‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 57 sur 97 · Les V nlenlini , peuplade dont parlent Pliiw et · texte numérisé non relu

Les V nlenlini , peuplade dont parlent Pliiw et

AnCIENiSE ET MODERNE.

Ptolémée , et dont le cbef-lieu était ^Valentia, comme nous l’avons fait voir plus haut , ont laissé leur nom à rarronJissenieut que l’on nomme aujourd’hui Parle Vahnza. D’après toutes les vraisemblances , le village de Laconi, qui en est le chef-lieu actuel , et qui donne le titre de marquisat à l’une des premières maisons de la Sardaigne, occupe l’empbcement de l’ancienne petite capitale , Valentia. Cet arrondissement , qui a une superficie de 180 milles carrés et une population de 40,000 habitants, répartis dans douze villages, est remarquable par la beauté des sites, et par la salubrité de l’air , qu’il doit à son élévation et à l’abondance de ses eaux courantes. Les jolies vallées de Parte Valenza sont arrosées par de petites rivières, qui font tourner plusieurs moulins. L’eau d’une de ces fontaines, qui a de la renommée, passe pour guérir de la fièvre.

Les prairies 'et les champs de Parte Valenza sont couverts de bestiaux de toute espèce, et produisent beaucoup de grains, de fruits, et de légumes , parmi lesquels on distingue les haricots , qui sont les meilleurs de toute la Sardaigne.

Cette contrée est remplie de roches volcaniques. Elles constituent comme une espèce de grand plateau incliné de l’est à l’ouest, et présentent , non loin des sources du Flwnendosa, une coupure à pic de plus de cent mètres de profondeur. Elles

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Digitizcd by Googit

A S A R D A t ON E

ibrment , dans quelques endroits , des espèces d’aiguilles ou colonnes , appelées dans le pays campanili ( clochers ). La surface de ce plateao , que l’on nomme Sarcidano , est couverte par une grande forêt de chênes , et le sol est parsemé de galets

g. La Barbargiu Belvi est une des contrées de l’intérieur, habitées autrefois par ces montagnards qui surent défendre si courageusement leurlilîerlé contre les Carthaginois ou les Romains, et dont les descendants , qui rappellent leurs usages, leurs mœurs et leurs vêtements, les habitent encore aujourd’hui. La population de cet arrondissement, qui n’a pas moins de 120 milles carrés de superficie, se réduit maintenant à 5,ooo habitants, épars dans quatre villages. Le climat est si âpre et le froid si rigoureux dans leurs montagnes , qu’ils les abandonnent pendant l’hiver, et vont gagner leur vie dans les cantons plus favorisés de la nature , où ils portent leur industrie et les produits de leurs récoltes , consistant en orge , noix , châtaignes, et en toiles grossières, faites avec le chanvre qu’ils cultivent pendant la belle saison. Ils fournissent une partie de la Sardaigne de planches et de solives.

Les'modernes Barharicini se sont fait une autre

' ' Memoire de M. le chevalier de La Marmara.

!>ranche d’industrie , qui ne laisse pas de leur donner d’assez grands profits. Ils ont spéculé sur la neige -dont leurs montagnes sont couvertes une partie de l’année. Ils la tirent des glaciers natu- ^ rels , ou'la conservent dans ceux qu’ils ont artificiellement formés; et, après en avoir faitdcs boules très serrées j qu’ils enveloppent de’paille, ils>vont la colporter sur leurs petits chevaux dans tous les lieux où ils savent en avoir le facile débit, à Oagliari, à Oristano, et jusque dans les tonnares à l’époque de la pêche du thon. ,

lo. Les habitants de l’arrondissement de Man~ dmlisai ont la même origine, un pays de la même nature , et une culture ainsi que des produits à peu près pareils. Le gros village de Tonnam , situé au haut d’une montagne , est environné de forêts , qui produisent beaucoup de noix et de châtaignes , que les habitants vont porter dans toutes les parties de l’ile , ainsi que des planches et des ouvrages grossiers en bois. ■ ; .

