‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 5 sur 65 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

Heureux quand ils ne se scandalisent pas des démarches du zèle , quand ils ne désavouent pas ceux qui croient devoir encore parler et agir, quand ils ne vous adressent pas cet axiome de Tégoïsme , que le mal est trop grand , et qu'on a assez à faire de songer à soi I

Où en serions-nous aujourd'hui si le cœur des premiers chrétiens eût été aussi glacé que le nôtre, s'il n'eût été pris de cette immense pitié, de cet inépuisable amour qui leur défendit de désespérer du monde , au sein duquel Dieu les avait déposés pour être le sel de la terre *? Chacun alors se sentait comptable sans mesure du don qu'il avait reçu. Fût-il libre ou esclave, connu ou inconnu , lout honmie était l'objet d'un dévouement sans bornes pour ces cœurs que la charité du Christ remplissait. Qu'on lise les Actes des Apôtres et leurs Épîtres , on apprendra avec quelle immense activité s'exerçait l'apostolat dans ces premiers jours , et l'ardeur de ce zèle fut longtemps sans se refroidir. Aussi les païens disaient : « Voyez comme ils s'aiment ! » Et comment ne se fussent-ils pas aimés? Dans l'ordre de la foi, ils étaient fils les uns des autres.

On verra quelle tendresse maternelle Cécile ressentait pour les âmes de ses frères, par cela seul qu'elle était chrétienne. A la suite de son nom, nous pourrions en enregistrer mille autres qui attestent que la conquête du monde par le christianisme et sa délivrance du joug des dépravations païennes , ne sont dues qu'à ces actes de dévouement opérés sur mille points à la fois, et produisant enfin le renouvellement universel. Imitons du moins en quelque chose ces exemples auxquels nous devons tout Perdons moins de temps et d'éloquence à gémir sur des maux trop réels. Que" chacun se mette à l'œuvre, et qu'il gagne un de ses frères; bientôt le nombre des fidèles aura dépassé

« Matth. V. 13.

X PflÊPÂGfi;

cëlUi mi ihcrtàjfmtb. SûnH doute » ee tèle ii'ësl pas éteint i il bt)dfë dans plusiëUri») et ses fruits réjouissent et ëeiH soient rÉglise ; mais pourquoi faut-il qu'il sommeille i^ profondément dans Un si grand nombre de cœurà que Dieu lui avait préparés t

Là ëàUsé eii est ; liéltls 1 à Id froideur Kénéràle^ produit dé la mollesse dëëmioéUrs^ et qui donnerait ft elle seule le tyjpfë de répoque « s'il ne fallait encore f jUindre un aûti*e Sentiment qui prodède de la même sourbe i et suf^ firéiit^ s'il était dé longue dUrée^ à rendre incurable Vûf bâissemënt d'Uiie tiàtiOtt: Gë Sentiment est la peur, et Ton peut dii'ë qu'il l^'étend aujourd'hui au dëlli de toutes bbUièds PôUi* de perdre ses bienâ oii ëes places \ peur de përdf é ëou luië ëU ëes aises ; pëur enfiU dé perdre la viei Il h'ëst i)àë besbiU de dli^ë quë rien n'est plus ônerranti et partaUt plus dàngeretijt pbUi» ëë mbndë que cette hu-» miliantë préocciipàtioil; maiiâ avâtlt tout, il faut conrenir qu'elle n'a rien de chrétiett; AUrtons-ûous oublié que nous ne sommes qiië voyageurs feùr l;ette terre, et l'eèpéraneô des biens futurs sëràit-ôlle donc éteinte dânë tlos cœurs? Cécile nous apprendra comment on se défait du sentiment de là pëUi^i Au temps où elle vécut , là vie était mbins sûre qu'aujourd'hui» Alors on pouvait bien avoir qdelque raison de craindre; cependant on était fermer et les puissants tremblèrëUt souvent à la voix de leur victime.

