Monte Acuto;'9i. Goceano ; 9. Marghüte
I O. Dons; 1 1 .Monteferro; iJ2 . Planargia; 1 3. Bosa; i4* CahuAbbas; i5. Costavalj 16. Oppia; 17. Meilogu; 18. Figidina; 19. Coros; 20. Algkero.
1. Le nom de Fktminaria a été donné à l’arrondissement dont Sassarij la' seconde ville du royaume, est le chef-lieu , à cause de la grande quantité de rivières et de ruisseaux qui l’arrosenl.
II a en superficie 90 milles carrés. Outre la ville de
Tonès, dont jl ne reste plus que des ruines, on y CQinpte seize villages détruits. - v
La ville de Sassari, capitale du LoguAoro , est située sur la pente douce d’une petite- montagne qui porte son nom. Le mont isolé, au bas duquel la ville est placée, donne naissance à un grand nombfe de. sources et de ruisseaux qui entretiennent sur leur passage une riche végétation, et vont; à l’extrémité de leur cours , se joindre au Rio <FOl~ tava, avant qu’il se jette lui-même dans le Turritano, ou fleu ve de San. Gavino de Torrçs. Les co- ' teaux qui l’entourent, et qui sont parfaitement
4^8 LA SABDAIGNE
cultivés, forment comme un vaste amphithéâtre, dont le coup d’œil est ravissant. Ces coteaux, et les jolis vallons qui les séparent, sont couverts d’oliviers , de vignes , d’orangers , de cédrats , de citronniers et de toutes les es'pèces d’arbres à fruits , que l’abondance des eaux et la douceur d’un climat égal et tempéré y font réussir aussi bien que dans les contrées de l’Italie les plus favorisées de la nature , ce qui leur a valu , de la part de quelques écrivains sardes , la qualification un peu emphatique àe 'Paradis terrestre. La vérité est, sans aller tout-à-fait si loin , que Sassari est dans un site et dans un canton charmants , où rien ne manque aux plaisirs des yeux et aux agréments de la vie.
Des boulevards bien plantés et de longues avenues de grands arbres forment de. belles promenades autour de la ville.
On compte dans les vergers, les jardins, les plantations diverses des environs de Sassari, dont l’étendue se prolonge à plus de deux heures de chemin, environ quatre cents sources ou fontaines , qui fournissent une eau excellente , à laquelle le pays doit sa fraîcheur et sa fertilité. La plus parfaite de ces eaux est celle de la fontaine àüAcqiia Chiara, située à quelque distance de la ville , et d’où les Romains la tiraient, par le moyen d’un aqueduc dont on voit encore les ruines, pour l’usage de leur colonie de Turris Ljbisonis.
ANCIENNE RT MODEaNE.
Une de ces fontaines , que l’on nomme le Rosello, et qui est hors des portes delà ville , est un monument remarquable et dont les habitants de Sassari ontqnelque raison d’èlre glorieux. Gîtte fontaine , entourée d’arbres, et revêtue de marbre blanc (depuis sa base jusqu’à la dernière corniche , a cinquante pieds d’élévation , sous la forme d’un parallélipipéde d’une longueur de vingt pieds, sur douze de large. De chaque grand côté s’élancent trois jets d’eau , et un de chacun des autres côtés. A.UX quatre angles sont quatre statues de marbre , de la hauteur de sept pieds, représentant les quatre saisons. Sur le premier parallélipipède , un autre plus étroit soutient cinq tours dont quatre sont décorées des armoiries de la ville, et la cinquième de celles d’Aragon. L’édifice est couronné par deux arcs de marbre massif, croisés entre eux, qui portent au point de contact la statue équestre , aussi en marbre , de saint Gavino. Ces deux arcs reposent sur le second parallélipipède; vers le centre est une statue représentant un fleuve couché, du côté de la ville, et entouré de quatre tours qui s’élèvent du point d’union des arcs. >
Parmi les autres édifices publics de Sassari, on admire’ la façade de la cathédrale, qui, par la beauté de son architecture et de ses ornements , serait digne d’un temple encore plus magnifique, quoique celui-ci ne soit pas sans ‘mérite , et le'|>a-^
48o LA SAnOAIONE
Jais du gouverneur, qu’on a restauré eteiubeili, dans les premières années de ce siècle , pour servir d’iiabitation au duc de Montfgrrat , frère du roi. On distingue encore le palais archiépiscopal , celui du duc de \Asinçira, et le ci-devant collège dés jésuites , où sont établies l’université et la bibliothèque publique. ^
Sassari a cinq paroisses, vingt-quatre églises , dix couvents de religieux , trois de reli^euses , un séminaire , un collège pour l’éducation des nobles , et un hôpital. • ■ •
Sa fabrique de tabacs jouit d’une grande réputation en Sardaigne , et l’on prétend que , quand les feuilles sont bien choisies", et après quelques années de fermentation , il égale en qualité celui de la Havane et de Séville , quoiqu’il en diffère par le goût et par la couleur.