Au 'hameau de San MaurOy sur les bords de V Acoro, se tient tous les ans une foire célèbre , qui dure huit jours , et où l’on vient , de toutes les parties de la Sardaigne, pour vendre et 'acheter ces chevaux si vifs et si rapides qui servent aux courses nationales.

L<e Mandrolisai a i4o milles carrés de superficie et , dans six villages, 9,000 habitants, -

1 1 . L’arrondissement A'^ustis n’a que trois villages, et à peine i,5oo habitants, sur une étendue en superficie de 55 milles carrés. Il produit de l’orge, du vin , et des fruits.

13. La Barlargia OUolai , qui est un des arrondissements les plus considérables de la province A^Àrhorée , a dû être la principale résidence des Sardes indépiendanls, connus dans l’antiquité sous le nom de Balari. Son étendue en sup>erficie , augmentée par ses montagnes, est de 200 milles carrés, et sa jiopulation de 9,000 habitants. On y compte sept villages. L’ancien chef-lieu, Ollolai , est situé au sommet d’une de ces montagnes , sur un vaste plateau , que domine le pic A' Ollolai, d’où l’on découvre toute la chaîne du Limbara, et une grande partie de l’île. Olzaiy qui est comme jeté au pied de cette montagne, est environné de fertiles coteaux, couverts de vignes , d’arbres à fruits , et particulièrement d’amandiers. Gavoi, situé sur le revers oppMjsé de la montagne, récolte une grande quantité de vin , que l’on brûle piour en faire de l’eau-de-vie. Mamoîaâa, dans un site pittoresque , au milieu d’une grande vallée bien cultivée s lire un grand rapport de ses vignes et de ses vergers. Ses amandes et ses noix sont remarquables par leur grosseur ; c’est le principwl revenu et la richesse de ce village. Le plus important , et le chef-lieu actuel de la Barbargia Ollolai, est Fonni ,

ASCir. NMIi ET MODE U NE. V

silûé à une plus grande élévalion que toute autre |H)pulalion de la Sarda^ne. Ses habitants sont extrêmement laborieux, et renommés pour leur industrie et leur activité. Us ont des fabriques de tapis communs, de couvertures de lit' et de toiles lie ménage, qu’ils colportent dans toutes les parties du rojaume. -

Les neiges que conservent les montagnes de la Barbargia , jusqu’au itxoisde juillet, y rendent la température si froide , qu’on se chauffe encore à Fonni, quand le reslexle l’île est dévoré par l’ardeur du soleil.' Les sources de ce village fournissent toute l’année de l’eau à la glace. C’est dans cet arrondissement que se trouve la fameuse pointe du Genargentu, ou Punta Fîorisa y la cime la plus élevée de l’ile. On voit, tantôt de grands blocs qui présentent l’aspect et la fonne de. vastes débris de coiistrnctions , à tel point qu’on croit marcher .sur les ruines mouvantes d’une tour ou d’un château ; tantôt des roches décomposées à leur surface, de manièreà offrir comme l’image d’une forêt coupée , dont les troncs seuls resteraient sur pied '. .

Les parties moins élevées de la Barbargia sont des pâturages , qui nourrissent une grande quantité de. bestiaux , et des eôteaux où . l’on récolte du lin, du chanvre, de l’orge, du vin blanc et

du miel.

• Mémoire (le M. k cbev tlicT de £«

LA SARDAIOKE

i 3. On compte dans l’arrondissemenl de Barn ^aduj dont ia superficie est de (>o milles cariée, dix villages , et une population de 7,400 habitants.

C’est un pays de plaines, à l’exception d’une longue et haute colline qu’on appelle les monts Sormdili , qui est baignée par le Tirso et le sari. Il a des pâturages et beaucoup de bétail ; il ne produit pas moins de grains, de vins , de fruits de toute espèce , particulièrement des cerises excellentes , et du raisin de table délicieux. C’est dans cet arrondissement que se trouve Fordonglanus , où l’on voit les ruines de la ville et des bains que les Romains appelaient Aqiuv llypsitanœ , et qu’on nomma depuis Foiiun Trajani.

