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de verdure et de fleurs, saura bien vous nourrir et vous vêtir jusqu'au jour où il se donnera luimême à vous pour aliment éternel, quand, de sa droite victorieuse, il vous embrassera dans sa gloire et sa béatitude '. » Trois papes et une foule d'autres saints et nobles personnages viennent chercher auprès de cette humble vierge des lumières et des consolations. En peu d'années, elle voit toute une armée de femmes pieuses, avec des reines et des princesses à sa tête, se lever et se camper en Europe sous la règle de François d'Assise, et sous sa direction et son nom à elle, sous celui de paumes Claires ou Clarisses. Mais au milieu de cet empire d'âmes, sa modestie est si grande, qu'on ne la vit qu'une seule fois lever sa paupière pour demander au pape sa bénédiction, et qu'alors seulement on put connaître la couleur de ses yeux. Les Sarrasins viennent assiéger son monastère : malade et alitée, elle se lève, prend en main l'ostensoir, marche au devant d'eux et les met en fuite. Après quatorze ans d'une sainte union avec saint François, elle le perd ; puis, livrée elle-même aux plus cruelles infirmités, elle meurt, après avoir dicté un testament sublime; et le souve-
1. Bref du 9 août 12.J3. ap. P. Giuseppe di Madrid, Vita dis. C hiar a ; Roma., 1832, p. 12 i.
rain pontife, qui l'avait vue mourir, la propose à la vénération des fidèles, en la proclamant Glaire entre toutes les clartés, lumière resplendissante du temple de Dieu, princesse des pauvres, duchesse des humbles '.
Gomme saint François dans sainte Glaire, saint Antoine de Padoue trouva dans la bienheureuse Hélène Ensimelli une amie et une sœur ; mais, par un merveilleux elîet de la grâce divine, c'est surtout parmi les filles des rois que se recrutent les saintes de l'ordre de ce mendiant qui avait recherché tous les excès de la pauvreté; soit qu'elles entrent dans la stricte observance des pauvres Claires, soit que, retenues dans les liens du mariage, elles ne puissent adopter que la règle du tiers ordre. La première en date et en renommée est sainte Elisabeth de Hongrie, dont nous avons écrit la vie ; ce ne fut pas en vain, comme nous le verrons, que le pape Grégoire IX obligea saint François à lui envoyer son pauvre manteau ; comme Elisée en recevant celui d'Élie elle devait y trouver la force de devenir son
l, Clara claris prœclara... clarissima illuxit... Haec fuit altum sanctitatis candelabrum, vehemeiiter in habitaculo Domloi rutilan?... Paiipcrum primiceria, duci??a huiuiliiiui, magislra contineutium, abbatissa pœnitentinm. Alexandre IV, Bulle de cationisalion.
héritière. Enflammée par son exemple, sa cousine germaine, Agnès de Bohême, repousse la main de l'Empereur des Romains et du roi d'Angleterre et écrit à sainte Glaire ^ qu'elle aussi a juré de vivre dans l'absolue pauvreté : sainte Claire lui répond par une lettre admirable qui nous a été conservée, et envoie en même temps à sa royale néophyte une corde pour serrer ses reins, une écuellede terre et un crucifix. Gomme elle, Isabelle de France, sœur de saint Louis, refuse de devenir l'épouse de l'empereur Conrad IV, pour se faire Clarisse et mourir sainte comme son frère ^. La veuve de ce saint roi, Marguerite, les deux filles de saint Ferdinand de Castille, Hélène, sœur du roi de Portugal, suivent cet exemple. Mais, comme si la Providence avait voulu bénir le tendre lien qui unissait notre Elisabeth à saint François et à sainte Glaire qu'elle avait pris pour modèles, c'est principalement sa famille qui offre à l'Ordre séraphique comme une pépinière de saintes. Après sa cousine Agnès, c'est sa belle-sœar, la bienheureuse Salomé, reine de Galicie ; puis sa nièce, sainte Gunégonde, duchesse de Pologne : et tandis qu'une autre de ses nièces, la bien-