‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 4 sur 65 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

râlé dans Tindiviciu, et èh même temps le grand ressoi% dé la société humaine. Pôiir en avbir éteint le sentiment , Pancién inonde s'en allait en dissolution ; lorsque le fils de la Vierge parut sur la terre, il renouvela et sanctionna ce principe sauveur, et les destinées delà race humaine prirent un nouvel essor.

tes enfants de TËgiise , s^ils méritent ce nom , goûtent cette doctrine , et elle n'a rien qui les étonne, les oracles du Sauveur et de ses Apôtres leur ont tout révélé, et les annales de la foi qu'ils professent leur montrent en action , k chaque page , cette vertu féconde à laquelle tous les degrés de la vie chrétienne doivent participer, chacun dans sa mesure. Ce n*est donc qu'un exemple de plus que nous proposons à Tadmiration de nos ifrères, en leur offrant l'histoire de sainte Cécile. Mais la leçon est éclatante, et tous les siècles chrétiens l^ont célébrée; ils ont fait plus, ils l'ont acceptée sans étonnement, et même avec une riohle reconnaissance. Aussi que de vertus Cécile a inspirées, t^ue de courages elle a soutenus, que de faiblesses ^on souvenir a prévenues ou i*éparées i Car telle est la pùîssàhcë dé inoralisatîoh que le Seigneur a placée dans ses saints, qu'ils n'influent pas seulement par ï^imitatiôii directe de leurs héroïques Vertus, mais aussi par lés inductions que chaque ddMe est à même d^en tirer pôiîr sa situâtîdii particulière.

Le second caractère qiie présente à étudier la vie de sainte Cécile est cette ardeur de zèle dont elle éàt demeurée l'un des jplus admirables modèles , et nous rie douions pas que soiis ce rapport encore là leçon né soit de nature à produire d'utiles impressions. L'insensibilité au mal dont nous n*avons pas à répondre personnellement , dont les résultats ne sont pas en voie de nous atteindre, est un des traits de l'époque. On convient que tout s*en va, on assiste à la décomposition universelle» et rbri riè songe

YIIl PRÉFACE.

pas à tendre la main à son voisin pour Tarracher au naufrage. Ne Tavons-nous pas vu dans les années qui viennent de s'écouler, lorsqu'il ne s'agissait que de réclamer avec ensemble, et, avouons-le, sans aucun péril, la simple liberté religieuse, la suspension du funeste monopole qui pèse sur l'enseignement? Partout la froideur, l'insouciance, le refus de concours, et cela à la veille du jour où le ravage opéré dans les doctrines à la faveur d'une si désolante incurie, allait se révéler dans toute son épouvantable réalité. ;

Il faut en convenir : il est des catholiques , et beaucoup , que l'on trouve exacts en tout ce qui concerne leurs devoirs de fidèles; hommes timorés , jouissant d'une estime méritée, mais qui accomplissent tranquillement leur vie, sans avoir jamais paru se douter que Dieu nous a rendus solidaires les uns des autres. On les verra même empressés à remplir le devoir de l'assistance corporelle envers leurs frères ; mais ne dirait-on pas que les besoins plus désespérés encore de tant d'âmes ne les touchent pas, et n'ont, pour ainsi dire , jamais occupé leur pensée ? Cependant , ils ont lu dans l'Évangile que C homme ne vit pas seulement de pain *.

D'autre part, ils ne peuvent ignorer que la puissance du mal ne dort ni ne se repose jamais; qu'elle pousse toujours plus avant ses conquêtes; que ses apôtres, ses émissaires, ses auxiliaires sont partout; que ses plans marchent à grands pas vers leur réalisation. Ils savent tout cela, et ils ne font rien pour s'opposer au torrent. Heureux encore quand ils se bornent à traverser par un simple refus de s'y associer l'œuvre de réaction généreuse que quelques-uns des nôtres, espérant contre toute espérance, osent tenter, malgré les douleurs d'un cruel isolement!

* Matth. IV. 4.

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