FUT CONVIÉE AUX NOCES ÉTERNELLES
J;un hieiTis transiit, iinber abiit et racessit :surge, ainica uiea, speciosa inea, et veni. Veni, sponsa mea, et coroiaberis.
Gant., ii. 11,11.
Deux années s'étaient à peine écoulées depuis que rhunnble I^]lisabeth avait revêtu avec l'iiabit de saint François ia force de mépriser toutes les joies de la vie, et de marcher vers le ciel par un chemin semé de tant d'épines; et déjà le Seigneur avait trouvé l'épreuve assez long-ue, la tâche impérieuse qu'elle s'était imposée suffisamment achevée. « Il ordonna que celle qui avois despité le royaume mortel eust le royalme des angèles. » Comme le divin Epoux du cantique inspiré, il vint annoncer à sa bien aimée que le triste hiver de la vie, avec tous ses orages, était passé, et que l'aurore du printemps éternel allait se lever pour elle. L'année 1231 tirait à sa fin, année où l'Ordre de saint François avait cédé au ciel ce erlorieux sainl An-
toine de Padoue, l'honneur du Portugal et de l'Italie*, et où le Tout-Puissant, jaloux d'augmenter encore l'armée des Saints, allait lui demander un nouveau sacrifice, et cueillir sa plus belle fleur. Une nuit qu'Elisabeth était couchée, partagée entre le sommeil et la prière, le Ghristlui dit d'une voix très douce : « Viens, Elisabeth, ma fiancée, ma tendre amie, ma bien-aimée, viens avec moi dans le tabernacle que je t'ai préparé de toute éternité; c'eslmoi-mêmequi t'y conduirait» Dès son réveil, toute joyeuse de sa prochaine délivrance, elle se hâta de faire tous ses préparatifs pour cet heureux voyage ; elle disposa tout pour son ensevelissement et son enterrement ; elle alla visiter une dernière fois tous ses pauvres et ses malades ; elle les bénit avec une joie immense, et partagea entre eux et ses suivantes tout ce qui lui restait à donner. Maître Conrad était en ce moment même atteint d'une grave maladie qui lui faisait soufirir les plus violentes douleurs. Il fit prévenir sa docile pénitente, et aussitôt elle courut chez lui fidèle jusqu'au bout à sa mission de consolatrice des malades. Il la reçut avec beaucoup d'affection et elle se lamenta beaucoup de le voir ainsi souffrant. « Que deviendrez-vous, lui ditil alors, madame et chère fille, lorsque je serai