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JjA SARDAIGNE
sculpté, présent de la ville de Canari, et le mausolée élevé aux frais de cette ville à la mémoire du roi don Martin de Sicile, mort en 1409. Ce dernier monument, commencé dans le quinzième siècle, et continué par plusieurs viceTrois, q’a été entièrement achevé qu’en 1676. Il est décoré de deux statues représentant la foi et la justice.
La cathédrale de Cagliari est desservie par vingtdeux chanoines , pourvus de riches prébendes , et I jouissant de hautes prérogatives , comme celle de porter des vêtements pontificaux, et de n’étre jugés et punis que par le tribunal de leurs pairs. Ik avaient autrefois le droit , qu’on leur a ôté depuis , d’élire leur archevêque. Ce dernier avait lui-même alors le privilège d’ordonner et de sacrer les évêques de la Sardaigne, etileut, jusqu’au douzième siècle, celui de prononcer des actes de' canonisation.
Le palais archiépiscopal, et le palais du roi, qu’avaient exclusivement occupé les vice-rois, avant les événements de la fin du siècle dernier, sont les deux édifices les plus remarquables dans le quartier du Château. Le dernier , quoique embelli et réparé pendant le séjour de la cour , n’en est pas moins une habitation peu digne d’un souverain.
Les bâtiments de l’üniversité , qui datent de l’époque où Charles jEVu/wrtnMe/ réorganisa ce corps enseignant , sont aussi bien entendus que commo-
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dément distribués pour leur destination, et présentent au dehors un assez bel aspect. Ils renferment une bibliothèque publique, et un cabinet d’histoire naturelle et d’antiquités.
On a élevé , il y a quelques années , sur les dessins du chevalier Belgt'ano, un théâtre , qui n’a ni beaucoup d’étendue, ni une grande magnificence, mais dont la coupe est heureuse et agréable. On y joue la comédie et l’opéra.
Cagliari possède plusieurs établissements de charité, convenablement dotés, pour les malades, pour les aliénés, pour les enfants abandonnés, et pour les pauvres filles orphelines.
Les autres établissements, qui ont pour but le service public, sont les archives de l’état, le dépôt général des actes de notaires, l’imprimerie royale, à laquelle on a dû quelques ouvrages dont l’exécution honorait ses directeurs , et enfin la fabrique de poudre et celle de tabac, fondées l’une et l’autre par le roi Charles Emmanuel.
La ville a obtenu de la munificence ou de la gratitude de ses divers souverains, pendant l’espace de plusieurs siècles , des privilèges considérables , et elle a des institutions qui les lui assurent. Elle a en effet , outre son conseil municipal , constitué suivant les anciennes lois et Coutumes, un magistrat du consulat, composé de deux juges civils et de deux négociants, présidés par le régent,
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pour les causes de commerce , un tribunal spécial pour prononcer, sans bruit et sans frais, sur les différends en matière d’impôts , un officier public qui porte le beau titre de père des orphelins , et une cour d’arbitrage des familles , chargée de mettre un terme à leur désunion , et dont les arrêts s’appellent des eompromis.
La nature du climat de Cagliari, et la différence de site de ses deux quartiers principaux, le Château et la Marine, ont déterminé les lois de police qu’on J a faites , et influent sur la manière dont «lies y sont exécutées. Le Château, élevé, bien exposé , bien aéré, peut plus facilement être main tenu dans cet état de propreté, nécessaire à la" santé publique dans un pays où la chaleur a une si grande intensité. Il ne peut en être de même , malgré tous les efforts et toute la l^nne volonté possibles , dans le quartier de la Marine , qui est placé très bas sur le bord de la mer, et où l’air ne se renouvelle point assez. Aussi est- il dans les mois d’hiver sale et boueux, et pendant l’été, qui est fort long, couvert d’une poussière épaisse, qu’accompagnent tous les effets et tous les inconvénients déjà malpropreté et de la paresse , défauts naturels du petit peuple de cette ville.