Le tabac est une branche de commerce importante pour la Tille de Sassari j qui en ,a plusieurs autres encore', dont elle tirerait plus de parti , si elle avait pour ses débouchés un port plus. commode et plus rapproché d’elle .
Sassari est situé à 4u degrés minutes de la-
' Le port de Sassari cyt Porto Torrt , qui , construil de main d’homme , étant mal expose , jhhi sdr , et n’avant pas de fond , pe saurait être considère que comme une grande darse. Il y a un proverlje sar^e qui dit que si Cagliari aroit le climat etj’cau de Sassari, et Sassari le golfe de CagHari , l’ime ou l'aolre de cesalcùx villey serait une des prcinièii-s du monde. ^ '
ANCJENîfE ET MODERHE. 4^1
lilude septeotrloDale , et à 6 degrés lo minutes de longitude. La beauté du climat et la pureté de l’air.dojinent à ses habitants une vigueur et un air de santé, remarquables. On y cite plusieurs exemples de longévité. Ils sont pleins d’activité, de gaîté, d’aptitude pour les sciences , d’ardeur pour l’état militaire , et d’amour des beaux-arts. Sassari a été la patrie de plusieurs auteurs et officiers distingués. Les autres Sardes leur reprochent d’être trop engoués de leur pays j mais ils répondent que la comparaison leur en donne le droit.
Une de leurs prétentions mal fondées est celle de l’antiquité de leur, ville, dont -quelques-iuns d’entre eux , qui l’appellent Tatari , font remonter la fondation aux Tarlares , ou anciens Scythes , qu’ils supposent avoir débarqué dans le nord de la . Sardaigne. Sassari ne figura comme ville qu’à la fin du treizième siècle, époque où son enceinte fut formée de murailles entremêlées cle tours , suivant l’usage dti temps. Son vieux château, environné de remparts avec cinq bastions , a pu , dans un âge qui n’est plus , passer pour une place forte.
La population de Sassari n ehi pas de 3o,ooo habitants , comme l’ont imprimé quelques auteurs Sardes, mais bien seulement de 20,000.
La ville antique de Tuais Ljbisonis , dont il a été plusieurs fois question dans cet ouvrage, était le plus important établissement des llomains dans II. 3i
LA SA n DAIGNE .
la partie septentrionale de la Sardaig^ne. Après avoir traversé tout le Bas-Empire, et le temps de l’irruplion des Barbares , devenue le siège d’un archevêché dont on ignore l’origine , et la résidence des princes-juges du Logiidow y elle était encore florissante en 1166 , quand elle fut prise et saccagée par les Génois. De ce moment commença sans discontinuer sa décadence , qui n’a cessé qu’à son entière destruction. Sa population dispersée rentra dans l’intérieur des terres , et un grand nombre de familles se bâtirent des maisons près du petit village de Sassari ou TalarL Les archevêques et les juges ne cessèrent pourtant pas de l’habiter , et un de ces derniers fit même élever en i2iola magnifique église de iSaiht Gavino , qui servit de cathédrale jusqu’à la fin de l’année x44t où , la ville de Torrès étant presqu’eutièrement dépeuplée , on transporta le siège archiépiscopal et le chapitre à Sassari , qui s’agrandissait tous les jours.
Le misérable village de Porto Torrès y qui a remplacé la colonie romaine et la capitale des juges du Logudoro , est devenu , par la dépopulation du pays , l’abandon de la culture et la stagnation des eaux , un des lieux les plus insalubres de la Sardaigne. On n’y voit plus que quelques restes de splendeur antique , et les ruines d’un vaste aqueduc.