Les sources d’eau chaude minérale de Fordougianiis , dont les Romains faisaient un si grand cas , ont perdu , par le peu de soins qu’on a pris de les entretenir, et l’abandon où on les a laissées , une grande partie de leur volume et de leurs qualités Elles sont maintenant fort peu riches en principes minéraux. L’analyse de ces eaux n’a donné que quatre grains de sel marin par livre , et un grain de terre de la nature de l’argile.

’ Iæs anciens iVrivains sanies prétendent que ces ejiux minérales as aient

la propriété de réunir et consolider les os fracturés , de guérir les maladies

des ) eux , et de neiitialiscr les poisons; mais aucun auteur respectable de

rauliquilé ii a fait nientioii de ces fabuleuses merxeillcs.

A.NCIENISE ET MODE U NB 47^

On trouve tlaiis les environs de Fordongianm , du grès vert , du jaspe i et surtout uno roche volcanique rouge , qui est d’un grand usage dans. les constructions. . '

i4> On donne au quatorzième aixondissonient de la province X Arborée , le > nom de Parte Ozier Reale f parcé qu’il est. en entier du domaineprivé , et que le roi est seigneur immédiat de tous les villages qni le composent. Ses belles et vastes prairies sont couvertes de troupeaux de vaches , qui donnent d’excellent beurre , que l’on va vendre jusqu’à Cagliari.

Cet arrondissement a été choisi, à cause de sa situation si favorable , pour y placer .l’établissement connu en' Sardaigne sous le nom de Regia Tança ou haras royal, qui a perfectionné la race des chevaux sardes , et fait des élèves d’une parfaite beauté. Ce grand parc, placé près de Paur lilatino et ceint de murs bâtis sans chaux et sans ciment , que l’on nomme dans le pays mûri Barbari, est arrosé par une rivière qu’on a divisée en deux bras principaux , qui se subdivisent euxmêmes en canaux d’irrigation , lesquels , après avoir

’ CeHe délamination vient du mot sarde tancare , qui veut dire fermer. La lança est un lieti clos de haies ou de murs.

’ Le nom de Pauli, qu’on donne fréquemment ni Sardaigne au.v lieux marécageux , est une rorrupliun du mol Pain, mariiis. rVsra trouve l'élyluulogic du Paulilatino dans /faliftlis à l.alcrr.

LA SAHDAIGNE

ronnc des pâturages ; se réunissent pour aller se jeter dans le Tirso. On y fait une grande quantité de foin , pour la nourriture des animaux du haras pendant l’biver. Un logement conomode pour le directeur , et un certain noml]^e de luaisons con ligués pour les dragons , les employés et les gens de service, font de l’établissement de Paulilatino une espèce de pîetit village qui , comme tous ceux de l’île , a son recteur ou curé.

-Les parties hautes de XOzier Reale sont couvertes d’arbres à glands, qui nourrissent un grand nombre de sangliers.

Il a 55 milles carrés de superficie , et une population de 7',ooo habitants. • .

i5. L’arrondissement de Parte Ozier sufjerione, sur une superficie de 6o milles carrés, ne compte que 4>ooo habitaots. 11 y a sept villages détruits, et sept existants. Le chef-lieu Sedilo a lui seul 2,5oo âmes. ' ' ‘ .

La situation de cet arrondissement étant à peu près la même que celle do précédent , on en tire à peu près aussi lès mêmes productions.

Il n’y a point d’île. proprement dite sur la côte de la province èl Arborée où àl Oristam , mais seulement trois, îlots, savoir : Coscia di Doniui, an captSWft Mavco;^Maldiventre, la Berlida des anciens, auxap Mannuj et le Peloso, tout près de teri^-A au nord du même cap. A l’excepiioridu golfe d’0%.

ristano , qui forme ;une bonne rade pour tontes sortes de bâtiments, il n’y a que des mouillages de peu de fond et des anses pour des bâtiments d’une faible 'portée. Fhimèntor^u ' une retraite commode, et sûre aux barques employées au service de' la tonnare de ce nom , dans la saison de^ pèche, ^

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