‹ Histoire de Sainte Roseline de Villeneuve, religieuse chartreuse, et de l'influenceChapitre 36 sur 48 · VIE DE JEAN XXII · texte numérisé non relu

VIE DE JEAN XXII

Inauguré par la première solennité officielle du Jubilé, le qualonièiDe siècle sembla d'abord destiné à accroître le prestige de Rome, où h çiéié amenait en foule les pèlerins empressés d'aller conquérir sur le lombeiiu des saints Apôtres, les grâces de TËglise. Hais au moment où ce prestige toudiait à son apogée et où la puissance temporelle du pape était proclamée par le pontife Boniface VIU comme un droit iinprescreptible. le séjour de Rome fut déserté, le droit du pape à la censure des vices des rois fut dénié avec une audace prodigieuse par le petit-fils de saint Louis, par le roi de France Philippe le Bel. Après avoir fait Bioixtirk pape sous Tignominie des soufflets appliqués par Timpie Nogaret, Philippe le Bel poussa la hardiesse de ses entreprises jusqu'à faire élire iw pape français, qui, résidant loin de Rome, et à rextrémité de la France, pourrait être un dignitaire placé à la merci du souverain français; les Romains eurent le malheur de favoriser cette révolution par leurs iraca^s^^ et leurs mutineries fréquentes contre les pontifes.

Les papes français, fixés à Avignon, débutèrent par le ponlitio^ «^ Clément V, qui résista mollement, mais qui résista cependant au souverain qui Tavait fait exalter sur le saint-siège.

Après Clément V. le choix des cardinaux se fixa «ur Jacques d'Euse. qui prit le nom de Jean XXII. On a dit que, chargé d ehrc un pape, il s'élaii

DOCUMENTS RELATIFS À SâLNTE ROSELINE. 48i

élu lui-même. Des anecdotes aussi torturées que celles-là peuvent offrir des saillies agréables pour la conversation de salon; mais ce n'est pas de Thistoire sérieuse : le résultat patent est que son exaltation fut incontestée.

Jean XXII» issu, dit-on, d*une famille de CSahors, arrivait au souverain pontificat à Fâge de soixante-douze ans, après avoir parcouru tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique, et avoir acquis une connaissance complète des hommes et des choses. Ce vieillard de petite taille, à la voix grêle, à la Qgure pâle, semblait peu fait pour posséder longtemps la haute dignité qui venait de lui être décernée. Très-connu, très-apt^récié dans la famille des comtes-souverains de Provence, rois de Naples, dont le titulaire Robert avait été son élève pendant que, sous le nom du chanoine Jacques d'Euse, il était Finstiluteur des enfants de Charles II, Jean XXII semblait être appelé naturellement au trône pontifical par les sympathies du roi de Naples, qui était le lieutenant des possessions papales en Italie, et par celles du roi de France.

So6re, actif et laborieux, jusques au point de se lever presque chaque nuit, pour prier et travailler, doué d*une intelligence rapide et d'une grande science, il y joignait un grand amour des pauvres, pour lesquels il composa un traité de médecine populaire. Sage, prudent et tenace, après la première explosion de son impatience, il était doué d'un esprit élevé qui le portait aux grandes choses.

Sa vie se passa à réprimer les excès des ordres mendiants franciscains et dominicains, à faire silencieusement les préparatifs d*une grande croisade, qu'il voulait mettre à Tabri des fautes qui avaient descrédité ces entreprises religieuses et civilisatrices.

Pour combattre les Sarrasins, soit en Espagne, soit en Syrie, il sentait le besoin d'une milice permanente fortement constituée. Les templiers étaient dissous, les hospitaliers étaient relâchés et obérés de dettes ; tout était à réorganiser dans la chevalerie religieuse. Dès la troisième année de son pontificat, en 1519, il approuva et régularisa la fondation de Tordre des dievaliers du Christ qui venait d'être institué en 1317 par Denys, roi de Portugal. Jean XXII soumit ce nouvel ordre à la règle cistercienne de saint Benoit, et leur attribua tous les biens que les templiers avaient possédés en Portugal. Ces chevaliers s'illustrèrent bientôt par leurs succès contre les Maures et continuèrent avec honneur les services des templiers dont ils héritaient.

Dirigeant immédiatement ses soins vers la réforme des hospitaliers, il fit démettre de ses fonctions le grand-maître Foulques de Villaret et fit élever au suprême magistère le commandeur de Saint-Gilles, Hélion de Villeneuve, dont il avait pu apprécier la capacité et les vertus solides, soit dans l'exerdce de Tépiscopat de Fréjus, soit depuis qu'il lui voyait commander la force armée pontificale sous le titre de prieur, dont il était pourvu depuis 1514. — Hélion de Villeneuve passa plus de dix ans à administrer son ordre, sous les yeux et avec l'impulsion du pape, de 1319 à 1329. L'ordre moral et la prospérité financière reparurent sous Tin- Auence des plus sages mesures. Les domaines des templiers en Provence

et dans toute l'Europe orientale furent soustraits aux eoTahissements des rois et des empereurs, et régulièrement administrés par les hospitaliers.

La conquête de Rhodes par les hospitaliers était le premier no^u d^un grand développement maritime qui devait transformer les hospitaliers en protecteurs de la sécurité des voyages maritimes des chrétiens, comme ils avaient été déjà les protecteurs de la sécurité des voyages terrestres.

Jean XXII sut résister à Timpatience des souverains de France et d*Ângleterre, qui demandaient, avant Thenre propice, à porter leur ardeur belliqueuse et aventurière sur un champ de la Syrie. Il sut résister à TentrainemenC^pulaire bien plus violent qui se manifesta par le mouvement tumultueux des Pastoureaux.

11 entretint des missions et des relations trés-actives avec TArménie et les autres nations de TÂsie-Mineure qui devaient seconder le grand mouvement de refoulement de la barixirie musulmane. Il mit ses soins à éteindre les discordes intérieures de TAngleterre et les querelles inteniationales de cette nation avec la France.

