‹ Histoire de Sainte-BarbeChapitre 89 sur 117 · K0 HISTOIRE · texte numérisé non relu

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la besogne était partagée autrement entre Talon et lui; mais on comprend que ce n'était là qu'une affaire de convenance personnelle, qui n'empêcha pas le programme du cours d'être rempli à Sainte-Barbe aussi bien qu'à Dormans.

Si les raisons qui viennent d'être données ne sont pas jugées suffisantes pour porter le nom de Léger Duchesne sur la liste de ceux qui régentèrent chez nous en 1538-1539, nous alléguerons le témoignage de Duchesne lui-même. Dans un discours prononcé à Sainte-Barbe, en 1 557, ce professeur rappela, comme une chose déjà ancienne, qu'il avait eu sous lui les /^r/mani du collège; seulement, il se borna à louer l'attention, la docilité et la bonne tenue qu'il avait trouvées alors dans ses élèves \ parce qu'il n'eut pas besoin, vu la circonstance, de parler d'une association dont le souvenir était encore présent à toutes les mémoires.

Turnèbe et Léger Duchesne quittèrent Sainte- Barbe pour se rendre à Toulouse aux firais du cardinal de Châtillon. Quelques-uns prétendent qu'à son retour à Paris, eu 1544 ou 1545, Turnèbe aurait contracté un nouvel engagement avec les Gouvéa '. Cette opinion se fonde sur un propos de Nicolas Bourbon, qui mourut presque centenaire, du temps de Louis Xlll . Ce vieux professeur disait souvent qu'il avait vu Turnèbe , Buchanan et Muret régenter ensemble dans le même collège , et il ne manquait

i . Leodegarii a Quercu oratiuncula habita Parisiis^ in Athaoeo barbarano.

:!. Noies de Thomas Ruddiman à la vie de BocfaanaD, en tête de l'édidon des œuvres complètes.

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jamais d'ajouter que chacune des trois parties du monde se serait trouvée bien partagée d'avoir un seul de ces grands hommes. Leur rencontre doit avoir eu lieu effectivement après la rentrée de Turnèbe à Paris, attendu que Buchanan et Muret y vinrent de Bordeaux en ce temps^la, et que pour Muret ^ âgé seulement de vingt ans, et qui voyait pour la première fois la capitale, il n'est pas possible qu'il ait régenté à une époque antérieure en aucun de nos collèges. Mais il faut que Sainte-Barbe renonce à revendiquer pour elle la possession simultanée des trois illustres humanistes. Ménage, qui avait interrogé là-dessus Nicolas Bourbon , tenait de lui-même que cet honneur échut au collège de La Marche \

Sans sortir des noms qui ont marqué dans les fastes universitaires, on peut citer encore d'autres collaborateurs de Jacques Gouvéa le Jeune.

D'abord Nicolas de Martimbos, homme d'une érudition consommée , l'un des bons professeurs de philosophie de son temps. Originaire de Gournai, il appartenait dans l'Université à la nation de Normandie , qui le choisit pour son procureur à la fin de 1 539. Peu après il fut recteur. Il fit paraître , tandis qu'il enseigna à Sainte-Barbe, une traduction du traité d'Aristote Péri hermenias *. C'est le même dont il est question dans l'histoire des Églises réformées, à cause du bruit que firent à Senlis certains sermons où on l'accusait de trop favoriser les hérétiques. Il parait

i. Ménage, Antibaillet, t. I, p. 328.

2. Liber Aristotelis de interpretatione , Paris, J. L. Tisletan, 1 539, livre introuvable.

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effectivement qu'il crut à la possibilité d'accorder les deux communions; mais il abandonna cette idée lorsqu'il vit les tracas qu'elle lui suscitait. Il acheta par une amende honorable la grâce de mourir en repos *.

Jean Calmus, natif du val d'Àillan^ près de Sens % fut un bon humaniste, mais d'iin caractère pétulant et insoumis, qui Fempécha de se fixer nulle part et le rendit incommode dans tous les collèges où il fut engagé. On en trouvera des preuves un peu plus loin. Il n'employa guère son talent qu'à composer des pièces pour les représentations de collège. Il était pour le genre comique ; mais, au lieu de se traîner dans l'ornière des vieilles farces, il ressuscita, par l'imitation de Térence, la comédie de caractère.

Michel de Villènes, régent de grammaire, fut nommé procureur de la nation de France en 1538, lorsqu'il avait déjà gagné à Sainte-Barbe les prérogatives du quinquennium '.

Nicolas Hîrigaray, Basque, du bourg de Mongelos , régenta en philosophie à Lisieux, puisa Sainte-Barbe, où il faisait l'année de physique en 1539-1540. Il fut, comme le précédent , procureur de la nation de France *.

11 nous reste la relation d'un procès auquel il donna lieu pour avoir reçu dans sa classe un physicien trans-

1 . Launoy, Regii Navarrœ ^mnasiihistoria^ p. 737 ; Quboulay, Hlst. Univ. y t. VI, p. 965 ; Archives de TUniversité, reg, 19, fol. 429; Théodore de Bèze, t. I, p. 162.

2. Duboulay, Hist, Univ., t. VI, p. 398 ; ms. H. 2682 A de la bibliothèque Mazarine, fol. 18.

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