CHAPITRE XXX
MUfFAKAffim M IfOMMkATB POUR LA TRAMSUTION DU CORPS DE HAllfTIKSl^llill* »<" i|0|llU«S DS Chtumf Vlil À LA TIEME RO- KAlH&i
&(mM^9 h 9(m r^upda FroAQftti, fit faire de nou« vpUe$ fouUlâi» âm% la but de vetpcmYSP le tombeau dioe samt3 Pitfioi Urbain et LuoiuaJ On na taida pai à le déeoiiYfiPi Fiifi(^l l'avait placé sous le sarcophage qui QOntenfkit Tarobe d$) cyprès ou reposait Cécile. Les deux Pontifes étaient étendus côte à côte, mais en sens con-» twrOr Ia t^ du premier était dans la direction de la dlfoite de l'autel , tandis que celle du second se dirigeait à la gauche. Chacun des deux corps était dans son lin*- (mi partioulî^, gfondrate vénéra, avec une religion {wofoode, les restes sacrés de ces deux Pontifes Mar<iyrSj dont Tun avait été le guide de Cécile, et même son bdte dans cette maison sur Remplacement de la* quelle s'élevait maintenant la Basilique, et ces prédauses relique^ furent réservées pour accroître encore par leur présence la splendeur de la fête que Clément avait fixée au vingt-deux Novembre.
Mais avant cette solennelle journée , la piété de Sfondrate songea à prendra les dispositions convenables pour associer la postérité catholique aux joies qu^il
avait ressenties en contemplant TÉpouse du Christ dans son repos mystérieux. Un habile sculpteur, Etienne Mademo \ fut chargé d'éterniser par son gracieux ciseau l'attitude de Cécile dans le tombeau. Le dessin fut levé avec une religieuse exactitude, et le brillant artiste de vingt-quatre ans, inspiré par un tel sujet, dota la statuaire chrétienne de ce chef-d'œuvre de grâce et de modestie qui fait une des principales gloires de la Basilique Transtibérine*. Il voulut rendre jusqu'à la pose des mains qui attestait d'une manière si expressive la foi de Cécile mourante. Les trois premiers doigts de la main droite étaient étendus ; ceux de la gauche fermés , sauf Findex. Unité de la substance divine , Trinité des personnes : telle est la foi de TÉglise, tel était aussi le sens du geste symbolique qui témoignait, après tant de siècles, la croyance pour laquelle Cécile avait versé son sang.
Malgré le désir qu'on pouvait légitimement éprouver de ravir à cette tombe merveilleuse quelque portion de son riche dépôt, la dévotion de Sfondrate était trop délicate pour qu'il eût même la pensée de distraire la moindre partie d'un corps que la Providence divine avait conservé dans toute son intégrité, durant un si grand nombre de siècles*. Il voulut le réserver tout entier pour le jour
i n était né en 1576. C'est à lui que l*on doit plusieurs des magnifiques bas-reliefs de la chapelle Pauline, à Sainte-Marie-Majeure , entre autres celui qui représente le pape Libère traçant sur la neige les fondements de la Basilique Esquiline.
* Voir la gravure en tête de ce volume.
^ Sfondrato vchementer optanti, precanttque saîpius aliquid sibi rcliquiarum (\iua ronccdi , eum ex sacro corpore nemo , ac ne hum-
oit l'âine de Cécile, au son de la trompette aiigélique, doit venir reprendre possession de ces membres glorieux auxquels la virginité semble avoir déjà conféré les arrhes de Timmortalité.