Lorsque tout fut ainsi coordonné avec une prudence et un esprit de suite qui est bien supérieur à celui qui avait présidé aux prépaniti6 des croisades antérieures ; lorsque sans fouler les peuples, il eut préparé un grand trésor pontiûcal destiné à satisfaire à tous les besoins de cette grande lutte, il prêcha la croisade avec ardeur et fit par toute la chrétienté élever la bannière du combat de la civilisation contre la barbarie. Halheureusement, ce pape, qui portait encore une ardeur juvénile dans ses labeurs quoditiens, malgré ses quatre-vingt dix ans, fut arrêté par la mort, lorsque ses sages conceptions allaient enfin se réaliser. On a fait à ce pape un reproche de ses sympathies et de ses obligeances pour Taristocratie de Tépoque. Mais rechange de bons procédés entre Jean XXII et les grandes maisons féodales n'étaient*iis pas un moyen de manier el d'assouplir le grand instrument des guerres extérieures, instrument que It noblesse seule pouvait offrir à cette époque? S*il voulait faire une grande guerre civilisatrice, il lui fallait bien le concours des hommes d'armes... Était-ce en inculquant les principes de piété qui ont conduit Théritier présomptif du trône napolitain et provençal jusque sur les autels, que ToTi pouvait trouver dans les gracieux procéda de Jacques d'Euse avec les grands, quelque chose de voisin de la flatterie et de la morale relâchée? C'est avec Jacques d'Ëuse que fleurirent les saint Eliéar de Sabran, les saint EUéar de Villeneuve, les saint Raynaud de Porcelets, les sainte Delphine de Puymichel, les sainte Roseline de Villeneuve et tout ce brillant patriciat religieux du commencement du quatorzième siècle; ne doit-on pas être frappé de la haute et chrétienne influence exercée par ce pape sur l'aristocratie?

Y avait-il quelque relâchement dans les idées morales d*un pape qui pratiquait lui-même les veilles et les austérités d'un chartreux, multipliait et appelait autour de lui les représentants de l'ordre incorruptible qu'il établit presque sous sa main, dans la chartreuse de Bon-Pas, auprès d'Avignon?

Propagateur des saintes pratiques de V Angélus, de la fête de la Trinitér

DOCUHENTS RELATIFS A SAINTE ROSELINE. 483

et régularisa teur de la fête du Saint-Sacrement, il ne cessa jamais d'attiser le feu sacré de la foi chrétienne.

Quelle fermeté dans la poursuite des fautes du général des franciscains Michel de Céséne ! Quelle vigueur dans sa résistance aux révoltes fomentées par le roi Louis de Bavière ! Par des moyens aussi énergiques que pacifiques, il fît jouir la Provence et Fensemble de la chrétienté de plus d^ordre, de plus de paix qu'on n'en avait vu jusque-là.

H ne nianq[ua pas même de soutenir les idées de la suprématie temporelle pontificale, dans ce qu*il pouvait avoir de plus difficile à accepter par les princes ! 11 parla à Louis de Bavière, comme Boniface YIII avait parlé à Hiilîppe le Bel. Dès les premières années de son pontificat, il étrivit aux rois de France, d'Angleterre et de Sicile des lettres qui censuraient leurs faiblesses et leur rappelaient leurs devoirs chrétiens. Tenir le drapeau de la papauté si haut et si ferme, au-dessus des trônes, était-ce donc se faire le lâche adulateur des rois?

Louis de Bavière sentit s'appesantir sur lui une main si vigoureuse, qu'il fit conune Tenipereur Henri Y à l'égard de Grégoire VII : comme tous les princes châtiés, il eut recours à la création d'un anti-pape. — Jacques de Corbière, franciscain, exalté par Louis de Bavière en 1328, abandonné par ses partisans dés 1329, vint à résipiscence et consentit, dés 1330, sur une lettre du pape, à être mené devant Jean XXII, qui le retint auprès de sa personne dans une captivité assez douce, puisqu'il lui assignait pour nourriture les mêmes qualités de viande que celles servies sur la table pontificale.

Cette manière habile et pacifique de terminer le schisme, absout la mémoire de Jean XXII de tout reproche de dureté envers le concurrent qui aurait pu troubler toute la chrétienté à l'aide de l'appui de l'empereur d'Allemagne. Pierre de Corbière fut tenu sous la garde du pape, parce qu il aurait pu être enlevé par ceux qui, frappés des condamnations pontificales, auraient pu chercher à en amortir les effets, en sjb plaçant sous le

bouclier d'un anti-pape

Le seul personnage qui ne put pas être sauvé par l'indulgence pontificale fut l'évêque de Cahors, nommé Géraud. Ce prélat fut accusé vaguement d'avoir voulu empoisonner Jean XXII, mais il fut condamné sérieusement pour avoir obtenu sa prélature par simonie, pour s'être livré à une incontinence notoire, et enfin pour avoir accablé ses ouailles d'exactions... Une condamnation et une déposition aussi bien motivées n'étaientelles pas commandées au pape par ses premiers devoirs? Inexorable vengeur des mœurs jusque dans le plus haut clergé, Jean XXII fit condamner aussi un archevêque d'Aix dont la vie était irrégulière.

^ discussions relatives à la vision béatifique montrent le zèle avec lequel Jean XXII s'attachait aux études théologiques.

Le pape Benoît XII, en succédant à Jean XXU, s'attacha surtout à rectifier ce qu'il croyait erroné dans les opinions de Jean XXU, relativement ^ la vision béatifique.

Mais le résumé de cette longue vie de Jean XXII est une application con- ^nte à la pratique des devoirs et des vertus : fermeté, prudence, piété

furent ses qualités caractéristiques. L^estime que ce pontife professa pour sainte Koseïine pour son frère Hélion, s*étendit toujours sur Tordre des chartreux. En fondant deux chartreuses, Fune auprès de lui à Bon-Pas, Tautre dans sa patrie à Cahors; il montra que sa vénération pourRoseIrne, le disposait à propager Tordre tout entier, dont elle était la plus haute expression. La pensée carthusienne des croisades le préoccupa sans cesse, et par l'organisation maritime des hospitaliers confiée à Hélion de Villeneuve, il prépara la marine militaire de la chrétienté et Tordre public destructeur de la piraterie maritime. Il fut donc un pape énergiquement civilisatemr, en contribuant à faire de Tordre hospitalier la forte gendarmerie de terre et de mer.

Il fut un de ces papes français courageux propagateurs de la civilisation chrétienne, qui forment la série de Silvestre II, Urbain II et Jean XXil. Pour expliquer les insinuations calonmieuses de certains auteurs italiens contre de tels papes, il suffit de savoir que pour ces écrivains Torigine française d'un pontife est quelquefois le motif d'une aveugle prévention. Le Dante n'était-il pas un gibelin passionné et bien partial?

Après avoir apprécié le pontife protecteur de sainte Roseline, nous transcrivons le bref adressé à notre sainte.

BKBP DD PAPB JEAN XXU EN 1523. — KALEHDE8 DB otelIBBE.

Decembris, Âvenione existens, id est anno Christi MCGGXXIII, insigniter sublevaverit indulgentiam monasterii, uniendo ipsi prioratum S. lartini in territoris Arquensi : cujus indulti et unionis etiamnum extat bujusmodi brève.