Après les soins, malheureusement jusqu’ici sans succès , qu’a pris l’autorité pour éloigner des principaux lieux d’habitation les états nuisibles
à la pureté de l’air, ce qui devait le plus attirer son attention , dans l’intérêt de la salubrité , c’était la distribution et l’usage de l’eau. Elle est si précieuse, qu’on a, de temps immémorial, accordé à la ville le droit de la tirer de partout où on la trouve de bonne qualité; et, outre les citernes destinées à recueillir les eaux de pluie, et dont chaque maison est pourvue dans toutes les parties de la ville , on a creusé au château huit puits d’une extrême profondeur, pour assurer l’approvisionnement d’eau, en cas de siège ou de disette. '
En vertu de ses anciens privilèges , la ville se fournit gratuitement du bois de charpente ou à brûler,^ dont elle a besoin, dans les domaines du roi , et du sel nécessaire à la consommation de chaque chef de famille, à la porte duquel il est apporté sans frais. Un des plus précieux de ces privilèges est celui qui l’autorise à prélever, sur les récoltes des grands fiefs situés dans un rayon de 4o milles., une quantité de grains déterminée, qui est répartie pour la consommation du public.
Le pain que mangent les habitants de CagUari, même dans les dernières classes du peuple, est remarquable par §a blancheur et sa bonté. On y fabrique des pâtes très renommées.
Les autres moyens de subsistance sont assez régulièrement assurés, et' généralement avec abondance , aux habitants de Cagliari, par le commerce
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de détail , les pourvoyeurs ambulants , et les marchés publics. On peut se procurer avec plus ou moins de facilité , et à plus ou moins bon marché ' , suivant les circonstances et la saison , de la volaille, du gibier, du sanglier, des agneaux, des chevreaux , des cochons de l’ait, et presque toutes les espèces de poissons, tant de la mer que des étangs.
On boit à Cagliari diverses sortes de vins des qualités les plus parfaites , produit du territoire. Ses vergers et ses jardins, surtout ceux de Quarto et Qiuirtucc/o, donnent des raisins de table exquis, des fruits délicieux, et des légumes pleins de saveur.
Cagliari f étant le principal lieu d’exportation et d’importation du commerce de la Sardaigne , a un certain mouvement d’acti^vité qui a influé sur les mœurs et les goûts de ses habitants. La civilisation, aidée par le séjour de la cour et par la fréquentation des étrangers , y a fait plus de progrès que dans toutes les autres parties de l’ile; et on voit s’introduire successivement dans les habitudes de la vie, ainsi que dans la distribution intérieure et dans l’ameublement des maisons, où la réforme est en eflel bien nécessaire, le désir du bien-être et les recherches de l’aisance.
’ Lci denrées et les objets de consommation ont augmenté de prix à Cagliari comme atUcm's , et cette hausse s’est opérée dans la même projiortiou que dans tout le reste de l’Europe. Ceux qui en ont fait le sujet de leurs oLsenatioiis prétendent qu’elle est de jdus de moitié.
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Les mêmes causes, et celte tendance générale des esprits vers les perfectionnements en tout genre, ont donné à la société, dans la classe de la noblesse surtout , qui en apprécie mieux les plaisirs , beaucoup plus d’agrément qu’elle n’en avait autrefois. Les femmes de Cagliari, auxquelles on donne de l’éducation, et le nombre en est aujourd’hui radins borné, se distinguent par des grâces naturelles , et par une piqiiante vivacité.
L’auteur de la Sardaigne Paranymphe n’a pas été honteuxde donner à Ca^iari une population de 6o , ooo habitants. M. Azuni s’est permis de son côté une petite exagération , en l’élevant à 35, ooo. Le chevalier Cossu , qui l’avait portée à 27,000 , dans ses notices abrégées , l’a réduite à 25, ooo dans un ouvrage postérieur. La vérité est que la population de Cagliari ne passe pas 2 1 ,000 habitants.
Les monuments historiques de celte ville , le rôle qu’elle a joué pendant tant de siècles dans les événements du pays , le droit acquis par une si longue possession à la qualité et au rang de capitale , ne devaient pas faire penser que jamais on songeât à lui en contester le titre. C’est pourtant ce qui lui est arrivé. Le parti du cap supérieur (hassan et le nord du royaume) mit en .avant un athlète fougueux , qui prétendit que les défauts physiques et matériels de la soi-disant capitale la