Ch. vu, n
Ses relations furent peu nombreuses. Il n'eut que trois amis parmi les élèves du collège; encore se tint-il à distance de l'un d'eux, dont le naturel trop conforme au sien aurait pu lui causer des entraînements. C'était Simon Rodriguès d'Azevedo, l'un des pensionnaires du roi de Portugal , adolescent plein de ferveur religieuse et déjà tourmenté de l'idée d'aller à Jérusalem 1 . Quant • aux deux autres, ils furent ses inséparables. Us terminaient leur philosophie comme il commençait la sienne, et ils demeuraient en chambre avec lui, dans le corps de logis qui donnait sur la rue Saint-Symphorien. L'un était un austère et savant jeune homme des montagnes de la Savoie, qui apprit les langues anciennes en gardant les moutons, et resta berger jusqu'à vingt ans. Il s'appelait Pierre Lefèvre L'autre était François Azpilqueta de Chabier ou Xavier, fils d'un gentilhomme navarrais, sujet d'une littérature ordinaire et d'une conduite fastueuse , mais qui , sous les dehors de la frivolité, laissait paraître une âme héroïque 3 .
Ijefèvre, sachant parfaitement le grec, remplissait auprès de Jean Penna le même office de préparateur que Postel avait rempli auprès de Gelida. Il fut pour Ignace un répétiteur plein d'intelligence et d'assiduité. Avec une dévotion excessive, il avait beaucoup d'empire sur lui-même. Il lui suftit de savoir l'obligation à laquelle son élève s'était soumis, pour bannir soigneusement de leurs entretiens toute parole qui aurait pu les exalter l'un ou l'autre 4 . Quant à Xavier, il n'eut