 1554; Aristotelis logica ab^encditissimis hominibus cori'' versa, avec un avis au lecteur par Guérente, et une pièce de vers du même à Grouchy, nouvelle édition donnée par Thomas Richard en 4561 : la première est introuvable.
2. Compendio historico do estado da Uniuersidade de Coimbra no tempo da invasâo dos denom inados Jesuitas , p. 3. Lisbonne,
Sic ifos non vobis. Ceux qui étaient venus de si loin pour doter le Portugal d'un de ses plus fameux établissements littéraires emportèrent cette récompense de la peine qu'ils s'étaient donnée ^ et le plus dur pour eux fut qu'ils en reçurent la grâce d'un ancien condisciple.
Teyve alla s'enterrer dans un canonicat qui lui fut donné comme fiche de consolation ^ Les Français retournèrent soit à Bordeaux, soit à Paris.