‹ Histoire de SainteBarbe, collége, communauté, institutionChapitre 96 sur 155 · Duboulay, Hi.st. Unit»., t. VI, p · texte numérisé non relu

Duboulay, Hi.st. Unit»., t. VI, p

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pendant sa magistrature 1 . 11 en fit hommage à l'ambassadeur de Portugal, don Fernandès Ruy d'Alraada, navigateur distingué qui venait de pacifier par une heureuse négociation de graves différends survenus entre les deux couronnes. Ce grand personnage honorait de ses visites les Gouvéa et le collège, où il avait de nombreux protégés. De pauvres écoliers portugais ayant été chassés de Paris par la misère, il les y renvoya à ses frais, et constitua pour eux des bourses ,qui s'ajoutèrent au nombre de celles que soldait déjà le trésor royal. Pendant tout le temps qu'il resta à Paris, il fit en sorte que sa conduite fût l'expression des sentiments de son souverain à l'égard des lettres et des lettrés. On le vit un jour conduire lui-même en grande cérémonie un licencié portugais qui allait chercher le bonnet de docteur à Notre-Dame*.

Revenons à André de Gouvéa.

Son règne académique ayant été aussi paisible que celui de son successeur fut troublé, n'a pour ainsi dire pas laissé de traces dans les documents. On en peut dire autant de son principalat ; trois mots en résument l'histoire : tranquillité, prospérité, considération. Ce fut la continuation de l'œuvre de Jacques de Gouvéa par un homme qui était capable de la perfectionner encore. Jamais la discipline ne fut plus

i . Perioche septem librorum primorum methodi Galeni cum quibu sciant tum ab eodem tu m aliis authoribus traductis (ut vocant) réception i bus , pcr Antonium de Merr, medicum. In-16, Paris, 1.j34, avec une épître dédicatoire datée: « Ex aedibus Barbaranis, nostri vero rectoratus parisiensis mense tertio. »

2. Leitao Ferreira , Nnticias chronologicas da Univerxidade de Coimhra, n° 1187. '

religieusement observée, ni le cadre du personnel enseignant mieux rempli. Avec Martial, Antoine et Jacques de Gouvéa le jeune, avec Teyve et Belliago, la constellation portugaise brillait de tout son éclat ; Strébée continuait à former les rhétoriciens ; par les soins du jeune principal l'un de ces cours extraordinaires où toutes les nouveautés pouvaient se produire échut à un maître qui occupait toutes les trompettes de la renommée ; nous voulons parler de Barthélemi Latomus.

Latomus ou Mauer ou Lemaçon, Luxembourgeois de naissance, était un ami d'Érasme et un représentant de la philosophie allemande. Formé aux universités des bords du Khin, il ne connut jamais la scolastique que par le mépris qu'en faisaient ses maîtres 1 . A l'exemple de ceux-ci, les idées de Platon se mariaient chez lui à celles d'Aristote ; . mais ses méditations avaient porté principalement sur la composition littéraire, et il était de ceux qui bornaient la dialectique à l'étude des procédés employés par les grands maîtres dans l'art d'écrire. Jean Sturm et lui apportèrent en France le traité de Rodolphe Agricola De itwentione diakctkd) qui était le livre fondamental de cette doctrine. Us furent accueillis comme les apôtres de l'évangile dont Jacques Lefèvre n'avait été que le précurseur. Les théologiens eurent beau dénoncer comme un symptôme de pestilence l'abandon d'Aristote pour Agricola *, on s'attacha à la nouvelle dialectique avec un engouement sans pareil, et le terrain

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