Joannes servus servorum Dei, dileclis in Ghristo filiabus et conventus monasterii de Gella-Robaudi, per priorissam soliti gubemari, ordiBÎs Garthusiensis Porojuliensis diocœsis, salutem et apostolicam Benedictionem apostolicae sedis. Gratiosa benignitas prudentes virgines, quae carnalibus abdicatis et illecebris et contemptis hujus mundi vanitatibus, virginitatem suam filio Virginis dedicantes, se parant accensis lampadibus obviam sponso ire, tanto propensions consuevi prosequi studio caritatis. quanto eas, propter fragilitatem sexus, migori sufiragio prospicit indigere. Sane vos, nécessitas vestra vestrique monasterii, adeo rerum inopia temporalium praegravati, quod de ipsius reddilibus provenientibus et obvenientibus non potestis commode sustentari, sicut olim dum in minori ageremus, Forojuliensis ecclesiae regimini prsesidentes, non absque compassione didicimus; pietatis oculi intuentes, et volentes pro utiliori reievatione necessilatis hujusmodi, vobis et eidem monasterio de aliquo subsidio providere, ut melius et quietiuSt circa pedes Domini, in ccn' templationis altittitditie, vivere vaùaliSt ruralem ecclesiam S. Martini àe Arcubus forojuliensis diocœsis, etc. Unimus et applicamus vobis et àkîo monasterio, non obstantibus, etc.

■aiate lloaellB« préteadiM oh^Talièr* hospitalière *.

Sainte Roseline de Villeneuve, religieuse à Beaulieu, en Querqf, diocèêe de Cakors^ de V ordre de Saint-Jean de Jérusalem ^ surnommée Flore, à cause que, portant du pain aux pauvres, surprise par le supérieur, et interrogée sur ce qu'elle portait, dit que c'était des fleurs. Ce qui fut trouvé ainsi. *

Elle décéda Fan 1299, âgée de 37 ans.

Sa fête se célèbre le 11 juin.

Elle se voit encore tout entière, et ses yeux, conservés et très-beaux, au couvent des cordeliers d'Arcs, seigneurie qui appartenait à son père, Gaspard de Villeneuve, qui eut pour épouse Bourguette de Sabran, sœur de Charles de Sabran, baron d'Ansouis et Puymichel.

Qui de Laudune d'Albe eut pour fils saint Elzéar, comte d'Arrian, qui décéda le 27 septembre 1355, et qui avait épousé sainte Delphine de Glandevès, qui reposent tous deux au couvent des cordeliers de la ville d'Apt, en Provence.

Notre sainte eut pour frères* :

1* Le grand-maître Hélion de Villeneuve ;

^ Hugues de Villeneuve, religieux franciscain, un des premiers docteurs de l'ordre ;

0* Elzéar de Villeneuve, évêque de Digne, homme de sainte vie.

aa avril 1480.

Miùtm ém prooomtioa pour •dmiaislrar las kimis

poMédés à Hyèros par Um raliffiavsas d« CSaila-Roabasd,

•a tevanr de Jaoqoes Snaoni, aotaira'.

SUIDICATUS CAPITULI ECCLESIA 1I09ASTBRU CBLLA ROBAUOI.

In Domine Domini. Amen. Anno incarnationis ejusdem Domini millesi- ^0 quadringentesimo quinquagesimo, et die Mercurii quae fuit et intitu-

Extrait du Martyrologe deo ehevalieri de Saint-Jean de Jérutalem, par MatlUea Ciussencourt, célestin, imprimé en 1643; Saihts Roscliab db VnxBimovB, page 237.

Je prends ceci du R. P. de Parc de La Noue, correcteur des P. P. mineurs de Paris, quelques-uns ont touIu dire qu*eUe a été ekartreute, mais le R. P. Polffcarpe de la ^ière, qui a dit la chronique des chartreux que j'ai vue et lue n'en dit rien ; portait u«^ gueules i six lances d'or frettées, entre lesquelles sont des écussons d'argent.

Nomsdes religieuses de Celle-Roubaud : Hélidie Boas, prieure ; Antoinette Audodarde, nognette Bohbttb, Batrone Bkrnarbb, Bertrande Castali<. ^ L'absence de religieuses °^ famille noble indique que les jeunes vierges châtelaines se portaient dans d'autres couvents; dans un monastère d'Hyères se trouvait Catherine de Villbicbuvb, fille d'An* toine de Vuxi{iBirvB.Fi.ATosG. U y avait donc alors un espèce de dédain pour la maison ^ ^eUe-Boubaud, abdiquée par les chartreux.

latur vicesiroa secunda mensis Aprilis, hora décima ejusdem diei vel ârca. Noverint universi et singuli, pnesentes parîter et futuri quod oonTocatis ad Capitulum celebrandum, et congregatis in capitula ecclesiae monasterii Celle Robaudi, Forojuliensis dioocesis, ad sonum campane pulsanlis, prout moris est, venerabilibus et religiosis Dominabus Pnorissœ et aiiis sororibus, monialibus ipâus monasterii Cellae Robaudi, et principab'ter pro infrascriptis negotiis peragendis, in quibus quidem convocatîone et congregatione ac cipitulo praedictis, interfuerunt dictae Domin» priorissa et aliae sorores moniales ejusdem monasterii, que per ordinem sequuntur : et primo venerabilis et religiosa Dna Helidia Buas, priorissa ipsius monasterii, ac Dna Anthoneta Audoarde, Huguetta Bonette, Batrona Bernarde, et Bertranda Castalie, ]sorores moniales ipsius monasterii Celfae Robaudi, ipse, inquam, pranominata Dna priorissa et vorores moniales dicti monasterii, onmes et singulœ, majorem et saniorem partem Dnarum monialium ipsius monasterii, ac venerabile capitulum ejusdem fadentes, nemine ipsarum discrepante, sed potius convenientes omnes insimul pan volunlate et assensu, pro se ipsis ac dicto monasterio Celle Robaudi, et venerabili capitulo ejusdem, ceterisque de eodem monasterio absenlibas^ et earum qualibet, a suis citra tamen revocationem alionim suorum ac dicti monasterii ac venerabilis capituli ejusdem syndicorum, acloram, economorum et procuratorum per easdem Dnas capitulariter siroul rd divisim alias constitutorum, ex eanim certis sententiis, eis melioribas via et modo, jure atque forma, quibus melius et efûcacius potuenint et deboerunt tenore et cum testimonio hujus, veri, publici, et autentici instnimenti, faveuter valituri litem explere pertinenter, feœrunt et constituerunt ante dictis nominibus, creaverunt, nominaverunt, et similiter ordlnaverunt suos et cujuslibet ipsarum dicti monasterii Celle Robaudi, et venerabilis capituli ejusdem, et ceterarum de cisdem, certes riros légitimes et indubitatos sindicos, actores. economoset procuratcvcs, factores defensores, et negoliorum suorum infrascriptorum gestores ac nundos spéciales et etiam générales, videlicet nobilem et discretum vinim inigistrum Jacobum Stixont, notarium ville Arearum ibidem presentem et onus hujusmodi sindicatus et procurationis in se gratis suscipientem, videlicet specialiter et expresse, levandum, recipiendum, recuptfandum, et habendum, ac se habuisse et récépissé confltendum et recognoàcendum particulariter et in solidum omnes et singuias pecuniarum summas, ac fructus, redditus, et proventus, census, seruitia, tascas, facharias, leodas, trezenas, ac omnia singula alia jura et emolumenta quaecunque, quos, quas et que, ipsa Dna constituentes , seu dictum monasterium Celis Robaudi habent et percipiunt, habereque et percipere debent et consueverunt in dicta villa Arearum et ejus terriiorio. Item ac locandum et dislocandum, et ad faciendum et ferma tradendum omnia et singula bona, domos, casalia, liortos, vineas, electo, seu pluribus eleclis, et illo, vel illis, dimisso, seu diraissis, ad aliam, seu alias, curiam, seu curias, dicti contrahentes et quilibet ipsorum, ire et redire possintet valeant, citra prejudidom unius curie alterius, et e converse usque intçgr^m observaiitiam onanium et singulorum in presenti publiée instrumente contentorum et cujuslibet