La Vierge parut vouloir elle-même récompenser la pieuse réserve dont Sfondrate avait usé envers elle. Pour conserver du moins un souvenir vivant du touchant spectacle qui l'avait frappé, à l'ouverture du tombeau, le Cardinal avait cru pouvoir enlever une partie des voiles ensanglantés qui reposaient aux pieds de Cécile, dans le but de leur assurer la vénération qu'ils méritaient comme monuments de son martyre. Il distribua à la plupart des Cardinaux résidant à Rome des portions de ces linges sacrés, dans rintention de retenir pour lui la dernière. Or il arriva que sur le morceau échu à Sfondrate lui-même adhérait encore un éclat d'ossement détaché du crâne de Cécile, et collé à ce linge qui avait servi à essuyer les plaies de la Vierge expirante*. La grande scène de la
mus qnidem Pontifex ob maximam reyerentiam tollere ausus esset, ultro de eodem illi particulam benigna Yirgo obtulisse ac dpnasse visa est. Bosio, Reîatio invent, et reposit, B, Cœciliœ,
^ Nam cum ex linteaminibus tinctis sanguine , quse ad pedes jacebant (sacra etenim ossa nec ipse quoque tangere audebat) non nihil idem Gardinalis reciderevellet, quorum plerisque aliis purporatis Patribus particulae diviss fuerunt, ad eam quam sibi redddtMit partem sorte adhaerescens virginei cranii fragmentum accessit; de quo conjici potest, quod cervici proximum esset, ad triplicem Ictum camiûcis pêne recisum fuisse ; ita ut facile cum ejusdem vulnera linteaminibus illis, quemadmodum in historia traditur, a iidelibus abstergerentur , ipsa abstersione in eis f|t» \X9h\ t at({ue auferri contigerit* fiosio^ JW^
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salie du bain se retraçait tout etitiènre à la pëti^^ cpiand oA oonsidérait ce pi*édettjt gagé etit oyé pit Cédk à son zélé serviteur» On so représentait Mte tête ftthguste fracassée par les trois ocnips d0 là lai^ épée du licteur; la main tremblante de ({ttelqUe Amie de Gé6ile sondant avec les linges de «i profotideè blëêmMbê, et A légàre que fût la pression ^ enlevant des éélate d'os bri*> ses ) avec le saiig même dont elle voulait dégage h plaie. Sfondrate garda toute sa vie comme un Joyâtt inestimable ce touchant souvenir de la Martyre , qui le lui avait légué au moment où le sépulcre allait ie tefe^* mer encore une fois sur elle.
Avant ce moment suprême , il voulut àUMt , coimM dernière consolation^ retenir quelque ôhose des vête*^ ments de Cécile. Sans toucher à la tunique de soie qui recouvrait immédiatement le corps ^ il détacha Ull morceau de la robe tissue d'or. Ce fut sans doute dans cette circonstance qu'il osa^ avec un respect profond^ interroger Cécile elle-même sur les secrets de sa péni* tence , et il attesta avoir senti sur la poitrine de la Martyre , à travers ses vêtements , les nœuds du ciliœ qui f comme une forte armure ^ avait protégé les combats de la Vierge , et partageait maintenant ses honneurs i.
Nous avons dit que le chef de saint Tiburce avait été
> Sed et quemadmodum ipse Gnrdinalit se AAimadverUM Mê^ tatur» sub aureig vesUbus rigidum cUicU tegmen trtopltts MMSfls OBsibus bœresoenfl latebat» de quo ita Acta pamlonls eJtiBdéllR commémorant s CtÈoiHa vero tubtus ad carnem ciHiHo iné»ta desvper aura U»tii vestibus Ugtbatwr. Bosio. Relatio ttivenl. et reposit, B. Cœeiliœ.
DE SAmTE CÉCILE. 331
rénervé j^Àr Pa^idl , et placé dans une châsse spéciale, lôrs de Ift pmnière Invention^ en 9i{. Sfondrate crut devoir imiter cet exemple ^ et avant de fermer le tombeau ob reposaient les trois mart^frs , il enleva la tâte de répmix de Céetle , pour la réunir à celle de son IWiPB. Il fit de méttie pour le chef de saint Maxime , a&ii que lé trésor de la Basilique offrit du moins à la vénârôtion des âdële» la partie principale des trois corps qtt^avarâlit saitetiAé Tépoux , le fi^ère et le disciple de Cédte.
