CESSION DE SAINTE-MARIB DE CELLE-ROUBAUD A LA MAISON DES CHARTREUSES
DE BBRTAUD, LE il AVRIL 1260*.
In nomine D. N. J.-€. Anno incamationis ejusdem MCCLXXI, XI Âprîlis, Indict. III. Notum sit cunctis hoc scriptum irituentibus, quod nos India, Abbatissa monaslerii S. Pétri de Subripis Vapincensis dîœcesis, attendentes ecclesiam nostram B. Maris de Cella-Robaudi. sitam in dioBcesi Forojoliensi, quae monasterio subesse dignosdtur, paupertatis prastextu sÎTe inopiae, destitutam a regulari observantia, quas in eo ohm vigere non modicum consuevit ; cupientesque eamdem reducere ad statum antiquum, ut observentur in ipsa regularia instituta ; et cum hoc per nos commode fieri non possit, quia propriae nobis non suppetunt facultates, et dicta ecclesia a dicto monasterio nimium est remota.
22. Ideo nos prsBdicta India Abbatissa, spontanea voluntate nostra, non coacta, neque dolo neque metu inducta, de consensu, consilio, et voluntate nostri Gonventus, scilicet Dominarum et Sororum nostrarum, Mathilde sacristanae, Bertrand» de Rtccabruna, Aulai de Tranibus, Aicelenx, Ber- Irandâe de Massilia, Folcolinae, Ebincusarda) de Massilia, Mae Ebincusardae Priorissae diclœ Ecclesiae, Beatricis Baudoin» ; et de consensu per venerabilis Patris Domni Otuonis Ëpiscopi Vapincencis Diœcesani nostri, donamus seu conferimus et perpetuo habere concedimus ecclesiam nostrani suprascriptam B. Mari» de Cella-Robaudi, cum omnibus suis pertinentiis, scilicet decimis, primitiis et oblationibus, terris cuUis et incultis, pratis. nemoribus, seu defensis, et domum cum omnibus juribus, tam corporalibus, quam incorporalibus ad dictam ecclesiam pernitentibus, ad honorem Dei et ejus Matris glorios, Ordini Garthusiensi, et specialiter domui monasterio de Bertaudo Ordinis supradicti et Fr. Durando Glero, Procura-
* Abbesse, Ihdia. — Noms des sœurs religieuses : Mathilok, sacristine; Bsrtrammc (de Roquebnine), Adlaî (de Iranibus), AicklAke, Bkrtrandb (de NarseiUe), Folgomne. Eu!icusAnDc (de Ifarseille), Marie EamcosARnE, prieure de ladite église; Béatris BAimouaL
DOCUMENTS RELATIFS A SAINTE ROSELINK. 47ri
tori gênerai i domus praedictas de Bertaudo, praesenti et recipientî, nomine dkt» domus, ecclesiam supradictam, etc.
25. Ret inentes tamen in dicta ecclesia et ejus pertinentiis v solidos Turo-
nenses, annis singulis in Nalivitate Domini, nobis et monasterio in perpe-
tuum apportandis, solvendis et cedendis, nomine pensionis sive census :
hoc acto specialiter et expresso, quod si aliquo modo contingeret d. ino-
nasterium de Cella-Robaudi d. censum v solidorum non solvere per bien-
nium vel Iriennium vel ultra; non ob hoc incideret incommissim), neque
infringeretur aliquid de prsedictis, neque de infrascriptis ; sed solummodo
tenereUir solvere censum tune temporis praeteriti, cum expensis damno
et interesse : item quod ob dictam retentionem census v solidorum, mo-
nasterium S. Pétri de Subripis non possit neque debeat habere aliquid
ultra d. censum in d. monasterio de Cella-Rvbaudi, etc. Salvo eo quod de
duabus Dominabus actum est; quibus débet, quamdiu vixerint, d. monaste-
rium de Cella-Robaudi in necessariis providere. Dequa ecclesin, rébus, et
juribus et praedictis omnibus et singulis, sa|vo dicto sensu, devestimus
nos et monasterium nostrum, etc., et investimus in perpetuum d. Duran-
dum, nomine Elisabethae Priorissae et Conventus roonasterii de Ber-
tando, etc. Renuntiamus legi dicenti, donaliones ob certas causas ingra-
titudinis revocari, etc., item beneâcio restitutionis in integrum, etc., et
exception! doli, metus, etc., factis corporaliter Evangeliis sacrosanctis.