DOCUMENTS RRLATIFS A SAINTE ROSELINË. 487

ipsorum, et ita omnia» universa et singula supradicta tenere, attendere, et inviolabUiter observare, et non contra aliquld dicere, faoere, seu venire, per se yel per aliquam aliam interpositam seu interponendam personam dicti contrahentes et ipsorum quilibet promiserunt, et ad sancta Dei evan- ^elia, ?idelioet dictae Dns priorissa et Moniales cum voto religionis per appositionem manus dextne cujuslibet ipsarum ad suum pectus, more religiosomm, et dktus nobilis Jacobus Suzoni lactis scripluris manu suâ propriâ dextrâ, sponte juraverunt. Sub cujus juramenti virtute renunliavc*runt in praernissis omnibus et singulis exceptioni omni sic celebrati contractas, reique omni sic gestae, et aliter aut magis aut minus fuisse scriptum quam dictum, seudictum quamscriptum vel recitatum, ete converso, doUque mali, oblationi libelli et simpiicis petitionis, feriisque messium et vindemiarum, et privilegio eorum fori : et jure ubi incaeptum est judicium ibi finiri débet, et in contractibus de loco ad locum remissionem fieri à debere, et demum generali omni et cuilibet juri canonico et civili, divino, humano, novo et Teteri, usui, ratioui et consuetudinibus, quibus médiantibus contra pnemissa vel praemissorum aliqua, venire possent, seque in aliquo juvare, defendere, vel tueri; et specialiter juribus dicenlibus juri noudum competenti renuntiari non posse, ac generalem renuntiationem non valere nisi processerit specialis. De quibus omnibus et singulis praedictis quolibet pars petiit sibi et suis ûeri publicum instrumentum» et publica instrumenta, unum et plura, tôt quot habere voluerint, per me notarium publicum infrascriptum.

Acta fuerunt loc in prodicto monaslerio Cellae Robaudi, in capitulo ejusdem, ante januam ecclesise dicti monasterii, ubi solitum est dictum capitulum teneri; praesen tibus ibidem discretis viris Joanne Magnaud, Jofaanne Gaufridi, Castri de Arcubus, testibus ad praemissa vocatis specialiter et rogatis, et me Antonio Saqueti, praemissi Caslri de Arcubus notario publico, in comitatibus Provinciae et Fortcalquerii auctoritate regiâ constituto qui de praemissis requisitus notam recepi.

Cet acte est ainsi couché mot h mot dans un TÎeux registre extensoire des écritures de feu M. Antoine Saqueli, notaire des Arcs, lesquelles écritures sont à présent (c'est-àdire au siècle dernier) chex M. Aube, notaire du Luc, page 23.

Par sa lettre du 20 août 1863, l'abbé Albanés, vicaire de Saint-Théodore, à HarseiUe, annonce que cette pièce est annexée A l'histoire manuscrite de la chartreuse de La- Terne, qu'il possède depuis quelques années. U ne sait d'où provient cette histoire.

nelatkm de le Térlflcetlon de le rellqne de eeiate Roeeliiie, ffkite en 1644, per le prienr de le chertrevee de ■ealii<

48. Anno MDCXLIY Honlis Rivi Prior et Yisitator provinciae, locum eimidem adiit, et per Epistolam, XY Junii datam, eadem fere omnia scrip- ^t ; testatus, invenisse ibi etiamnum rudera veteris alicujus monasterii, •cujus tamen pars nuila intègre discerni posait, cum fuerint ad usum mo-

dumque Fratrum Obsenrantium reformata omnia; solam ecclesiam ait Teterem formam retinere, eaque ostendere sanctimonialium se fuisse; sed ruinosam, et pluribus rimis hiantem : ubi est capella ad dexteram majoris arae, supra cujus altare extenditur arcula, ipsius longitudini par, ex ligno, tribus vitris ad caput, ad pedes, et in medio perspicua, alioque vilis valde, cum vitra non nisi papyro agglulinata contineantur. Sed ilarcfaio Arquensis dicebatur novam ex argento parare. Per vitram istam primum, inquit Yisitalor, videtur caput integrum.non sicut aliorum mortuonim»sed carne tectum, exuccâ tamen; satisque apparet, separatum jaoere, necreliquo corpori cohaerere : hoc vero a capite ad tibias operitur Teteri sobtilique sindone : sed ejus nuHa pars conspicitur praeter tibias, int^rasadhuc suaque eiucca came tectas, circa pedes tamen hinc inde perforatas, non sine nota alicujus corniptionis. Sub ea sindone totum quidem corpus esse dicebatur, sed non potui hoc mihi persuadere ; cum drca médium viderem depressiora omnia, quam ut crederem integrum corpus subesse. Ostenderunt autem mihi seorsim oculos, ad intuentium stuporem integros, intra argenteam figuram uno circiter pede altam. Est autem magna vicinorum erga Sanctam devotio : et nuper Arquensis Marchiouissa, ex suo Castro, quamvis solidam dimidiam ieucam distante, pedibus eo per novemdJum accessit.

