‹ Histoire de Sainte-BarbeChapitre 90 sur 117 · fol · texte numérisé non relu

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fuge de Calvi *. Cet élève était venu à Sainte-Barbe pour se soustraire à la rapacité du principal et du professeur de alvi, et en faisant cela, il avait obéi à un oncle à qui appartenait la surveillance de ses études. Il fut cité néanmoins devant le tribunal académique, parce que l'élève en philosophie qui était resté un an et un jour sous le même régent ne pouvait plus achever son cours sous un autre que celui-là. Quiconque manquait à cette obligation était réputé déserteur, et si Ton apprenait qu'il fut allé dans un autre collège, la loi prononçait la privation des privilèges universitaires contre le principal et le professeur qui lui avaient donné asile.

Plusieurs collèges de Paris (et Sainte-Barbe nous paraît avoir été du nombre) commençaient alors à avoir des régents spéciaux pour chaque année de philosophie, comme on a vu que cela se pratiquait à Bordeaux. Gouvéa vit Tinconvénient qu'aurait pour le nouveau régime le maintien de l'ancien statut ; il jugea qu'il était, temps de battre en brèche une coutume séculaire, mais en même temps il crut devoir ihasquer son attaque. La responsabilité gênante de ceux qui accueillaient les déserteurs ayant mis de son côté la plupart des principaux et régents de philosophie, Martimbos et lui se portèrent comme défenseurs de l'intérêt général. En celte qualité ils mirent opposition à la sentence qui contraignait de retourner à Calvi l'élève nouvellement reçu à Sainte-Barbe.

Nos deux maîtres manœuvrèrent avec l'expérience

1. Archives de T Université, reg. i 9, fol. il 5, i 21 et 151, novembre 1539 à mars 1340.

de plaideurs consommés. Ils firent défaut aux premières citations , puis comparurent à l'heure précise un jour que le tribunal était en retard, et ce fut pour se retirer aussitôt, après avoir pris acte de la négligence de leurs juges. Bref ils épuisèrent tous lés termes juridiques , de manière à lasser la patience de la partie adverse , et à s'altirer des injures, qu'ils firent entrer comme surcroît dans la cause. A la fin ils embarrassèrent très-fort le tribunal parce qu'ils apportèrent un nouveau moyen de défense, qui était le respect dû au droit des familles. Jamais dans les lois universitaires il n'avait été question de la volonté des parents ^ et cependant la raison, qui commençait à éclairer les esprits, disait qu'il y avait là quelque chose à prendre en considération. On saisit un biais qui se pré* senta. Le professeur de Calvi ne put pas administrer la preuve matérielle que son élève fût resté sous lui pendant un an et un jour, quoique cela fût de notoriété publique. La première sentence fut cassée, et ainsi Gouvéa, Martimbos et Hirigaray se retirèrent, ayant bel et bien gagné leur procès.

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