Lô oercttell de la Vierge avait été , comme nous Pavons dit^ déposé dans une salle située à l'extrémité supérieure de Ift nef gauche de TËglise , d'où l'on pouvait l'apercevoir à travers une fenêtre grillée qui ouvrait sur la basilique. L'estrade et l^arcfae de Cyprès fur^t revêtues de tentures de soie rehaussées de broderies d'or; de riches candélabres^ de nombreuses lampes^ des fleurs d'or et d'argent^ ajoutaient un non veau degré de magnificence à cette décoration. On s'abstint de brûler des parfums près du saint corps y parce que y selon le rapport du témoin irrécusable auquel nous empruntons tous ces détails^ une délicieuse odeur de roses et de lis émanait sans Cesse du cercueil de la Vierge^ et semblait embaumer le sanctuaire où il était déposée
Rome s'ébranla tout entière, au bruit de tant de mwveilles. Deux mois ne s'étaient pas écoulés depuis
^ Nec tbyniimatai aut tiutfà tdolerl neoessB fuit) eoffl %k ipaius Virginia sancUssimo corpora admirabiUs ae dlviaiM » ^ualis roMffùtn est et lilionim, odor suavissitnds exapiraret. Boiio, Be-
le jour où elle avait vu conduire à Téchafaud la célèbre et coupable Béatrice Cenci^ et les émotions de cette terrible journée n'étaient pas calmées encore. De plus douces impressions allaient succéder à celles qui avaient si violemment agité la ville ^ au jour (c^était le il Septembre) où la justice du Pontife fit marcher au supplice la belle et noble romaine. Jamds contraste plus éloquent ne s'offrit aux sympathies de cette popor lation ardente. Béatrice expiant sous les coups redoublés de la hache du bourreau le parricide dont elle s'était souillée , et implorant avec ardeur le pardmi du ciel, aux yeux d'une multitude enivrée de sa beauté , et prête à s'insui^er pour l'arracher au trépas; Cécité^ innocente et pure^ frappée aussi à plusieurs reprises par le fer du licteur^ expirant avec calme , sous les regards attendris des fidèles y et laissant une mémoire suave comme le parfum qui s'exhale en montant vers le ciel. Cette double scène dut se présenter mille fois à l'imagination des Romains ; mais si la mort de Béatrice apprenait comment peut mourir pardonnée la pécheresse repentante, la mort de Cécile était là pour montrer combien est douce la voie par laquelle l'âme éprise de l'amour du Christ s'élance vers lui , à travers les angoisses d'un corps offert en sacrifice à cet amour.
Dans les jours qui s'écoulèrent jusqu'à la Translation, le concours des fidèles fut prodigieux. On sévit obligé de réclamer le secours des suisses de la garde pontificale pour maintenir l'ordre, au milieu de ce débordement de la population romaine sur la Région tFanstibérîne, Plus d'unç fois , Sfondr^te, qui seiDbMt
avoir fixé sa demeure dans la maison de Cécile^ faillit être écrasé par la foule
Les princesses romaines et les jeunes patriciennes se distinguèrent par leur assiduité à venir rendre leurs honunages à celle qui avait vaincu toutes les séductions du monde ; mais rien ne pourrait rendre Tallégresse des religieuses du monastère de Sainte-Cécile^ gardiennes d'un si cher dépôts et qui ne savaient comment tàodoigner à la puissante patronne leur reconnaissance d'avoir été choisies pour être les heureux témoins de sa dernière manifestation. Les vœux^ les chants, les larmes de tendresse^ tous les empressements d'une cour assidue, rien ne pouvait satis&ire leur besoin d'exprimer à Cécile le bonheur que leur causait sa présence au milieu d'elles.
La plupart des Cardinaux vinrent apporter le tribut de leurs hommages à TÉpouse du Christ, et Clément Yin, ayant enfin recouvré la santé, accourut à Frascati pour se prosterner à ses pieds. Nous laisserons Baronius raconter l'entrevue du successeur d'Urbain avec la grande Martyre du troisième siècle.