Dieu sait ce qU'il nous résèWe ; mais si bietitôt la peur ne faisait plaëë à un sentiment plus digne de l'homme et du bhfétieiii la crise politique ne tarderait pas à dévorer toutes les existences particulières. La persécution religieuse peut suivre ou accompagner ce dernier triomphe du défebï*dre. Lés cris d'uiie impiété sauvage s'uniraient poUr la réclamer aux phrases st^titimentâles de \h secte sensualiste. Sommes-nous prêts? Le catholicisme n'a-t-il pas dégénéré en France? Les faits le montrëraiëUt

PtlÉWdk. xi

dilbl qti'il aWl\fe , l'iîétife e§t vëiitiè de ràpprêhdi^e îiôtre !i{stoii*é. Là leÇoâ Ûe iëta. pas perdue, si nous arrivons k éampf^eh^ë (5ecl : àVëd là t)eul*, les préiriiéfs fchrétieils ilotis euâsètlt trahie, «ai» là î^àrtilé dé vté île ttt pas àfflv^é jusqu'à ilbtis; aVec là J)eur, nous trahirîôiis lesgénéfâ=' tîotis à nnit qui âttetident dé tïôUë la tfansiilissîôn dii dépôt qtie ilbuâ avons f eçii de iioi^ pères.

Ciês i*éflëticitlg &é sont Souvent présentées à nous danâ le fcôtlf^ de lioit-é tfâvàil, et nous les ôffrôùs, sî banales (jtl^eiles soient, â iltis lecteurs catKoîiqùes. Oûàhi àiix àùti^es, elleâ ne lëùf paraîtraient pas moins étranges que lé HVl*e iùi-inêffié. Ils se vantent de vivre dans ce qu'ils appellent le positif; notre langage né leur saurait donc ètl^ ni agi'éablé, ni côinpréliéhsibie ; car nous ne tenons pour positif qtié ce t[iii est éternel, et à moins que Dieu ne l6ë édialre, ils semblent résolus dé n*en faire £lucun côihpté.

Nous devons taàintenaht quelques détails àur cette histdife. b*àbord, nôu§ conviendrons sincèrement (Qu'elle fi*à rien dé neUf. Son but est de raconter, pour la centième foîé, la Vie, les actions et la mort d^une des plus illustrés hèfôîiiés dé notre foi. Néanmoins, par un concours de circonstances que UôuS expliquerons, il est advenu t|tlè le noîn de sainte Cécile, demeurant en possession dé i*éveiller certains souvenirs poétiques et aimables , la vie inêîne de la sainte est presque universellement Ignorée aujourd'hui. Peut-être notre récit y gagnera-t-il quelque chose en intérêt, et les scènes sf hautement dramatiques qu'il retrace sembleront -elles d'autant plus attachantes qu'elles sont moins familières.

L'histoire de sainte Cécile a été victime d'un système déplorable trop longtemps appliqué aux vies d'un grand nombre de nos saints. Nous aurons à raconter les causes qui amenèrent dette crise funeste dans la littérature chré-

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tienne ; quant à ses résultats , nous en sommes témoins tous les jours. Nous ne savons que trop aujourd'hui ce qu'on a gagné à suspendre la lecture de tant de beaux et saints récits qui faisaient comprendre et goûter TÉvangile à nos pères. Nourris dès l'enfance par le suc vivifiant des exemples de tant de héros dont la vie forme le magnifique commentaire de la doctrine du Christ , les plus pures notions de toutes les vertus reposaient en eux; initiés à tout par le souvenir de ces saints qu'ils étudiaient sans cesse et qu'ils aimaient, ils n'auraient eu garde alors de se méprendre sur l'esprit du Christianisme, au point d'aller chercher dans l'Évangile la sanction des faiblesses et des passions de l'humanité.

Nous nous sommes efibrcé de rendre avec une entière fidélité les scènes admirables que nous avions à décrire, et si parfois il a fallu , afin d'unir les diverses parties du récit, suppléer aux intervalles que présente la narration originale, nous avons la plupart du temps déduit ces détails, par d'évidentes conjectures, de l'ensemble même des Actes de la sainte. Dans quelques occasions, nous les avons empruntés aux monuments non moins irrécusables que l'ouverture du tombeau de sainte Cécile a révélés jusqu'à deux fois. La topographie de Rome, les peintures de ses Cryptes, les mœurs chrétiennes du troisième siècle, si éclairées par Tertullien et par les Actes authentiques d'un grand nombre de Martyrs , les usages de la société romaine au sein de laquelle ont vécu nos héros, nos propres études suivies avec persévérance sur les lieux , nous ont fourni le complément qui nous était nécessaire pour mettre en œuvre les notes de l'historien primitif.

