‹ Histoire de Sainte Roseline de Villeneuve, religieuse chartreuse, et de l'influenceChapitre 40 sur 48 · L. Liotard · texte numérisé non relu

L. Liotard

Vu pour légalisation de la signature de M. Liotard, curé de la paroisse des Arcs.

Fréjus, le 10 septembre 1863.

Vincent, vie, gén*

Mlrael« ém la plida.

niscRipTiON sous le tableau de la procession de lorgubs.

Il régnait depuis quatre mois une sécheresse dont rien ne faisait espérer la tin. Dans toutes les églises on adressait des vœux au ciel. Les habitants de Lorgues, au nombre de plus de trois mille, vinrent processionnellement le 8 mai 1817, implorant l'intercession de sainte Roseline. Le lendemain une pluie abondante arrosa les champs desséchés. Revenus le 22 mai, pour remercier Dieu de ce bienfait, ils ont posé cette pierre et fait don de ce tableau.

Portrait da saiiila RoaaUaa.

^ andennes images de sainte Roseline sont les suivantes :

1* Le portrait peint par Mignard et existant à la Chartreuse de Beau* Tegard:

2* Le portrait» attribué au même peintre, et existant à rhôpital de Yilleneuve-lez-ÀTignon ; ce portrait provient des dépouilles de la Chartreuse, trés-florissante au dix-septième siècle et qui était située dans la même paroisse;

3* Le portrait provenant de la chartreuse de Montrieux, actuellemeot placé dans le chœur de Téglise paroissiale de Belgentier;

4' Le portrait enlevé à la chartreuse d'Âix, actuellement déposé dans la sacristie de Téglise de la Madeleine, dans Tancienne capitale provençale.

Tous ces portraits ont un air de famille qui les ramène à un type commun. Tous rappellent la forme arrondie du visage dont la relique deCe^

Roubaud offre encore le dessin général Sur tous est empreinte la

douceur traditionnelle de la vierge carthusienne de Gelle-Roubaud*.

Vers la fin du treizième siècle les regards de Dieu durent plus d'une fois s'abaisser avec complaisance sur TEglise de Saint-Didier, tt y avait a cette époque, au couvent de Sainte-Claire d'Avignon, une jeune enfant que le ciel avait prévenue, dés le berceau, de Tabondanoe de ses bénédictions et de ses grâces. Roseline était son nom. Née en Provence, die appartenait à cette illustre famille de Villeneuve des Arcs qui, en 1639, donna à Téglise d'Apt Tun de ses plus grands évoques ; sa mère ètût la tante paternelle de saint Elzéar, et Hélion, son frère aine, /itf , en 1530, couronné par le pape Jean XXH, grand maître des chetfolien de Sainlr Jean de Jérusalem, dans la basilique de Notre-Dame du Dôme.

Belle comme la fleur dont elle avait le nom, elle se faisait relnarqoer toute petite qu'elle était, par sa piété, sa modestie et surtout sa charité envers les pauvres. Cest dans les plis de sa robe que les morceaux de pain qu'elle portait à des indigents se changèrent en roses, par un winàe insigne de la toute puissance d'en haut. Le souvenir de ce prodige est conservé dans toutes les chartreuses, par le portrait de la sainte, coauBe on peut s'en convaincre à Thôpital de Yilleneuve-lez-Avignon.

On dit que pareil miracle arriva au B. Pierre de Luxembourg» ^^ ^ Bollandistes ont prouvé le contraire, et la tradition avignonaise paraît évidemment avoir confondu le jeune cardinal avec la sainte chartreuse, dont le nom fut aussi très-POPULAlRE dans nos murs.

A la mort de sa mère (de sainte Roseline) on l'avait amenée à ATigno"auprès de sa tante Gérarde de Sabran, abbesse de Sainte-Clairef qui avait désiré l'élever elle-même.

Elle eut souvent ainsi l'occasion de venir prier sous les voûtes de Sam-

* La gravure qui est en tète de cet ouvrage a été gravée d'après tc^S'^^^'I^^rl^de exécuté par Mi^nard, qui orne le chœur de la chartreuse des Dames de Saint'^'^ Beauregard. sous la dit ction des religieux de l'ordre cirthusien.

Didier; et Ton raconte qu'un jour, effrayée malgré son jeune âge (elle avait dix ans à peine) des promesses séduisantes que le siècle lui faisait dê]â, elle se fit conduire à notre église ; là, se prosternant aux pieds de TÂutel de Marie , elle supplia cette divine Mère de la prendre sous sa tutelle et sous sa sauvegarde.

Sa prière fut exaucée; car peu de temps après, s'arrachant à Taffection de sa tante et bravant Topposition de sa famille, elle allait cacher ses , charmes et sa vertu au fond du cloître des chartreusines de Saint-André de Ramires, dans l'évéché d'Orange.

Elle ne resta pas longtemps dans cette solitude : pour se conformer aux désirs de son père, qui Tavait vue à regret dire au monde un étemel adieu, ses supérieures l'envoyèrent après son noviciat à la Gelle-Roubaud, chartreuse de femmes qu'avaient fondée ses aïeux, sur les terres de leur domination, aux environs deBrignoIes. EUey ritpro/es$t(m, et après avoir été longues années le modèle de ses compagnes, elle y mourut de la mort des bienheureux, en 1329, à Tâge de 67 ans. Elle s'appliquait surtout (durant sa vie) (dit Rohrbaker, 20* volume de son histoire de l'Eglise), à une vigilance extrême sur tous les mouvements de son cœur et de sa volonté, crainte qu'il ne s'y glissât quelque chose d'impur. EWe aimait la prière, et Dieu lui avait accordé le don des larmes.

La tradition avignonaise confirme l'itinéraire de sainte Rosdine allant à Bertaud, par Avignon et par Saint-André de Ramires. — Quant à la mort de sa mère, avant la profession de notre sainte, il y a là une erreur historique bien explicable dans une tradition lointaine. On voit que notre histoire concilie les faits principaux de toutes les traditions relatives à la sainte de Celle-Roubaud.

On trouve à Avignon plusieurs femmes portant le nom de Roseline. M. Ganron a donné ce nom à sa jeune fille, née en 1866.

U popularité du culte avignonais pour notre sainte était le résultat évident de Tinfluence des deux chartreuses de Bon-Pas et de Villeneuve, placées à très-peu de distance de la ville d'Avignon, et qui, comme toutes les chartreuses, étaient des foyers du culte de la prieure de la diartreuse desArc5.

Décret dn cnlta cowuÊmaré à ■alnta Roaeliaa.

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