‹ Histoire de SainteBarbe, collége, communauté, institutionChapitre 57 sur 155 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Les Gouvéa neveux. — Autres professeurs et élèves portugais

à Sainte-Barbe.

Quatre neveux de Jacques de Gouvéa l'Ancien, fils d'une sœur de celui-ci et d'un gentilhomme castillan de la maison d'Ayala , portèrent le nom de leur mère,

Belliago ù Coïmbre, cite par Diogo Barbosa, Biblictlieca iusitana, t. I, p. 656.

pour la plus grande gloire de la famille. C'est de ceuxlà qu'il faut parler d'abord.

Martial de Gouvéa, l'aîné des quatre, fut un professeur d'humanités de premier ordre. Il enseigna la rhétorique à Poitiers et à Coïmbre 1 ; mais auparavant il avait fait un long séjour à Sainte-Barbe. C'est là qu'il débuta après son iticeptio; il y fut attaché d'abord aux classes de grammaire, pour l'usage desquelles il fit imprimer en 1534 une grammaire latine sur le plan de celle de Donat'. Lorsque commencèrent les cours du collège royal (depuis le collège de France), fondé par François 1", il. fut l'un des auditeurs assidus de Paul Paradis, le premier qui occupa la chaire d'hébreu. Il se fit remarquer par ce savant, au point que celui-ci, composant un traité de prononciation, le mit sous la forme d'un dialogue entre Martial de Gouvéa et Matthieu Budé, et c'est Gouvéa qui fait la leçon à Budé 3 . On ne se livrait pas en ce temps-là à l'étroit calcul d'après lequel nous voyons chacun réduire ses connaissances à la mesure du profit qu'il en peut tirer. Notre Portugais apprit l'hébreu pour l'unique satisfaction d'augmenter les ressources de son esprit. Son talent fut de composer des vers latins avec une facilité et une grâce que l'on comparait à celles d'Ovide. 11 en avait fait un recueil dont Elie Vinet vit le manuscrit à Poitiers*. Égaré ou détruit, cet ouvrage

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