24. Quam donationem nos praed. Fr. Durandus, nomine Domus nostrap de Bertaudo praedictse et Ordinis nostri Carthusiensis recipimus ; et de spécial! mandate Domnae Elisabethae, Priorissae domus nostrsp praed. de Bertaudo, etc. Nos et praedictam domum obligamus et promittimus vobis Bomnae Indiae Abbatissae, nomine nostro etmonasterii nostri. etc., in d. ecclesia monasterium aedificare et construere, in quo moniales et Domnap Minis nostri Carthusiensis habere valeant et vitam ducere regularem : e( vobis et monasterio vestro d. pensionem sive censum v solidorum Tu ronensiiim, per vos servatum et retentum et in ecclesia supradicta solvere et reddere, forma et modo praed., etc. Actum apud monasterium praed. de Subripis, in ecclesia S. Pétri, in praesentia testium infrascriptorum, specialiter ad hoc vocatorum et rogatorum ; scilicet Durandi Maurini Capellani d. monasterii, Antonii Diaconi Joannis Garerai. Jacobi Amaudi, Arnulphi, Pontii, Ivandi. In cujus rei testimonium nos praed. Abbatissa sigillum nostrum apponi jussimus huic Cartae, et supplicando rogamus venerabilem Patrem nostrum, D. Othonem Vapincensem Episoopum, Diœcesanum nostrum, et Domnum Episcopum Forojuliensero, in cujus diœcehi d. ecclesia de Cella-Robaudi sita est, Cartae praesenti Sigillum Capituli Forojuliensis, ad majorera firraitatera et testiraonium reigestae, et sigilla ^ua apponant.
Mi\ PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Mote mor la parenté dm wmÈnim RiMMlliie atac le bienhe
HéliMdre de Orlaieerd.
Quant à l'observation que vous faites relativement aux Albigeois, je par' tage entièrement votre opinion ; je crois même que. dans une conversation par lettres, nous sommes tombés déjà d'accord sur ce sujet.
M. l'abbé Albanès m'a écrit de très-longues et intéressantes notes relatives à Hélizaire ou mieux Élzéar de Grimoard, notre saint et illuslre prieur, et à la mère du pape Urbain V. II veut que notre prieur soit Tonde et non le neveu d'Urbain ; j'espère néanmoins qu'il aura changé d'avis dt^ puis une note fort détaillée et très-explicite que je lui ai adressée, il j a deux ou trois semaines ; je lui établis avec les preuves les plus certaines et les plus évidentes qu' Hélizaire était le neveu du pape et de son frère U cardinal Anglic. M. Albanès n'admet pas que la mère d'Urbain soit sœur de saint Élzéar de Sabran, ses preuves me paraissent solides; il reconnaît au moins qu'elle en était très-proche parente ; le temps et plusieurs documents ont manqué pour éclaircir entièrement ce point, fy reviendrai plus tard. Mais déjà, si vous avez Vintention de parler de cette parenté qui rattache ainsi Hélizaire ou Élzéar de Grimoard à sainte Roseline, wms pouvez affirmer qu'il était neveu d'Urbain et celui-ci très-proche parent d' Élzéar de Sabran, sinon son neveu, comme le disent plusieurs de nos auteurs. Ce qui a induit en erreur Baluze et tous les auteurs qui ont parlé d'Hélizaire, c'est un passage obscur et mal compris de Dorlandus, qu'ils ont négligé de rapprocher d'un autre passage placé à quelques lignes de distance seulement et qui éclairait tout.
Veuillez agréer la nouvelle assurance des sentiments profondément respectueux avec lesquels je suis.
Monsieur le comte, Votre très-humble et obéissant serviteur.
Fr. Hiloefonsb Roguet.
La Grande-Chcrtrense, 0 mars 186B.
Extrait dn teetament de ealnt EIxéer de Sebran, 18 JoUlet 1SI7.
Dans son testament fait à Toulon, le 18 juillet 1517, par lequel il (saint Elzéar) ordonne qu'en quelque lieu que survienne son décès, il soit enseveli dans l'église des frères mineurs de la ville d'Apt, en simple habit de
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l'ordre de saint François, et avec les seules cérémonies usitées pour un Iranciscain ordinaire.
(Jue l^on distribue des legs à onze églises paroissiales des places dont il était seigneur, ajoutant pour plusieurs d'entre elles le don d'un calice d'argent du poids de deux marcs, et demandant à ces diverses paroisses des messes pour le bien de son âme.
Il y ajouta des legs importants pour les couvents des mineurs des villes dWpt , d^Alx, d'Ârles,de Marseille, de Ries et de Sisteron ; pour plusieurs religieux du même ordre, pour le couvent des frères prêcheurs d'Aix, pour la cathédrale et pour les frères mineurs du comté d*Arian.