«Clément se rendit, accompagné des Cardinaux, à » l'Église de Sainte-Cécile, pour visiter et vénérer les » dépouilles sacrées de la Vierge et Martyre. La planche » mobile de la châsse de Cyprès ayant été levée , le » Pontife vit et vénéra ce corps digne du respect des » Anges mêmes, et lui ofirit un hommage plus pré- » deux que l'or et les pierreries, des prières accom- » pagnées de larmes qui marquaient Toffîrande même »de son cœur*. Il célébra ensuite, en l'honneur de
* Ubi ciim adesset (Clemens), educto operculo cupresBinae
S3a HISTOIAB
» la Martyre y le sacritice non Sanglant dti corp» de ib^ » sus-Christ, se réservant d'adCJoiht)!!!» des aetes plife 9 solennels de i^llgion^ ett la Fête de daiiilë Cecile qui » approchait, tel fat ce jotiNlà l'hommage oflfert k h » Vierge par un A grttttd Pontife.
» Mai» ce qui feemtimande paisdesi^Uë tQilt Ift nHK » destie de Cléineht, c'est qu'il lie votildt paft , tâalgré « les invitations qiii lui en fhrent faites y ëcmlever 1^ 0 tissus qtd couvràietil le corps de Itt Vier^ ^ ni le Wtb- » sidérer à découvert^ dahs Tétat où la tnôrt et (tot x> de siècles ra?aieht réduit ^ le satig épâtiehé daite ee 0 tombeau rappelait trop cette chaste rbugèuf, gtf^ h dienne de la modestie virginale. Il pensa qu'il Itii » suffisait d'avoii* ree(mmi les membi^ de Gédlé ^ à
illius caps», venerandum quoque Angelit sanetisaiiii» ipiiiu corpus iis qus dixinlus (ut positum fuerat a Pascïiali Pontifice) opertum veits vidlt, et venétatud éstj atqiie el tune quàm ééifet olnnl aurd^ geittmisque esse grâtiorebi oblatlotiéinj pfeesél tibtulit ) una eum lacrymis oblaUonis cordii indiclbus. AafimiKi, ed an. 821 , no xxv.
L'émotion du Pontife, à l'aspect des restes de Cécile , est un nouveau trait de cette sensibilité dont il donna si souvent les preuves les plus touchantes , dans tout le cours de Sa Yie. Ces larmes d*iitl vieiUard sévère, mais dont TAme était plelilè d'ane ineifable tendresse » rappeUent le brisement de cœur àuqnel il fut en proie , lorsqu'il dut envoyer les Cenci à la mort. Il s'absenta de Rome le jour où Béatrice, sa belle-mère et son frère, devaient marcher au supplice. Tfols coiips de canoti lui anhoncéfênt que ces trois têtes coupables allaient tomber sous le glttite de lé justice. Les victimes savaient qu'à ce moilient , le PcmtlflB devait étendre la main , et répandre sur elles l'Indulgence Apostolique pour l'article de la mort. Cet acte de charité paternelle accompli , Clément Vltt tomba sans connaissance entre les bras des prélats de sa cour.
» travers les voiles qui leii environnaient^ et d'ftvoir 1» 1« la» qitfotilèreâ gravés près du sépulcre et oon- » serves par la protection divine ; en un mot d'avoir » trwvé toutes choses conformes à ce qUi est é^it sur » h diplôme de Pasohal ^ Clément vénéra i^isttité ses » filants prédécesseurs > les P^ses Urbain et tudus ^ set les JMartyrs Yalérien, Tiburce et Maxime^ dont 9 ça ouvrit^ pour un mûment^ les tombeaux spus ses 9 ^eiix. s
JLe pontife ne pouvait se laisser surpasser en munifieenoe par un Cardinal» et il s'apprêtait à <^ir à Cécile ^ daÂs la solennité de sa Translation^ un présent digne d'elle et du Siège Apostolique. A peine avait«-il reçu à Frasoati le rapport de Sfondrate et de Baronius qui étaient accourus lui rendre compte de l'heureuse découverte du tombeau de Cécile y qu'il comprit aussitôt que c'était à lui-même de signaler^ en cette occasion t sa religion envers la Vierge dont l'Eglise Romaine se glorifie d'être l'humble cliente. Il exprima d'abord l'intention de &ite exécuter en or la châsse qui devait renfermer le corps de Cécile ; les deux Cardinaux l'en dissuadèrent^ en lui représentant qu'un si ridie objet 9 enfoui loin de tous les regards ^ pourrait tenter
1 Sed ejus plurimum in eo commendata modestia fuit quod invitatai luset , noluit reductis velis , nudum tirglni^ coirpus quantnflilftet 49\tiicc&tam Inspicere , cul esse videretur loco ruboris eustodlB verecundiœ Tirginalld , âanguis a&persQ& ; satis ad fidem esta Bolens , membra sfngula cognoYisse pet sappo&tta vêla, atque vidisse a praedecessore inscripta Bepulchto atque descripta diplomate signacula illsesa reperta, atque dlvinitusconservata. Bosio» Relatio invent, et reposit, B. Cœciliœ»
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la cupidité. Clément s'arrêta donc à une chftsse en argent, en forme de tombeau^ d'une dimension suffisante pour recevoir Tardie de cyprès.