Une traduction pure et simple de son récit n'eût pas rempli notre but qui était de faire complètement connaître sainte Cécile ; il nous a semblé que le biographe d'un saint avait 1^ mômes drpits que tout autrç histo-

PRÉFACE. Xm

rien, et qu'il n'exagérait point son rôle, si quelquefois, au défaut des renseignements positifs, il suppléait à Taide d'une vraisemblance justifiée par les monuments. G*est ainsi, par exemple, que nous n'avons fait aucune difficulté d'attribuer à la famille Gœcilia Metelia l'honneur d'avoir produit notre sainte Martyre. On sait que cette race, si glorieuse déjà au temps de la République, existait encore dans Rome sous les empereurs du m* siècle , et que le nombre de ses membres était très-considérable. Les Actes de sainte Cécile nous apprennent qu'elle était d'une illustre famille de Rome ; nous avons pensé , avec Bosio et d'autres érudits , qu'on était en droit de la rattacher à la famille historique que le nom de Cœcilia désignait sufllsamment

Le plus souvent qu'il nous a été possible, sans trop multiplier et prolonger les notes, nous avons donné au bas des pages les principaux traits des Actes de notre sainte. On est aujourd'hui si peu au fait de ces monuments primitifs des mœurs chrétiennes que plus d'un lecteur eût pu croire que nous avions embelli l'action, et fait parler à notre gré les personnages dont nous avons simplement traduit les dialogues et les discours. La narration de l'historien primitif laissait à désirer sous le rapport de l'enchaînement et. de l'explication des faits ; nous n'avons d'autre mérite que d'avoir essayé de la poser dans des conditions intelligibles pour ceux que la simple traduction des textes originaux , avec leurs lacunes et leur facture souvent inculte, ne pouvait intéresser. Il nous a semblé que c'était le cas d'appeler à son secours les ressources de la science des origines qui , sans altérer la vérite, double les moyens de l'histoire.

Nous eussions pu terminer le récit à la mort de la sainte ; deux raisons nous ont porté à le conduire jusqu'au temps présent. D'abord, U nous a semblé que les deux

m pHÈHfck.

dêëotiVeim dH tdffibéâit dé éàiiiteeédlë, àti ti^ et ftil xvi« siècles, qui dlit jeté tâiit de luiiilèffe Sur iSâ tie, appartenaiëîlt à son histoire , et que là |)ei*iiiatiëtide dé èâ maison transformée eh Église , semblait eu quelque injU ûière prolonger son existence jusqù*â liôs Jotirô. NôU^ tlë devibné pas priver le iëdteur* de tant de détaîîâ d(l pltiS haut intérêt;

Èti Second lieu , et c'est nû eârà8téi»e ^Uè CêdlS pôS^ sêde encdmiiiUii àvëd plusieurs âutrës salhilS, màfe ^dë la maîtl de Dieu sëfaibie dvdît* empf eiht ëh elle pluâ prô^ fbtidémétlt qù'ën la plupart des àiltrëà , la Vlë dé§ MM du christianisme éUr là terl-e hé fe'âi'rétê Jamais âù Jbdf de leur itiort : elle se cbtttiilUë dans llnflUënee qti'lli^ exercent, dans les prodiges dont ils brillëtit, dans là 6611a flahce si ardëUte du peUplé Adèle, dans lëâ hiôtiùmôhts qu'on leur dédîë, dans riUèpirâtîoli dbUt ils s6ht la èdUWë poUr la poësiie et les arts. La gloife des saints est la éeUlë gloire populaire j leUt*s nbfaiâ portéi§ i)ât' toutes lés êëîlérations survivent aux tévolutlonâ et àhx empires ; sdUVêlit même ils se lient Indissolublement à Thistoiré des peuples; Les héros profanes feoUt Vite oubliés , et si quelques floms bnt lé pHvîlégô dé SUi»Vlfl*ë; radmîi*àtiotl ^\ï^Ûi Inspit^ent est froide et s^éténd pëU : plus i*arétaent èncofë ils sont aiîîiés j et sotigeà-t-bù jamais â les invoquei*f t*bUi* raconter Tathoui* dés ëhrêtiéns ëUVéfs Cécile, 11 tlbU§ fallait paréoudi* seine ëièdies, et dânS tout le coUhè dé notre marche, UoUë ii*âvôii§ fait ^ué dëfastâtei» un pei*pÔtuel trtotophéi

Cependant i à notice f*éti^ét. Il fiôU§ â ftlUu ùu mbmeilt nous arrêter», et livrer qUelqUéS bbihbàts. il y a bientôt deux siècles, la gloire de Cécile porta ombrage à l'orgueil de certains cHtiques : ils bsèrétit cOntéstét» la valeur historique d'un personnage si vénéré dans toute l*Église, et plusieurs lés écoutèrent. Nous avons dû enti^i» dans bette