Prooès-verbia an 16 août 1619,

conitetent 1« oonaanrAtion dm la raliqna d« Miinto Rosfliac,

▼ériflé« par Fr. de Baatlda, proTladal obflarrantia.

SHS MA

In nomine Domini nostri Jesu quem laudant omnia in sanctis ejus.

Amen.

Noverint universi quod anno Di)i millesimo sexcentesimo decimo nono et die Sexta décima meiisis Augusti, nos infra inscripti frater Franciscus à Bastida, minister provinciaiis provincise hujus sancti Ludovici ordinis Minorum de observantia nostra» visitationis munus obeuntes in mo conventu sanctae Catharinae Gellsp^Robaudi, inter estera vel imprimis, visitavirous templum in cujus sacelio, quod infra quorum existit, reperivimus super altare capsam ligneam, a parte anteriori tinca vitrata apertam fene-

\ SHS HA

Au nom de Notre-Seigneur Jésus, universellement glorifié dans ses saints,

Que chacun sache que Tannée i619, et le 16 août, nous, soussigné, frère François de Biutida, ministre provincial de cette province de Saint-Louis de Tobservanœ de Tordre des mineurs, remplissant nos fonctions de visiteur dans le couvent de Sainte-Catherine de Celle-Roubaud, avons entre autres, et avant toutes choses, visité le temple, dans la chapelle duquel nous avons trouvé sur Tautel une châsse de bois garnie d*un vitrage sur le devant, percée d'une petite fenestre et couverte d*un voile

slrella, capsamque vélo desuper distincte satis opertam, et in ea sanctiim corpus invenimus Beats Vtrginis RoulinXy non modo inUgrum, sed fere omni ex parte, Dei bénéficie, irgorruptcm : qtiam qui-.

dem Bealarn Yirginem Roseliuam €X>iistai vetustis antiquorum instrumentorum fragmentis, et iliustri salam prosapia nobilium dominorum de Villanova, religiosseque famili» monalium antiqui sed antiquati monasterii, in hoc ipso looo jampridem extincti, féliciter ascriptam, infînita dédisse specimina singularis sanctitatis, tandemque ejusdem monasterii praefectam, sub nomine prioriss», constitutam, de corsa féliciter vitae hujus labilis curriculo in continuo sanctarum Tîrtutum exercitio, anno Domni mUlesimo ducentesimo sexto dies suas felicissima clausula terminasse.

Ejus autem beatissima anima supemls cœlorum gaudiis cum Sponso perenniter perfruenle, corpus sacrum integritatis dudum virginalis ex ejusdem integritate fidèle

referen testimonium. De terra,

ubi sic diu incorruplum jam erat, est elevatum; multisque clarum miraculis, sununa ut extat populorum necdum Ticinorum sed et knge distantium frequentia celé-

bratum. Nos aut debilo bealae

Tîrginis Roselin» nomen expandi sacrasque corporis ejusdem reli-

quias me celebrari ut fidiori

custodia in hac nostra domo totum

conservari decate et in hono-

rem ipsius sanctae Tirginis Roselinae, earumdemquereliquiarum...

imus translationem peragere atque

ideo jussimus super ara majoris

ejusdem alUris tabella inter eam et aram pr»dictiun sanctum

orné, et avons trouvé dans cette châsse le corps de la bienheureuse vierge Roseline, non-seulement entier, mais, par la grâce de Dieu, encore presque entièrement conservé sans corruption.

Des vieux débris des antiques documents, il conste que la bienheureuse vierge Roseline, issue de l'illustre famille des nobles seigneurs de Villeneuve, fut heureusement affiliée à la pieuse maison des religieuses de cet antique monastère, maintenant abrogé, et ayant depuis longtemps cessé d'exister en ce lieu ; après avoir offert fexemple d'une éminente saintelé, elle fut placée à la tète du monastère avec le litre de prieuresse.

Et ayant, dans Texercice continuel des plus saintes vertus, par»

couru le cercle de cette existence périssable, elle termina heureusement ses jours Tannée 1206.

Pendant que son âme bienheureuse jouit éternellement, avec son céleste époux, du bonheur du paradis, son corps, par son incorruptibilité, rend un fidèle témoignage de son incorruptible virginité terrestre.

Exhumé de la terre, où il était resté longtemps sans décomposition, après avoir produit d'éclatants miracles, il a été honoré par le concours, non-seulement des peuples voisins, et même par celui des populations éloignées.

Pour donner à la bienheureuse vierge Roseline le renom qu'elle mérite, et pour honorer les sacrées reliques de son corps, nous faisons célébrer son culte et constituer notre maison fidèle gardienne de son corps.

Nous avons résolu de faire exécuter la translation des mêmes re-

débita cumulari, quod eum exti-

terit provesUs eflectum sacri-

fick) in pnesentia reverendi patris

Andrœ Debras tus Draguiniani

guardiani née non Reverendi patris

Jac nostrorum in dicto conventu

sanctœ Catherinae tune existens

praedicto loco honeslo gardim atque

distincti sed non ita Iranstu-

limus, locumque ferrea crate velo-

que desuper tum portis leg

hujusce conventus superioribus et 5ubdictis ad majorera Dei gloriam ...reliquias devotionis afTeclu nb aliquibus visitari, ipsasque portas aper yelatio sacerdot. ostendente super pelido induto, et antiphonam..... recitari cmn ejusdem virginis versiculo et oratione insuper etsi a Deo merilis beat» Roselinaa fuerit.

Scripto notetur futurae postero-

mm mémorise ad honorem

sanctae virginis Roselins cujus nos

pro commendamus. Haecque

sint in testimonium premis ni-

vimus et offlcii nostri sigillo ma-

jori an intra dictam capsulam

profuturam'.

liques, en Fhonneur de la bienheureuse Roseline, et nous avons fait poser son saint corps sur la table du maitre-autel.

En présence du révérend Père Debras, gardien du couvent de Draguignan, et aussi du révérend Père Jacques, de notre dit couvent de Sainte-Catherine, alors existant, nous rayons transféré dans celte position convenable et décemment décorée, et nous Tavons fermé d'une serrure de fer, après Tavwr recouvert d'un voile.

Nbus Tavons confié aux chefs et aux membres inférieurs de ce couvent, afin que, pour la plus grande gloire de Dieu, les reliques puissent être exposées à la vue et à la vénération affectueuse des fidèles.

Le prêtre, revêtu du surplis, récitera Tantiphone avec le verset et Toraison relatifs aux mérites de cette heureuse vierge. Nous désiit)ns signaler par cet écrit, à la mémoire de nos neveux et en Thonneurde sainte vierge Roseline, le culte que nous recommandons.

