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CHAPITRE XXV

Rectorat de Jacques Gouyéa le Jeune. — Les comédies de collège. — Le Lendit. — Révolte à Sainte-Barbe. — Bataille au faubourg Saint- Marceau.

Il a été dit qu'anciennement les grands électeurs ou intrants, chargés de désigner le recteur de l'Université, recevaient leurs pouvoirs des nations par la voie du suffrage universel , et qu'ils étaient nommés dans Téglise même de Saint-Julien le Pauvre, où ils avaient à s'acquitter, séance tenante, de leur mandat. Cela fut changé en 1 524, à cause des rixes fréquentes auxquelles donnait lieu cette élection préliminaire. Le parlement rendit un arrêt qui contraignait les nations à voter par sections dans des collèges désignés à cet effet mesure très-efficace pour empêcher les coups de poing de se donner dans Téglise, mais non pas pour empêcher les coups de poing eux-mêmes. On en eut la preuve aux élections du ) 6 décembre 1 538. Jacques de Gouvéa le Jeune s'était mis sur les rangs pour être recteur. Le choix d'un intrant qui lui fût favorable amena une bataille parmi les Picards réunis au collège de la Marche. Heureusement pour le résultat final, les autres nations, rendues tout d'abord au parti barbiste, usèrent de termes plus pacifiques. Celle d'Allemagne

i. Duboulay, Hist. Univ., t. VI, p. 162.

n'hésita pas à investir de son mandat un professeur même de Sainte-Barbe, maître Simon Snesson. A Saint-Julien le Pauvre les choses allèrent comme sur des roulettes : le conclave fut de courte durée; la formule de proclamation déclara nommé « à l'unanimité et par l'inspiration du Saint-Esprit , scientifique personne et gentilhomme accompli , maître Jacques de Gouvéa , très - vigilant principal de la maison de Sainte-Barbe »

On avait raison de vanter la vigilance du nouvel élu. Il en donna la preuve dès les premières assemblées qu'il présida , en venant dénoncer plusieurs atteintes portées à la considération ou aux intérêts de l'Université. Il s'éleva aussi contre beaucoup d'usages incompatibles avec la discipline des collèges telle qu'il la comprenait , et fit rendre autant de décrets pour porter remède à tout cela. Entre autres choses, il obtint l'abolition des farces qui se jouaient pour la fête des rois 2 .

Trois mois d'exercice étaient trop peu pour un réformateur comme lui. Il avait dans la tétè tout un plan de réorganisation à l'avantage des études et du bon ordre. Il voulait que, par une rupture complète avec les traditions du passé, ou supprimât tous les divertissements, tous les jeux, tous les exercices scolaires susceptibles de devenir une occasion de tumulte ou de scandale ; il voulait encore que le cours de philosophie fût réduit à deux ans , que les martinets payassent un droit au collège qu'ils fréquentaient, que

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