«ôfifKvëné m m m méinë tëttpâ hà iâctdëât f)i«pi*â & dàfàfctëriSeï* le xrll* èîècle. il t'était pas ém Itnpbrtânëè de nibîit!*eJ- éii àctîdn, tiah^ sdh début, dfe gènîë rktidfiâliste àuijtiel nous devons tous nos màuX, et dont les i)i^éinièrës mànlffestatldrlfe acceptées àveb faVeUr préjiaf èrëlit ItlSfendblëtiient les esjirità à entétidrë contester, non plilS sétilëiilent les {)îëiiic et gfaveé SoÙVëtiiî's de rhîstdirê chrêtiëûiië, înâîs Jusqu'aux lîVl»ëô skcrês qui , Wtëi^prétêà par rÊglise; èdht là basé lUvIdlable de nbà sociétés civiîiséeé:

Noùi^ aUridni^ pU ddtifliiëF tëtté fJoiémique âs^eîl etliiùjréUi^ë dans une dissëhatidti spéciale , â la fm dû Vdlumë \ mai^ Il Ubuë a Sewblé qu'elle faisait cdl't)s âVéc rbdvi^e lulî^inêlnë, jJùisqU'eile coi'rëspdtid â run dëlb itlcidents p?iilcltJàUi de rkiàtoit^ë du culte de sàirite fcêcilê; Après tout, si ëëtte discussion iiWpas agréable à suivre, on deiUetifë tdujout's libre de ne pas s^ën occuper. Nous avdUfe ciiëf*blié à eh facîlitéi* là lecture éii établissant dès Tabdi^d lé i^èclt dé Inâiiièf ë k fournir àii lëcteUr toutes lès notion^ hÔbe^Sai?ës {îoUr èâîi^ir exactement le riœiid dé la question. SI bri vëUt nous àuIVrè jusqu'au bout , on prendra du moins Wdêé des éléments dont se composé une thèse hagiographique.

Nous serions heUréùx sî cet essai de réhabilitation d*uhé de nos plus admirables histoires chrétiennes pouvait servir à élargit^ la volé, et p^éparei» d'autres travaux dû même genre. Le bel ouvi'à^é de M. l'abbé faillbn, sur saiute Marle-îMâdeleîne, est uii graiid exemple et un puissant encouragement pour les amis de la gloire des saints, et nous ne ërâignbhs pas de dire qu'il y a urgence pour la science ëatholiquë de diriger de plus en plus ses efforts de ce côté.

Les catholiques d'âUjourd'hUî sont, il faut l'avouer, jàblûé éiicliilS à cette téndaUcè âii ràtlônidisme 4)ii régna

XVX PRÉFACE.

en souveraine, sur les matières hagiographiques, durant les deux siècles qui viennent de s'écouler. On ne se scandalise plus de la vie des saints ; on est même avide des récits merveilleux qui la retracent Mais cette ardeur recèle un danger; car elle est aveugle. Avec ce mot de légende qu'on a détourné de son sens traditionnel pour le prendre désormais dans Tacception que lui ont donnée les protestants d'Allemagne , plusieurs d*entre nous croient pouvoir décider de tout quand il s'agit des vies des saints. Ils les goûtent assurément, ils les recueillent, ils en font des articles de revue, ou des feuilletons; mais ces récits ne sont à leurs yeux que des fictions innocentes d'une gracieuse et sainte poésie; en un mot, il ne les croient pas. En persévérant dans cette voie, notre siècle, passionné comme tous les siècles faibles, et avide de sentir bien plus que de se rendre compte, finirait par perdre de vue Tessentiel argument que TÉglise catholique emprunte de la permanence des faits miraculeux dans son sein, faits annoncés et promis positivement par Jésus- Ghrist, et à l'aide desquels cette même Église apparaît sainte et divine. Enfin , on lui enlèverait cet autre caractère où brille encore sa note de Sainteté, et qui consiste à produire constamment des héros dont les vertus surhumaines sont un indice de la sève inépuisable que Dieu a mise en elle, et en même temps le fanal à l'aide duquel le commun des chrétiens se dirige dans la ligne du devoir, en cherchant à réaliser, selon l'humaine faiblesse, ces types sublimes que chaque siècle nous apporte comme encouragement

Nous n'avons garde de nier, assurément, qu'il n'existe (le fausses légendes; si nous l'ignorions, l'Église nous l'apprendrait par le blâme sévère qu'elle a lancé contre les téméraires qui, plus d'une fois, ont osé employer le mensonge à célébrer les héros de la vérité. La consé-

PRÉFACE. XTII

quence est qu'il faut distinguer la Légende vraie de la Légende fausse , et ne pas confondre dans un goût plus ou moins enthousiaste les œuvres d'une crédulité puérile ou de Timposture , avec les graves monuments de la puissance de Dieu dans ses saints. Or, Tétude seule, et Tétude sérieuse, peut mettre en mesure de faire ce discernement.