U institua un legs en faveur du comte de Provence, roi de Sicile; ensuite des gratifications aux trois ou quatre gentilshommes de sa maison, laissant 300 livres pour le premier, 150 pour le second, et 100 pour chacun des suivants. Pour ses autres serviteurs, il légua aux huit premiers, 50 livres; aux huit derniers, 25 livres. Les enfants de trois ou quatre serviteurs morts à son service, reçurent : les uns, 50 livres; les autres, 25 livres. 11 donna à sa très-chère épouse, la comtesse d'Arian, Delphine de Puymichel» tous ses biens, meubles et immeubles, des domaines de Puyraichel, Saint- Étienne de Brosse, Gabrières et Robions, avec dispense de participer au payement des legs, lui assignant de plus, pour son douaire, tous ses biens situés dans le royaume de Sicile.
Il légua à toutes les communautés des villages dont il était seigneur, (*RAiiOE SOMME DE DEiiiBRs pour le dédommagement des pertes qu'elles pourraient avoir souffertes, ou des dommages causés par ldi, par ses dohesti- QL'Es, ou par ses devanciers. Ces villages étaient Ansouis, Gucuron, Yaugine, FuymicheU Gabrières, Gadenet, Puy-Lobier et La Motte.
U établit son héritier universel Guillaume de Sabran, comte d'Ansouis, bon frère, lui substituant, dans le cas où il mourrait sans enfants mâles ou femelles, Elzias de Villeneuve, son cousin germain. Actum Toloni in Iwspitio heredum domini Guillelmi amati Gaiionici et Protonolarii.... testes iaerunt
et ego Notarius Cornilla Notarius publicus. (Bouche, Histoire de Provence.)
VU
llotie« «or HélioB dm VÎUmtmuwe.
D'après les monuments des grands maîtres de Saint-Jean de Jérusalem, i^^9, par François de Villeneuve, Hélion de Villeneuve serait né en 1263; mais il devait être frère cadet, non-seulement de Pioseline, mais encore d'Arnaud 111, qui fut appelé à la seigneurie par droit d'aînesse. Son père ^t nommé Giraud, sa mère Sibile de Sabran.
Sa naissance parait devoir être placée entre Tannée 126G et Tannée
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1975; ses premières armes en Palestine correspondent au siège de Ptoié— mais, sous Jean de Villiers. La ville fut prise le 18 mai 1291; après aoe héroïque défense des chevaliers, ceux-ci se réfugient à Chypre. Les cheTaliers Teuloniques quittèrent pour toujours la terre sainte. Limisso fut f<M-tifiéc et devint le port des Hospitaliers en 1301. Cassan» roi de Perse, mil la croix au haut de ses enseignes, et sous la protection de ce signe de salut il remporta plusieurs victoires.
Alliée aux chevaliers templiers et hospitaliers, la Syrie fut reprise, et les chevaliers rentrèrent, en 1301 , à Jérusalem, pour en sortir vaincus à la (in de 1301. Leur défaite était due à Tabsence de secours.
En 1302, nouvelle campagne. Victoire. Rentrée à Jérusalem en 1305. Secours réclamés du pape, mais en vain... Philippe le Bel avait rendu la papauté impuissante.
Cassan et les chevaliers furent vaincus. Les Templiers se retirent en Sidle. lie grand maître des Hospitahers, Guillaume de Villaret, jette le» yeux sur Rhodes, Mort en 1306. Son successeur, Foulques de Villaret, en )509, réalisa le projet de la conquête de Rhodes.
Foulques, en 1306, avait obtenu du pape Clément V, venu à Poitiers, un prêt de quatre-vingt-dix mille florins pour armer des gens de guerre, et sans doute aussi pour acheter des navires. Gênes et la Sicile fournirent des vaisseaux; les dames donnèrent leurs bagues, des vassaux s'enrMènent pour la pieuse expédition.
En 1308, la flotte des chevaliers débarqua surfile de Rhodes, défendis? par des Turcs et des Sarrasins, alliés à de faibles princes grecs qui en étaient seigneurs.
Après une terrible lutte et de longues souffrances, dues à la disette, à Tabandon d'une partie de son armée, Villaret entra triomphant à Rhodes le 15 août 1309.
En 1310, Ottoman vint à la tète de ses Turcs employer en vain toutes î*es forces contre les chevaliers.
En 1317, Villaret est déposé par les chevaliers, qui élisent Maurice de Pagnac.
Les deux chefs suspendus, Pagnac meurt en 1318, et Foulques se démet en 1319, Tanimosilé des chevaliers ne lui permettant d'exercer sa chaire.
