ARCHEVÊCHÉ D'ALBI
Alby, le 7 février 1882.
Cher Chanoine et Ami,
Votre Histoire de sainte Marcelle est écrite avec une érudition, un style et un talent qui me rendent son éloge bien difficile. En remplissant les simples devoirs de la plus stricte justice, je m^exposerais à être accusé de partialité dans mon admiration et à m^être trop inspiré de mes affectueux sentiments dans Tappréciation de ses incontestables mérites.
Je préfère me borner à vous dire que vous avez mis la sainte patricienne dans son vrai jour ; Tauréole dont vous Pavez couronnée semble travaillée par les mains sévères de saint Jérôme, son maître et son père. Cet illustre docteur, s^il tous lisait, vous donnerait une approbation sans réserve.
Sainte Marcelle, sa chère fille spirituelle, apparaît dans votre livre telle qu'elle fut pétrie sous son souffle puissant par ses mains à la fois rudes et tendres.
Votre beau livre sera lu et relu par les esprits sérieux qui voudront étudier avec fruit Tintéressante société chrétienne du IV* siècle.
Il fixera l'attention des âmes religieuses qui vivent dans les monastères ou dans le monde. L'illustre patricienne nous donne à tous, par la pratique de ses grandes vertus, des leçons éloquentes qui prouveront à la piété contemporaine combien ses mœurs, quelquefois peu sévères ou trop faciles, sont en opposition directe avec les habitudes de cette grande époque.