L'orfèvre chargé du travail fut en mesure de présenta son œuvre au Pontife avant le jour fixé pour la Translation, n avait employé deux cent cinquante et une livres d'argent, et le prix qui lui fut compté pour le travail et la matière s'éleva à quatre mille trois cent quatre-vingts écus â'or. Une étoffe de soie couleur de pourpre tapissait l'intérieur de la châsse y et des étoiles d'or sentes sur les parois extérieures en &isaient comme un nouveau ciel j selon la poétique expression de Baronias , qui compare l'artiste dont la main avait exécuté œ beau travail à Béséléel^ divinement inspiré dans la fabrication de l'Arche d'alliance et du Gbanddier d'or^
Le dessin était du reste fort simple *; quatre têtes de chérubins dorées occupaient les angles de la partie supérieure de la châsse. Les armes de Clément "VIII, avec la tiare et les clefs, le tout richement doré, étaient relevées en bosse sur les flancs de ce vaste coffre d'ai^ent hermétiquement fermé de toute part. Le couvercle mobile qui complétait l'ensemble portait gravée cette inscription :
< In qua elaboranda , instar Beselehelis inspirât! divinitus enituit industria excellentis opiflr.is , qui veluti alterum cœlam corpori, eu jus esset in cœlo anima, fabricans, tliecam illam steliig auri fulgore micantibus exornavit. Baron%u$, ad. an. S2i , n»xxv.
> Voir ce dessin dans Bosio, page 168.
COaPTS s. GAEGILIAE VIRGIMIS ET MARTTRIS A CLEXENTE VIII. FONT. MAX. INCLYSYM ANNO M. D. IG. PONTIF. VIII ^.
A la vue de ce magnifique objet d'orfèvrerie^ la pensée se reportait sur le sarcophage de Gsecilia Metella^ si âégant, si grandiose , mais vide, et laissé sans honneur sous le portique d'un palais. L'opulente épouse de Grassus avait traversé le monde au milieu de toutes les joies qu'il ofire à ceux qu'il favorise; le monument que lui éleva son époux ornera durant de longs siècles encore l'antique Voie Appienne ; mais le souvenir de C80cilia MeteUa ne fera jamais battre le cœur; nul ne s'est jamais inquiété du sort des ossements qui reposèrent dans son sépulcre, objet d'une froide et stérile curiosité; tandis que la Cécile chrétienne, cherchée avec tant d'amour sous les voûtes funèbres des Catacombes, saluée avec tant d'enthousiasme chaque fois que sa chaste et sainte dépouille reparaît aux yeux des fidèles, marche , pour ainsi dire , de triomphe en triomphe.
Telle est, encore une fois, la gloire incommunicable des Saints. Mais , ici , les symboles du sépulcre parlent aussi leur langage , et nous montrent le contraste des deux Cécile. Le sarcophage de la première demeure exposé aux injures de l'air ; personne ne songe à le renouveler par un sentiment pieux; son ornementation ne dit rien à l'âme : deux têtes de cheval sortant du mi-
*■ Le eoTps de sainte Cécile, Vierge et Martyre , renfermé ici par dément VI11 , en l'an 1599, S* de son pontifleat.