‹ Histoire de Sainte MoniqueChapitre 37 sur 58 · Flebat uberrimis lacrymis, etc · texte numérisé non relu

Flebat uberrimis lacrymis, etc

Ad /""• Noctumum, Respom. 4, Dum vero credibilia Dei apertis fidei oculis Augustinus conspexit, ad matrem ingredi non distulit... Quid autem tune mente haberet pia mater gaudii, nec explicare quidem poterat.

Ad II*"^ Noct,, Respons, 3. Volebat Monica dissolvi et esse cum Christo cum videret Augustini aptum modum Vivendi... Displicebat ei quidquid agebat in saeculo prîedulcedine Dei et amore salutis filii quem dilexit. . .

Ad IIV''^ Noct,, Respons. 1. 0 felix mater Monica carne^ felicior spiritu, duplici consolata spiritu propbetico. Ne defleas filium tuum quasi mortuum, quem Deus suscitavît vere catholicum, alléluia, f, Forti animo esto, filia. Deus cœli dabit tibi gaudium pro tœdio quod perpessa es.

Ad IV""^ Noct», Respons. 1. Itaque devotissime gratias egit prae cœteris Ambrosium altollens, et perierunt illae plorationes, in quibus ei aliquando visum est ei adversari Augustinum legi Christianorum latratu sermonis ejus, alléluia, f. Etapparuit eilaeta faciès divinarum consolationum, et exultare in amore didicit.

Ad Magnif, Adest dies celebris quo soluta nexu carnis sancta mater Augustini assumpla est ab angelis. Ubi gaudet cum propbetis, lœtatur cum apostolis, cumque omni militia Deum collaudantium in cœlesti curia ; inter quos jucunda contemplando vultum Dei pia refulget Monica, alléluia.

On voit tout le ton de roffice ; ce mélange de tristesse et de joie, qui est vraiment admirable. Nous n'y insistons pas davantage. Le moyen âge a consacré à sainte Monique plusieurs séquences ; nous choisissons celle qui développe surtout les traditions

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES 5*j3

relatives à notre Sainte. Celte séquence d'ailleurs est attribuée à Adam de Saint-Victor.

SEQUENTIA

Augustini magni patris Atque su» pise matris

Laudes et prseconia Decantemus, vénérantes Et optata célébrantes

Hodie solemuia.

Mater casta, fîde gnara, Vila Clara, Christo chara,

Hsec beata Monica, De profano propagatum, Jana nunc parit suum natum

In fîde catholica.

Félix imber lacrymarum Quo efifulsit tam prseclarum

Lumen in Ecclesîa I Multo flelu seminavit, Germen ubi reportavit

Metens in Isetitia.

Plus accepit quam petivit :

0 quam miro tune gestivit

Spiritus tripudio, Cernens natum fide ratum Sed et Christo jam sacratum

Toto mentis studio I

Haec egenis ministravit, Et in eis Christum pavit, Mater dicta pauperum ; Curam gerens infirmorum,

Lavit, stravit, et eorum Tersit sordes vulnerum.

0 matrona gratiosa Quam transfigunt amorosa

Crucifixi stigmata I His accensa sic ploravit, Lacrymis quod irrigavit

Pavimenti schemata.

Pane cœli saturata^ Stat a terris elevata,

Cubiti distantia ; Mente rupta exsultavit :

« Volitemus, exclarnavit,

a Âd cœli fastigia. »

Eia, mater et matrona, Advocata et patrona

Sis pro tuis filiis.

Ut dum carne exuemur, Nato tuo sociemur

Paradîsi gaudiis.

Amen.

Toutes les liturgies des ordres qui suivent la règle de Saint-Augustin, Chanoines réguliers, Servîtes, Hermites de Saint- Augustin, Frères Prêcheurs , etc., d'accord entre elles sur les traditions dont nous parlons, le sont avec un très-ancien monument, adressé en forme de lettre à une épouse du Christ, dilecta sponsa Chrisiif pour lui raconter la vie de sainte Monique, à laquelle l'auteur anonyme donne le nom de mère, caram matrem. Les premiers collectionneurs qui rencontrèrent cette pièce, trompés par ce

mot, imaginèrent que l'auteur de cette leltre était peut-être saint Augustin, et que cette épouse du Christ était probablement sa sœur (on sait, en effet, qu'elle se consacra à Dieu) ; et ils en conclurent que saint Augustin lui avait écrit cette lettre pour lui annoncer la mort de sa mère. En conséquence, ils se hâtèrent de mettre en titre : Ad sororem, et d'autres : Sorori suœ Perpetuœ Virgini. Et, des critiques peu exercés acceptant cette opinion, la lettre fut tenue pour une vraie lettre de saint Augustin.

Mais cette opinion ne se soutient pas. Le style de cette lettre n'est pas digne du grand Docteur. Il y raconte à sa sœur des choses qu'elle savait trop bien pour qu'il eût l'idée de les lui dire. On y trouve des paroles empruntées aux Confessions y et plusieurs inexactitudes que n'eût pas commises saint Augustin. D'ailleurs il n'est pas prouvé que cette lettre ait été adressée à la sœur de saint Augustin. Elle a pu être adressée à une vierge consacrée à Dieu , dans un monastère qui suivait la règle de Saint- Augustin. Il y en avait du vivant même du saint. Et rien n'empêche qu'après sa mort, pour compléter ses Confessions, et pour révéler au monde des merveiHes que l'humilité du grand Docteur avait cachées, un de ses disciples immédiats, ou un disciple de ceux qui l'avaient connu, n'ait écrit cette lettre, y ait réuni tout ce qu'on savait par tradition sur sainte Monique, et l'ait adressée à une des vierges qui suivaient la règle de son fils.

Et quand on voudrait que la forme de cette lettre

fût plus récente , que ce fût un auteur du vn" ou viii** siècle qui, pour donnera toutes les traditions relatives à sainte Monique une forme littéraire, ait imaginé d'en faire une lettre que saint Augustin serait censé adresser à sa sœur, il n eu est pas moins vrai que le fond de cette pièce est excellent, grave, emprunté à des monum*ents certainement anciens,, authentiqué par l'accord de toutes les liturgies augustiniennes , soutenu , au moins en quelques parties, par les liturgies romaine et gallicane des premiers temps, et conservant, par conséquent, son autorité entière, malgré les quelques inexactitudes qui la déparent. Nous en donnons le texte, avec les observations des Bollandistes.

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