Nous pensons , et nous le disons sans détour , avoir mis les Actes de sainte Cécile hors du nombre des pièces fausses ou embellies. Il nous semble évident , après les preuves que nous avons réunies en leur faveur, que pour être en droit de rejeter ces Actes , il faudrait renoncer à toute certitude historique et se jeter dans des contradictions palpables. Si nos lecteurs en demeurent convaincus, si surtout ce livre , écrit avec une prédilection que nous ne dissimulons pas , peut servir à élever une seule âme vers le bien suprême, nous ne regretterons ni nos fatigues, ni nos veilles dépensées sur un sujet qui, depuis longtemps, nous est cher.

Peut-être quelques lecteurs avides de détails trouveront-ils notre récit trop bref pour retendue de la carrière qu*il parcourt; mais outre que nous Pavons écrit dans notre solitude avec les seuls matériaux que nous fournissaient nos livres , nos notes et nos souvenirs , nous avons craint, en allongeant davantage cette monographie, de la rendre moins attrayante pour le grand nombre. Telle qu'elle est , elle est propre, ce nous semble , à faire sentir tout l'intérêt que peut offrir la vie d'un saint des premiers siècles conduite jusqu'à nos jours. Quant au luxe typographique et aux accessoires qu'il entraîne avec lui , nous ne nous dissimulons pas que la nature du sujet eût aisément comporté quelque chose de mieux que ce que nous présentons au public. Notre excuse est dans les circonstances de temps au milieu desquelles nous donnons ce livre. Quand on écrit sous la tente, on n'a pas toujours

Xtm FÉÈPAJCk.

ses dse^; mate hùtïd seHons hetu^ux qtie le fbiid pAt mipptéôr à là foime.

PdUfQiiôi fktti-fi qd^en aehêVàfit là iiéâàctioii de cette lilBtoii*e, ébatidbée â Rome avec tant de bonheur, nous sentioùâ notre cceut* se serrel*, et nos sotiVetiii^ les pltis délicieux s'assombrir à la pensée des mallieurâ atiiqùels est étl proie la ville où vécut, ôà soutfHt, où rel)ose notice Invincible Martyre f A cette héui'e tnêmô, la cité de saint Plerfe est livrée â l*hUtnîliatioti et & là terrétrf; le Poiitifé, pour qui Dieil Ta conservée et fendue étefneîlè, est fugitif loin d'elle. « La fille de Slon à pétdH toute sa » beauté î elle a péché , et pour cela elle n^a plus aucune h consistance. Danë sa colère, le Seigneur a enveloppé » d'un nuage toute là gloire de la fille de Siôn ; du haut » du ciel, il l'a lancée contre tei're, et datis le jour de sa » fureur. Il semble né plus se souvenir qu*elle est Tesca- »> beau de ses pieds *. » Seul il sait combien de teifips il veut abaisser ainsi la nouvelle Jérusalem , si souvent Ingrate , dans le passé , enVefâ CelUÎ qui lui donna totljotirs la pài* et la feloil*e.

En dédrtvant tant de nobles sëènes dont ftomë fut le théatf e et qtll tittùs t'et)ortàient à un passé ^i difféfëiit de de que nous avons aujourd'hui sous les yënx , t)lus d'une fdis la plume est toinbêe de nos ttiàins , et ildils eussions attendu des temps mellleui*s fjoiii* r'edit'é les hiërveilles de la piété romaine , si là pensée de Cécile , protectrice de Home, n'eût ràlilmé notre courage. Pourrait-elle oublier sa patrie, laViôfge, l'Apôtrë, la Martyre dont la gloire est toute romaine? Elle veille pour le salut et la délivrance de son peuple , dans sa Région transtibérine , comme la Reine du cîel veille sur son Ésquilin , comme Piérte veille ati pied du Vatican , comme Paul veille sur la Voie d'Os-

' létein. threh. 1. 1. 8. ii. i.

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