Hélion, qui s'était déjà distingué dans les combats en terre sainte par les combats de mer à Rhodes, s'était conduit, pendant le schisme de l^ ordre, avec une rare prudence. « Dam un combat quil livra aux veâs- *< seaux turcs, il fut pris avec quelques Hospitaliers, mais il s'échappa; «( et le peuple publia qu'ail avait été délivré par les prières de sainte Rase- < Une, sa sœur. »
Le grand prieuré lui la récompense que Foulques crut devoir donner il un guerrier qui avait combattu avec éclat sous Nicolas Lorgnes (I28S), Jean de Villiers, Oddon de Pins, Guillaume, et Foulques de Villaret luinièine.
Uéiion parcourait ses commanderies, quand le pape convoqua les Hospitaliers à Avignon pour élire le successeur de Foulques de ViUaret, démis^ bionnaire.
On remarquera que la sœur d'Hélion, sainte Roseline, exerça toujours un patronage puissant sur la transformation de la chevalerie de Saint- Jeanen-Gendarmerie de la met.
Cest avec le priorat de Roseline que commencent les premières occupations d^un port exclusivement destiné aux chevaliers de Saint-Jean à Liinisso ; puis Texpédition, la prise de Rhodes et la défense de cette ile en 1508, 1509, 1310. S'il y eut tant d'empressement de la part des dames à donner leurs bijoux, tant d'ardeur dans le peuple à s'enrôler, tant d'élan dans la marine génoise et sicilienne à seconder l'entreprise, tact de constance dans les chevaliers, c'est qu'il y avait des bouches pieuses qui parlaient pour eux. En 1529, Tannée de la mort de Roseline, Forganisation maritime se termina dans le grand chapitre de Montpellier.
La lutte contre la piraterie musulmane, dont le foyer chrétien fut à Rhodes, est un grand fait dont on a méconnu la haute portée, et dont sainte Roseline avait la profonde intuition. On semblait oublier que si une paix profonde régnait sur ces mers du Levant» jadis infestées de Barbaresques, elle était due uniquement à l'effroi salutaire inspiré par les escorares maltaises,
11 est démontré qu'Hélion de Villeneuve combattait avec intrépidité vers 1^88 à 1291 dans les rangs de la chevalerie de la terre sainte, pendant que sainte Roseline remportait dans son monastère les victoires de la vertu, La lutte de la pieuse cénobite répondait à celle du preux chevalier de la croix.
Dans sa lettre du 19 juin 1519, le pape Jean XXII annonce àHélion de Villeneuve son élection, et lui déclare que « la valeur extraordinaire par lui DÉPLOYÉE Dans Là terre sainte et dans la guerre contre les infidèles, la pureté de sa vie, la gravité de ses mœurs et la sagesse de ses conseils, lut ont mérité les suffrages des chevaliers hospitaliers ; les nombreux services rendus dans les administrations qui lui ont été confiées, sou désintéressement, sa prudence, sa prévoyance, font espérer au pontife que l'heureux élu, après avoir été trouvé fidèle dans la puissance terrestre, sera digne de régner dans les tabernacles éternels. »
Uéhon de Villeneuve, ce grand organisateur de la puissance navale des Hospitaliers, présida sept chapitres, posa toutes les régies de l'administration des Hospitaliers, qui permirent la formation de la marine méditerranéenne, en usant de toutes les ressources des domaines des Templiers, unies à celles des Hospitaliers.
Les 213 ans de protection armée donnée dans les mers du Levant à toutes les marines chrétiennes, dans la période de 1509 à 1522, permirent tout le développement maritime des côtes d'Espagne et du midi de la l^rance de former ce magnifique personnel naval qui osa se lancer dans les mers des Indes et d'Amérique, ot qui détermina la naissance de celte grande force maritime dont la victoire de Lépante fit éclater la supériorité. La France, la Hollande, l'Angleterre, poursuivirent le développement commencé.
i8() PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Clôtare àmm ohartr«uM exéevtée pur ordM dn chapitre général de 1298, émum mnm avant le priorat de sainte noaaUne.
RBCTIFICATIO?! DE i/eRRBUK DD PÈRB DK TRACT, CONCERKANT L^ÉPOQCE OU U CLÔTURE A COMMElfCé A ÊTiiE OBSERVÉE PAR l£S
La décrélalc de BoniCace VIII, periculoso, donnée en 1298, fui obseriée par les chartreuses religieuses celle année-là même, ainsi qu'il résulte d*une ordonnance du chapitre général de cette année (1298), ordonnance rédigée en ces termes :
Honemus moniales ne amodo veniant loqui cum aliquo ssRculari, vei regulari, vel etiam cum parente, nisi ad cletas, et tum associalae cum uri.i vel duabus, — item monemur eas efficaciter ne portam suam pennittanl homines intrare.
Jean TLXU ; aon infllnencse mut Tordra oarthnaien et le dévaloppeacat
de la oivilisatton cdirétiaana.