Que ce qui précède soit un témoignage de la translation actuelle. Nous Tavons marqué de notre grand sceau, sur le devant, dans Tintérieur de la diâsse...

Transcriptum conforme originali quod in nova capsa marmorea includitur.

Forojulii, die duodecima septembris, anni Domini 1835.

Signé : Descosse, can. Sec, gen. ep.

* Les fautes qui se sont glissées en grand nombre dans la copie du présent procésverbal viennent, sans aucun doute, de la difOculté qu*ont eue les personnes que nom avions chargées de dicter la pièce qui a été ttUe sur les lieux ou de l'écrire, à déchiffrer entièrement ledit procès-verbal, à raison de sa vétusté, ainsi que du peu de temps qu'elles ont eu avant de le remettre dans la châsse; et plus encore de l'embarras qu'occasionnaient, soit l'afOuence dans la chapelle des personnes qui assûtaient à la cérémonie, soit les opérations nécessaires pour retirer le corps de la sainte de la châsae ancienne pour le placer dans la nouvelle. Du reste, on y voit suffisamment ce qui en est l'essentiel.

Fréjus, 1 i décembre 1835. Signé, f L. Cu., év. de Fr^os.

Traaslatton éê la reliqa* àm salnto Rofl«llB«.

PROCis-VBRBAL DE LÀ TRAlfSUTIOM DE 1657'.

50. Absoluto novo, quod dixi, sacello, perbeneque ornato, décréta est solennis translatio, facienda die XX mensis octobris. Pridie autem illius diei, inquitin epistolarum suarum una Franciscus Yillanovanus, extractum de mandate Gaardiani fuit corpus cumcapsa de allare supra quod requiescebat, nihil dissimile vivo, quemadmodum mihi retulit Fr. Fraiiciscus Gerosius Laicus, ibidem praesens, religiosus fide dignus, quem ad ordinem ego recepi sociumque fréquenter circumduxi. Hic autem asserebat, quod cum capsa ab allari sumpta in choro maneret, saepius sustulerit brachiorum unum illudque ad deztram et sinistram ipersaTerit, absque ulla omnino difficultate. Quid porro die actum sit altéra, indicabit sequens authenlicum instrumentum. Non sine magno primi parentis sacramento, oonditus protoplastes Adamus in campo Damasceno, fuit exinde in paradisum voluptatis translatus, ut ibi vitam a temporum injuria alienam, impoUuto corpore, integrioris animas individuo afîectu, fauste transigeret. Sic etiam divina decrevit Providentia, ut beatissima Rosselina, ex antiquissima et illuslrissima genlis Villanovanœ marchionum de Trans et de Arcs prosapia oriunda, intaminatae animae non taminalum corpus : (quod) abbinc quatuor saeculis miraculosa protectione, tam diuturno diutumique temporis omnium rerum edacis tractu, inexesum, nuUibique erosum, in quodam sacello hujusce ecclesiae ac comobii S. Catharinœ Cellae-Robaudi» juxta chorum ejusdem ecclesiae a dextra constructo, non cum omni et débita decentia, in capsula supra altare positae, asservalum jacebat» donec ad conditorium aliud convenientius et honestius, utique in paradiso ad primi parentis exempiar suae beatitate potiturum, transveheretur.

5i. Nos igitur Fr. Joannes Jourdain, lector jubilatus provinciaeque antiquior pater, Guardianus magni convenlus Tolosae, et super banc S. Ludovici provinciam cum potestatis plenitudine \isilator et commissarius generaiis; Bonaventura Grye, ininister provincialis ; Matbaeus Ricaud, diffinitor gereralis et concionalor régius ; Franciscus a Villanova custodum custos; Franciscus Guesdan exprovincialis; Antonius Pecqui diflGnitor; Antonius Goreu, Sebastianus Bernardi, et Paulus RossiUon, diffinitores aotaales praefatae provincise, in hoc praefato cœnobio pro comitiis provincialibus celebrandis congregati, visis tum praedicta Ecclesia, magnis cum expensis perillustris Domini Caroli a Villanova abbatis, in omnibus ad maj(imam devotionem altinentibus, reparata et omala; cum etiam sacello, maximisintra et extra cum ornamentisinstructo; ad requisitionem clarissimi et nd)ilissimi domini Antonii a Villanova, Marchionisde Trans et des An per instantiamdicti perillustris Domini abbatis ejusfratris,melioribusmodo, forma et génère, quibus possumus et debemus altestamur, omnibus et singu-

■ Tiré des BoHanditten,

lis quorum interest aut interesse poteril, quod in celebralione dictomm concilioruiiiy die dominica videlicet \-igesima octobris, anno a reparatoorbe millesimo sexentesimo quinquagesimo septtmo decanlatoetsolenniter célébra to sacro missa mysterio a R. adin. pâtre commissario Grye prorinvinciali ministro, assistentibus sibi venerandis patribus Antonio Brunet provincise secretario, et honorato Âymard Guardiano de la Motte; et babita oralione panegyrica et pro suggestu pronunciala, omnibus eloquenti» numeris absoluta, de beatissima Rosselina, a venerande pâtre de la Greffe conventus Limosini Guardiano, confluentibus undique populis quot ecdesia continere minime poterat ; incedentibus processionaliter et maxima com ▼eneratione RR. adm. et Yenn. patribus et fralribus; et halntu Le?itioo indutis et infulatis, RR. adm. patribus Francisco Guesdan exproTinciali» Josepbo Bounin, Andréa Baldovin, provinciae pâtre seniore; née non Francisco de Yillanova custodum custode; a praefalo sacello, in quo prius asservabatur, astantium ubique personnante applausu et aoclamatione pra&sentibus DD. Marchione de Trans et des Arz, et uxore ejus carissima D. Gabriela de Castelbne, D. Carolo de YiilanoTa abbaie perillustri, et multis aliis dominis et dominabus ex eadem familis oriundis, translatum fuisse, deferentibus quatuor pnedictis adm. patribus ad prsBfatum sacellnm, de novo oonstructum a prœnominato abbate perillustri, et repositum ad coma Evangelli altaris ejusdemmet sacelU; populi derotioni multo commodioris, ibi expeclatunim ultimam rerum omnium consommationem, ultimamqut stupendi sui corporis remunerationem ad majorem Dei gloriam, majorem nostri ordinis et hujus conventus honorem, maximumque praedictae nobilissimae et antiquissims familiae decus.

