O HISTOIRE
rinage mortel l'innocence et la candeur de la colombe \ Son visag-e, déjà si beau pendant sa vie, parut puiser une beauté nouvelle au sein de la mort; et l'on ne pouvait contempler sans admiration l'expression de foi satisfaite, de douce paix, de joie ineffable, qui se peignait sur ses joues pâles, avec cette placidité du trépas dont le charme est si profond et si pur ^.
Ce fut une affreuse douleur, pour ceux qui l'avaient suivi de si loin, de le voir mourir entre leurs bras dans tout l'éclat de la jeunesse et de la valeur, et de se trouver sans chef dans une expédition aussi périlleuse. Elle fut encore plus vive pour ceux d'entre ses vassaux et frères d'armes qui l'avaient devancé, qui n'avaient pas eu le triste bonheur de veiller à ses derniers instants et de recevoir son dernier soupir, et à qui l'on alla annoncer en pleine mer la perte qu'ils avaient faite. Leurs cris de douleur et leurs longs gémissements fendirent les airs et retentirent sur les flots : « Las! cher Seigneur, » disaient-ile, « las !
1. Vidit easdem columbasad orientem evolare, quas diuturno intuitu sequebatur. Spiritus Sanctu?, quia, etc.. ipse in candidissiinis columbis angelicos spiritus misit, qui columbinum innoceutis viri spiritum deducerent, etc. Theod. ex Berth., 1. c. — Ou connaît la belle légende de saint Polycarpe, qui fut brûlé vif; son sang étouffa les flammes ; et de ces cendres on vit sortir une colombe blanche qui s'envola vers le ciel. On vit de même une colombe sortir du bûcher de Jeanne d'Arc.