‹ Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (volume 3)Chapitre 28 sur 63 · Diutissime permansit quod nullo cibo corporali, sed mo · texte numérisé non relu

Diutissime permansit quod nullo cibo corporali, sed mo

vait plus pendant le reste da jour qu'en celui en qui elle s'était transformée par l'amour; elle n'avait, pour exprimer l'état où la laissaient ces entretiens célestes, d'autres paroles que le texte sacré : Mon âme s'est fondue quand 'mon bienaimé m'a parlé.

Ainsi devait se justifier l'instinct prophétique qui lui avait fait choisir, tout enfant, pour patron, pour ami et pour modèle, ce bienheureux évang'éliste qui avait reçu le lyyHvilège de Vamour, et qui en se reposant sur le cœur du Sauveur y avait lu tous les secrets du ciel ',

Une joie divine s'était donc répandue sur toute sa vie, tout son être : aucune tribulation, aucune épreuve ne pouvait en troubler la paix et la douceur. On ne la vit jamais troublée ni irritée; elle redoublait au contraire de g-aieté dans ses contrariétés. Ceux qui la voyaient déplus près ne purent jamais distinguer sur son visag-e l'expression d'une peine quelconque, et cependant elle pleurait sans cesse et le don des saintes larmes qu'elle avait reçu dès le berceau était devenu de [jIus en plus abondant à mesure qu'elle approchait de la

dici?simo pascebatur. Reficiebatur namqiie intus invisibili mentit: cibo. Theod. VII, 10. Courad. Epist.

1. Hic est bcati??inius evangelista... qui priviiegio amoris... meruit honorari. I.-te est Joanues qui supra peclus Douiini recubuit, boatus Apostoiue, cui revelata sunt sécréta cœlestia. Hréviaire romain.

tombe. Plus elle se sentait heureuse, et plus elle pleurait; mais ses pleurs coulaient comme d'une source tranquille et cachée sans jamais rider son visag-e, sans altérer en rien ni la pure beauté ni la placidité de ses traits ^ : ils n'y ajoutaient qu'un charme de plus : c'était le dernier épanchement d'un cœur auquel nulle parole ne pouvait plus suffire ^. Certes, comme autrefois les larmes dang^oisse qu'un amour humain ou de cruelles persécutions avaient arrachées de ses yeux, ainsi ces larmes de joie surnaturelle qu'elle laissait tomber dans le calice de sa vie étaient recueillies goutte à g-Qutte par son céleste Époux, et devenaient les perles de la couronne éternelle qui lui était réservée dans les cieux ^.

1. Quandoque ipsa maxime jucuada fuit maxime Oevit, quod dictu mirabile videtur, simul gaudere et fiere et ûuaquam cum flebat faciem iu rugas, id est deformitatem vertebdt, sed lacrymse quasi de fonte, vultu ejus serenissimo et jucundissimo exstante, fluebant. Ibid.

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