52. Et ut omnibus constet de praefata translatione, boc aulhenticum instrumentum testimoniale exarare duximus, nostroque manuali signe munire, die et anno quibus supra. In hoc conventu S. Catherin» de monte Sion. Fr. Joannes Jourdain, commissarius generalis; Fr. Bonaventun Grye, minister provincialis; Fr. Franciscus a Yillanova, custos custodum; Fr. Franciscus Gnesdan, exprovincialis; Fr. Antonius Coreu, difBnilor; Fr. Pecquis, defOnitor; Fr. M. Ricaud, difflnitor generalis ; Fr. Paulos Rossillon, difSnitor ; Fr. Sebastianus Bemardi, difflnitor. Hactenus intrumentum illud, in quo cum praeler Marcbiones et fratrem abbatem, dicantur ad fuisse multi domini et domina; ex eodem Yillanovana familia oriundi ; yero simile fit inter eos quoque fuisse, quem Chauvetus expresse notât, modestum YiHanovanum, ipsius Marchionis fratrem majorem natu, ex minorita observante episcopum Aptensem : et multa tune ibi facta, quorum relationem distinctiorem requirimus.

néCIT DB LA TRANSLATION DE 1657*.

XXYII. Dans la suite des temps, comme on s*aperçut que la sainte relique n*était ni asseï décemment, ni assez sûrement conservée, les seigneurs delà maison de Yilleneuve, très-jaloux ainsi que très-intéressésdanssa con-

* Publié en 17S0, par De Haitxe.

servation, qui leur fait tant d'honneur, avaient très-souvent projeté de pourvoira ces deux clioses. Cependant, on ne sait pour quelle cause, un si louable projet demeura un très-long temps sans être exécuté, et jusqu'après le milieu du dix-septième siècle. Enfin, en 1657, Charles de Villeneuve» connu sous le nom d^ Abbé de Villeneuve, frère d" Antoine de Villeneuve, seigneur des Arcs, mit la chose à exécution, A cet effet, après avoir fait travailler à une nouvelle châsse ou cercueil très-décent pour y fermer cette sainte relique, il fit construire une chapelle, qui est la première à main droite en entrant dans réglise de Sainte-Catherine, y fit pratiquer une armoire dans l'épaisseur du mur de Caile gauche ou du côté de VÊ» vangile, revêtu en dedans d'un ornement de bois doré en forme d'une coquille ouverte pour y placer ce cercueil, et Vy conserver sous la garde de plusieurs clefs. Tous ces préparatifs étant achevés il moyena que le chapitre provincial desObsenantins qui'devait se tenir en celte année, fût assigné au couvent de Sainte-Catherine, afin que cette translation fût plus auguste, se faisant parmi la célébrité de cette assemblée monacale. Cette translation fut donc faite un jour de dimanche, 20 octobre, avec toute la décence et toute la pompe que ces religieux purent imaginer. La fête fut encore trés-solennelle et très-bruyante par le concours du peuple, qui fut si grand qu'il fit presque déserter, pour ce jour-là, tous les lieux voisins, et qui même y en fit venir de ceux qui demeuraient en d'autres assez éloigna. Le seigneur, marquis des Arcs, y invita tous les gentilshommes de la maison de Villeneuve, qui s'y firent voir aussi en très-grand nombre, et où ils furent régalés par la munificence du même abbé de Villeneuve, qui avait été le promoteur de cette fête. La sainte pour qui elle se faisait y lut louée par un excellent panégyrique qui fut prononcé par le père Antoine TRi5QDiiRE DE LA Grèpe, Obscrvantin, un des premiers orateurs de son temps, qui prit pour texte de son action ces paroles du psaume 15 : Seigneur, VOCS NE SOUFFRIREZ PAS QUE CE QUE VOUS AVEZ SANCTIPlé SOIT SUJET A

CORRUPTION. Ce panégyrique fut ensuite imprimé à Monipellier en 1663, chez Daniel Pech, pour être donné au public comme un monument de la translation de celte précieuse relique et de sa merveilleuse conservation. Cette édition fut faite avec une dédicatoire pour dame Gabrielle du Mas de Castellane. baronne d'Allemagne et épouse d'Antoine de Villeneuve, marquis de Arcs. On a donné à cet ouvrage le titre de Triomphe de tincor^ rupiibilité, sur tout ce qui peut corrompre l'esprit, le corps et les mœurs de l'homme.

XXVIU. Lorsqu'on procéda à celte troisième translation, on trouva que les bras de la sainte étaient encore flexibles, du moins on pouvait les remuer à droite et à gauclte fort aisément et sans qu'il y eût danger qu'ils se détacliassent du corps. Il en rend compte par des témoignages par écrit de ce temps-là, rapportés par les Bollandistes. — Quant à ce saint corps, on le voit aujourd'hui étendu dans son cercueil, par trois ouvertures vitrées pratiquées sur le côté qui se présente en dehors. Il n'est couvert que d'un suaire ou drap de toile qui lui descend jusqu'aux genoux, laissant la tète et lés jambes à nu, qu'on reconnaît encore être couvertes d'une chair desséchée, n'ayant que quelques piqûres au front.

XXIX. Le culte de sainte Roseline est répandu dans toute la Provence ; il est très-grand dans le diocèse de Fréjus : tout l'ordre des Clxartreux le reconnaît, en étalant sa représentation dans ses églises. Son nom a éU consacré et reçu dans toute la province pour être donné aux enfants dans leur régénération spirituelle. On afîecte particuIià*enieDt de le doaner aux filles de la maison de Villeneuve, et il serait à souhaiter que, de même, on s'étudiât de les porter à imiter leur sainte paraite, c'esl-â-dire, de tâclier à atteindre à sa sainteté, suivant les états de vie où elles sont appelées, comme c est Tesprit et Tintention de la mère commune des fidèles. L'église de Sainte- Catherine de Celle-Boubaud, où le corps de cette sainte repose, lui a adressé des hymnes, des litanies, des antiennes, avec leurs collectes qu'elle chante chaque jour devant son monument. Annuellement, le onzième juin on y honore sa mémoire par une pieuse réjouissance qu'on appelle vulgairement le triomphe de sainte Roseline, qui y attire les peuples des environs, lesquels considèrent cette sainte comme leur protectrice, ainsi que le témoigne un endroit des prières qu'on chante parmi la pompe de cette fête. Elle est aussi, cette sainte, la gloire de la principale maison de la contrée, la joie des habitants de ce canton et l'honneur de ce peuple.

KOTE QOI NOUS A ÉTÉ REMISE PAR JACQtJES GARCIK, KOTAIRE A TltAXS, AVEC LA COPIE DU TESTAMERT DE JEAN DE VIUENEUVE, MARQUIS DE TRAMS

ET BARON DE FLATOSC, Elf 1626.

