ATTESTATION
Je soussigné, docteur en médecine, domicilié en la ville de la Charité -sur -Loire, déclare qu'ayant été interrogé par les religieuses de la Visitation Sainte-Marie établies en la susdite ville, sur la question de savoir s'il était possible d'expliquer par la physique ou la chimie des faits qu'elles avaient eu l'occasion d'observer plusieurs fois et à des époques très reculées sur le cœur de sainte Chantai, leur fondatrice, qu'elles ont à leur disposition depuis le bienheureux trépas de cette sainte, arrivé le treize décembre mil six cent quarante et un, ce cœur bien embaumé et bien enchâssé avec tout le soin qu'on pouvait apporter à une pareille opération faite à l'époque du décès de sainte Chantai. Les religieuses ci- dessus mentionnées assurent l'avoir vu diminuer deux fois et prendre une couleur terne ; ce qui à chaque fois leur a donné l'idée et la crainte de voir tomber ce saint cœur en poussière. La première fois cette relique a été réduite à la moitié de son volume ordinaire, et la seconde elle a diminué d'un peu plus d'un tiers seulement. La première diminution a eu lieu en l'année mil sept cent quatre-vingthuit ou environ; elle existait encore le treize décembre mil sept cent quatre-vingt-neuf. La deuxième on Ta remarquée le dernier jour de juillet ou le premier jour d'août de l'année mil huit cent vingt -huit; et chaque fois les religieuses protestent de l'avoir vu reprendre son état naturel. La première fois le miracle s'opéra tout à coup et pendant son exposition sur l'autel au moment du saint sacrifice de la messe , le treize décembre mil sept cent quatre-vingt-onze.
Quant à la récidive de ce miracle, les religieuses ne peuvent assurer quelle en a été l'époque, étant restées quelque temps après la diminution de la relique sans la considérer attentivement; elles ne se sont aperçues positivement de l'heureux changement que le 2 juin mil huit cent vingt-neuf. Ce cœur a repris son ancienne splendeur, sa couleur et son volume ordinaires.
M'étant fait apporter cette inappréciable relique, je déclare l'avoir trouvée bien enchâssée et bien exempte de toute
action extérieure, non moins bien embaumée et à la manière que ces sortes d'opérations sont pratiquées à l'École de médecine de Paris pour la conservation des pièces anatomiques.
J'avoue et je puis déclarer n'avoir jamais ouï dire que pareil phénomène ait été observé sur les pièces également conservées à l'École de médecine de Paris. Ces pièces d'anatomie dont je parle sont cependant soumises à l'action de tous les agents extérieurs, tels que l'humidité, la chaleur, le froid, etc. etc., qui tendent avec le temps à tout détruire, et depuis des siècles elles n'ont éprouvé aucun changement.
Les faits rapportés par les religieuses, qui les ont observés avec soin, ne sont point explicables ni par la physique ni par la chimie; et n'ayant pas d'exemple de pareilles observations, on peut en conclure qu'ils sont le résultat de phénomènes surnaturels et au delà de nos connaissances acquises aujourd'hui.
Ce douze avril mil huit cent trente et un.
Mathieu , médecin.
LISTE DES MONASTÈRES DE LA VISITATION 'Tirée des livres de la Visitation.)
1. Le premier monastère d'ANNECY en Savoie; établi le 6 juin 1610. Rétabli le 2 juillet 1824.
2. Le premier monastère de Lyon, archevêché, sorti d'Annecy; établi par notre sainte mère de Chantai, le 2 février 1615. Transféré à Mantoue en 1793, puis à Venise en 1801.
3. Moulins en Bourbonnais, sorti d'Annecy; établi le 25 août 1616. Rétabli d'abord à la Charité- sur- Loire, et depuis à Nevers.
4. Le premier monastère de Gkenoble, évêché, en Dauphiné, sorti d'Annecy; établi le 8 avril 1618. Supprimé.
5. Bourges, archevèclié en Berri, sorti d'Annecy, établi le 15 novembre 1618- Suppriiné.