Dans le livre mémorial de Jacques Garcin, mon bisaïeul, notaire à Trans. page 98, se trouve écrite de sa main et par lui signée, la note d-après :

Le nom de Dieu soit toi^jours à notre bouche, la sainte Vierge et sainte Roseline soient à notre aide. Mes enfants auront ici par mémoire d^aimer Dieu sur toute chose, d'invoquer la sainte Vierge dans toutes les nécessités et de prendre pour patronne sainte Hoseline. El auront ici pour mémoire que le saint corps de sainte Roseline est au couvent de Sainte-Catherine où habitent les Observantins de la régie de Saint-François. Ce corps était gisant dans la chapelle plus proche du chœur et dans laquelle chapelle ce saint corps y a demeuré, à ce qu'on m'a dit, cent quarante-deux ans et s'y voit que le chapitre général des pères religieux fut tenu le 18 octobre 1657, et a duréjusqu*au dimanche du même mois, 21 octobre 1657. Le chapitre aurait après fait une très-belle prédication toute sur la vie de cette sainte, et après la grand' messe ce corps saint fut porté à la chapelle la plus proche de la porte en entrant où on y tit une très-belle cérémonie, firent la procession où tout le chapitre assista, firent le tour du cloître, durant laquelle ce saint corps fut porté sur les épaules dans la chapelle par les révérends pères François Gay, Pierre Ricaud, Joseph Brun, Antoine Baudoin, Honoré Villeneuve, prieur de la province, tous en habits sacerdotaux, où allait au devant du corps le révérend père Ricaud et monseigneur, etc., etc., et autres personnes qui suivaient au nombre de quatre

mille grands ou petits.

Signé : Jacques Garcih*

RKCIT DE LA TRANSLATION i>B 1S35.

La translation de 1835 fut exécutée pour placer le corps de la sainte dans une cbàsse de marbre, substituée à la fragile châsse de bois dans laquelle elle était placée, et où elle n'avait pas été toujours à Tabri des profanations de ceux qui voulaient obtenir des reliques à tout prix, La châsse nouvelle, en marbre blanc, aux frais des paroissiens des Arcs, était fixée sur le mur attenant au côté de Tévangile de Tautel, où la famille de Villeneuve est représentée à genoux devant Timage de sainte Roseline, protectrice de la maison. Le il juin, la sainte a été placée dans un tombeau de marbre que la fabrique des Arcs a fait élever, et dans lequel le corps de la sainte est recouvert d*un voile en moire blanche brodé en or et en argent, recouvrant le corps de la sainte. Ce voile a été offert par la famille de Villeneuve.

La cérémonie a été présidée par monseigneur Tévèque de Fréjus, assisté de M. Maria, recteur des Arcs, avec le concours des prêtres des environs. D'après Theureuse pensée de M. Raybaud, maire des Arcs, on avait apporté une feuille de tôle, destinée à être insinuée sous la relique et à la soutenir pendant le déplacement du corps porté de Tancienne châsse à la nouvelle.

Le peuple assistait à cette cérémonie avec un empressement jaloux, veillant à ce que rien ne fut distrait de la précieuse relique. L'enceinte réservée était marquée par une corde, destinée à empêcher que les mouvements des translateurs ne fussent gênés par des assistants trop nombreux.

Lorsque le déplacement de la relique eut été opéré, Tancien susire fut enlevé pour être remplacé par le voile de soie brodé en or donné par la famille de, Villeneuve. Lorsque la relique fut mise à découvert, la merveille de la conservation du saint corps parut dans tout son éclat. Non-seulement les articulations montrèrent encore de la flexibilité, mais encore les parties charnues parurent encore douées d'élasticité. Monseigneur Michel, qui dirigeait ropération, s'assura que, sous la pression de son doigt, le gras de la jambe, comprimé , revenait à sa fonue première. Cette constatation produisit chez le pieux prélat une profonde émotion, dont le souvenir, souvent rappelé dans ses conversations, ne manquait jamais dans la suite ^^ provoquer chez lui des larmes d^attendrissement.

Madame Porre, épouse du médecin des Arcs, fut appelée à soutenir les jambes du saint corps. Cette pieuse dame, encore vivante au moment où ma plume trace ces lignes, atteste que M. Raybaud, maire des Arcs, et l'un des principaux témoins de la translation, fit de son côté la même expérience que monseigneur Michel, et constata la même élasticité dans la sainte relique. Madame Blanc de Trans fixa le voile sur la relique par des épingles.

Il fut bien prouvé par les expériences de 1855 que la relique de la sainte chartreuse a conservé à un certain degré Vélasticité de la chair,

après une période presque six fois séculaire, et cela après avoir été exposée dans des châsses en bois très-mal fermées.

L'enthousiasme populaire éclata en cris d^iallégresse au moment où ces merveilles furent déclarées ; Fémolion fut universelle. M. l'abbé Descxisse., secrétaire général de Févèché, placé à c6lé de Tévèque, suivait tous les mouvements dont sa plume devait écrire le procés-verbal, et il déclare, dans une lettre du 19 mars 1866, que la translation de 1855 lui apparaît toi\jours comme le plus attachant souvenir de sa carrière sacerdotale.

Il fut constaté que le saint corps avait été percé sur le côté gauche, <lans la partie correspondante au cœur, et que cet organe avait été enlevé, de même que ime ou deux odtes. La partie perforée était cachée aux regarnis par le suaire, étendu du cou jusqu'aux jambes.

Les déplorables profanations produites sur le saint corps, font ressortir d'une manière plus frappante les merveilles d'une conservation et d'une incorruptibilité qui a résisté à tant de négligence. On connaît des figures de cadavres conservées, mais ces figures tombent en poussière au moindre contact ; la relique de sainte Roseline a triomphé de toutes les causes de dégradation.

Monseigneur Michel se contenta de prendre quelqiies extrémités de doigts, pour les distribuer avec des fragments du suaire.

II y eut une dent qui fut trouvée détachée; mais beaucoup manquent* et plusieurs d'entre elles ont été très-probablement enlevées par des auteurs inconnus de pieux larcins.

Le procès-verbal écrit en 1835, par la main de M. Descosse, fut dicté par monseigneur Michel, qui attacha à ce mot de corps entier le sens d'un corps non corrompu.

Les merveilles constatées par la translation de 1855 confirment l'étonnante conservation énoncée dans les procès-verbaux du dix-septième siècle; mais les observations récentes dépassent tous les prodiges anciens de la conservation de la relique de la sainte diartreuse.

Page 1